Note personnelle : ,

Adolfati, Andrea — Arianna (1750)

Format :

  • Dramma per musica (Opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Andrea Adolfati.
  • Livret : Pietro Pariati.
  • Langue : Italien.

Création :

Carnaval 1750, au Teatro Sant’Agostino, à Gênes.
C’est avec cette œuvre qu’Andrea Adolfati entre véritablement dans l’histoire de la musicologie. Le compositeur, alors au sommet de sa maturité artistique, n’hésite pas à s’affranchir des conventions rythmiques strictes du bel canto pour expérimenter de nouvelles formes expressives, traduisant musicalement les troubles psychologiques de ses personnages.

Livret :

Le livret du poète Pietro Pariati (précédemment mis en musique par Benedetto Marcello) s’éloigne des intrigues historiques de Métastase pour renouer avec la tragédie mythologique pure. Il relate l’abandon déchirant d’Ariane sur l’île de Naxos par le héros Thésée, et sa rédemption divine par l’arrivée de Bacchus.

Intrigue :

  • Acte I : Fuyant la Crète après avoir vaincu le Minotaure, Thésée et Ariane trouvent refuge sur l’île de Naxos. Bien qu’Ariane lui ait sauvé la vie, Thésée commence à ressentir le poids de cette dette et subit l’influence divine qui le pousse à l’abandonner.
  • Acte II : La trahison se prépare. Pendant le sommeil d’Ariane, Thésée reprend la mer. Au réveil, Ariane découvre l’île déserte. C’est la scène du grand désespoir et de la folie (le fameux lamento), moment d’intense expressivité vocale et orchestrale.
  • Acte III : Alors qu’Ariane souhaite la mort, le dieu Bacchus (Dionysos) descend sur l’île avec son cortège joyeux. Séduit par la beauté tragique de la mortelle, il l’épouse et l’élève au rang de constellation dans un finale éclatant et glorieux.

Postérité :

Arianna occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de la musique grâce à une audace inouïe : Adolfati y compose une aria (souvent citée par les musicologues ultérieurs) chiffrée en 5/4 (cinq temps par mesure), une mesure asymétrique rarissime à l’époque classique, utilisée pour peindre le désarroi total et la démarche chancelante du désespoir. Cette curiosité rythmique fait d’Adolfati un précurseur insoupçonné des métriques asymétriques russes du siècle suivant.

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