Note personnelle : ,

Fall, Leo — Die geschiedene Frau (1908)

Format :

  • Opérette (Operette) en trois actes.
  • Musique : Leo Fall.
  • Livret : Victor Léon, d’après la comédie de Victorien Sardou Divorçons ! (1880).
  • Langue : allemand.

Création :

23 décembre 1908, au Carltheater (Vienne), sous la direction du compositeur, avec Hubert Marischka (Karel), Mizzi Zwerenz (Jana), Annie Dirkens (Gonda van der Loo), Richard Waldemar (Lucas van Deesteldonck), Josef König (Scroop) et Carl Blasel (Pieter te Bakkenskijl).
Leo Fall a trente-cinq ans. Un an après les triomphes de Der fidele Bauer et de Die Dollarprinzessin, il est devenu l’un des maîtres de l’opérette viennoise, rival de Lehár : sa musique, très mélodique, aux valses élégantes et à l’orchestration fine, trouve ici un ton plus léger, celui de la comédie de mœurs « à la française », avec chansons de salon et ensembles rapides.

Livret :

Victor Léon, librettiste de La Veuve joyeuse et de Der fidele Bauer, transpose en opérette Divorçons !, la comédie de Sardou créée au Palais-Royal en 1880, où la jeune Cyprienne veut divorcer de son mari avant de comprendre qu’elle l’aime encore. L’action est déplacée dans une Amsterdam réputée libérale – ce qui permettait peut-être de faire passer auprès du public viennois des allusions à l’amour libre – et les noms sont néerlandais (Jana, Karel, Gonda). Les personnages de la pièce originale se retrouvent dans un quiproquo de wagon-lit, de tribunal et de fête mondaine, où les notions de « morale » et de « liberté » se retournent comme des gants.

Intrigue :

  • Acte I (un tribunal d’Amsterdam) : Jana, jalouse, demande le divorce d’avec son mari Karel, qui, faute de place, avait cédé son compartiment de wagon-lit à la jeune Gonda van der Loo. Karel clame son innocence, mais on découvre que Gonda est partisane de l’amour libre : le tribunal ne le croit plus et prononce le divorce. Blessé, Karel se met à courtiser Gonda pour provoquer Jana, qu’il aime toujours.
  • Acte II (le jardin d’hiver de la villa de Karel) : Karel donne une fête en l’honneur de Gonda ; Jana s’y rend, car son père, Pieter te Bakkenskijl, ignore tout du divorce. Le président du tribunal, Lucas van Deesteldonck, qui a prononcé la séparation, courtise lui aussi Gonda, qui ne veut aimer qu’un homme qui lui semble inaccessible. Il imagine alors un mariage de façade avec Jana afin de libérer Gonda et de rendre à Karel son épouse. Le contrôleur du wagon-lit, Scroop, révèle la supercherie, et le père de Jana, qui a eu dans le même wagon-lit une aventure bien moins innocente, se trouve à son tour dans l’embarras.
  • Acte III : Jana et Karel se réconcilient, et Gonda accepte d’épouser le président.

Enregistrement(s)

Leo Fall – Die geschiedene Frau – Max Schönherr

Max Schönherr — 1959

Format : CD (2 disques ; réédition d’un enregistrement radiophonique)
Label : non précisé dans les sources consultées
Référence : non précisée
Année d’enregistrement : août 1959, Vienne (avec le chœur et l’orchestre de la radio viennoise)
Distribution :

  • Gerda Scheyrer
  • Fred Liewehr
  • Wilhelm Schmidt
  • Dorothea Siebert
  • Kurt Preger
  • Josef Menschik
  • Lotte Ledl

(Les rôles de l’ouvrage sont Jana, Karel, Gonda van der Loo, Martje, Lucas van Deesteldonck, Scroop, Willem et Pieter te Bakkenskijl ; la répartition rôle par rôle n’est pas précisée dans les sources consultées.)
Direction : Max Schönherr
Orchestre : Großes Wiener Rundfunkorchester ; chœur de la radio viennoise
Langue : allemand

Particularité :
Version intégrale en trois actes, enregistrée à Vienne dans le cadre des productions de la radio autrichienne, sous la direction de Max Schönherr, chef viennois très associé au répertoire de l’opérette et de la musique légère. La distribution rassemble des interprètes de la scène et de la radio viennoises de l’époque, dans la tradition des grandes retransmissions d’opérette des années 1950, avec dialogues parlés et ensembles enlevés. Le disque (réédition numérique en 2015) offre un témoignage précieux sur un ouvrage rarement donné à la scène depuis. Certains catalogues datent l’enregistrement de 1955 plutôt que de 1959.

Postérité :

Grand succès viennois – 227 représentations consécutives, la 250e étant fêtée le 11 décembre 1909 –, Die geschiedene Frau triompha à Berlin un an plus tard, puis dans le monde entier : Milan (La divorziata, août 1909), Londres (The Girl in the Train, adaptation d’Adrian Ross, produite par George Edwardes au Vaudeville Theatre le 4 juin 1910, 340 représentations), New York (The Divorcée, texte de Harry B. Smith, Globe Theatre, 3 octobre 1910), Paris (La divorcée, février 1911), Madrid (décembre 1911). L’ouvrage a également inspiré deux films, l’un muet de Victor Janson (1926), l’autre de Georg Jacoby avec Marika Rökk et Johannes Heesters (1953). Moins souvent représentée aujourd’hui que Die Dollarprinzessin, l’opérette est toutefois reprise de temps à autre, notamment à Baden près de Vienne.

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