Note personnelle : ,

Agnelli, Salvatore — Cromwell (vers 1850)

Format :

  • Grand Opéra / Dramma lirico en 4 actes.
  • Musique : Salvatore Agnelli.
  • Livret : D’après l’esthétique romantique française (potentiellement influencé par la pièce de Victor Hugo).
  • Langue : Français (ou Italien, selon la destination marseillaise ou napolitaine).

Création :

Années 1850, fort probablement au Grand-Théâtre de Marseille.
Né à Palerme et formé au conservatoire de Naples auprès de Zingarelli, Salvatore Agnelli passa l’essentiel de sa carrière en France, particulièrement à Marseille. Son style accomplit une synthèse habile entre le lyrisme bellinien de ses origines et l’orchestration massive exigée par le Grand Opéra français, friand de cuivres et de chœurs monumentaux.

Livret :

Le sujet s’inscrit dans la fascination du romantisme pour la révolution anglaise et ses personnages shakespeariens. L’intrigue oppose le puritanisme inflexible d’Oliver Cromwell à la frivolité héroïque des Cavaliers royalistes, sur fond d’exécutions d’État et de complots.

Intrigue :

  • Acte I : L’Angleterre est déchirée. Cromwell, figure sombre et impérieuse, s’empare du pouvoir. Des conspirateurs royalistes (les Cavaliers) complotent pour sauver le roi Charles Ier ou préparer la Restauration. Une intrigue amoureuse lie souvent un jeune puritain rebelle ou une fille de Cromwell à un noble proscrit.
  • Acte II : Les tensions éclatent au grand jour. L’acte offre le cadre d’un grand affrontement choral entre soldats puritains (psaumes sévères) et partisans du roi (chansons à boire et défis).
  • Acte III : Le drame intime atteint son paroxysme. L’amant royaliste est capturé. Une confrontation tendue oppose Cromwell, pris de vertiges face à son propre pouvoir dictatorial (un grand air de baryton dramatique), et les supplications féminines.
  • Acte IV : Refusant toute clémence par raison d’État (ou trahi par ses propres doutes), Cromwell ordonne l’exécution. Le drame s’achève sur une marche funèbre imposante, laissant le dictateur isolé dans sa gloire sanglante.

Postérité :

L’œuvre témoigne de la décentralisation réussie de la vie lyrique française au XIXe siècle, où de grands ports comme Marseille possédaient leurs propres maîtres à demeure. Cromwell, taillé pour les goûts du drame romantique bourgeois, a disparu des répertoires face à des figures plus écrasantes, mais documente l’assimilation du modèle de Meyerbeer par un compositeur italien exilé.

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