Format :
- Opéra en trois actes et en trois langues (Orpheus, oder die wunderbare Beständigkeit der Liebe).
- Musique : Georg Philipp Telemann.
- Livret : anonyme, d’après l’Orpheus de Friedrich Christian Bressand (musique de Reinhard Keiser, 1702) selon le livret du coffret Gaigg ; Wikipedia et Harmonia Mundi citent l’Orphée de Michel du Boulay et Louis Lully (1690).
- Langue : allemand, avec des airs en italien et en français.
Création :
9 mars 1726, Oper am Gänsemarkt, Hambourg, en version de concert.
Pendant le Carême, l’ouvrage fut donné « dans un concert organisé par Madame Kayserin » (Margaretha Susanna Kayser), sans que le programme ne nomme ni le compositeur ni le librettiste. La première production scénique eut lieu en 1736 sous le titre Die Rachbegierige Liebe, oder Orasia, Verwittwete Königin in Thracien ; le livret ne nommait pas davantage les auteurs.
Livret :
Telemann préparait une nouvelle version de l’Orpheus de Bressand et Keiser (1702), après ses succès hambourgeois Der neumodische Liebhaber Damon (1724) et l’intermezzo Pimpinone (1725). Le librettiste n’a repris que ponctuellement le texte de Bressand et a enrichi l’action allemande d’airs et de chœurs en français et en italien. Johann Mattheson, devenu sourd, qualifia la production de 1736 de « misérable mélange » d’un compositeur inconnu. Le rôle d’Orasia est le plus complexe : air français pour le désespoir intérieur, aria italienne pour la vengeance, air allemand pour l’amour. Orphée n’est écrit ni pour castrat ni pour ténor aigu : ses airs sont surtout en allemand, l’italien servant quand il dissimule ses sentiments ; le français est réservé aux nymphes et aux bacchantes.
Intrigue :
- Acte I : Orasia, reine de Thrace, avoue à sa dame d’honneur Ismène son amour pour Orphée et ordonne de faire tuer Eurydice, l’épouse d’Orphée. Orphée retrouve son ami Eurimedes, Eurydice et des nymphes ; Orasia lui rappelle son devoir de la servir à la cour. Eurydice meurt d’une morsure de serpent. Eurimedes déclare sa flamme à la nymphe Céphise, qui préfère sa liberté, et conseille à Orphée de descendre aux Enfers chercher son épouse.
- Acte II : Séquence onirique plus que représentation réaliste des Enfers. Pluton appelle aux armes contre l’intrus, mais la musique d’Orphée apaise les âmes tourmentées et il rend Eurydice. Ascalax avertit Orphée de ne pas se retourner ; Orphée jette le regard fatal, et les portes des Enfers se referment.
- Acte III : Orasia attend le retour d’Orphée avec désir et angoisse. Orphée la rejette et l’accuse du meurtre d’Eurydice ; furieuse, elle le fait tuer par une prêtresse de Bacchus. Orphée, accusé de blasphème, est assassiné et ses membres dispersés. Orasia, saisie d’effroi, a la vision des deux amants réunis aux Enfers et veut mourir ; le peuple de Thrace l’en empêche, et la clémence de ses sujets lui permet de recommencer.
Enregistrement(s) :

Jacobs — 1996
Format : 2 CD
Label : Harmonia Mundi (coproduction WDR)
Référence : HMC 90 1618/19
Année d’enregistrement : 1996 (la fiche de l’éditeur indique « février 1998 », probablement la date de publication ; le lieu n’est pas précisé)
Distribution :
- Orpheus : Roman Trekel, baryton
- Orasia : Dorothea Röschmann, soprano
- Eurydice : Ruth Ziesak, soprano
- Eurimedes : Werner Güra, ténor
- Ismene : María Cristina Kiehr, soprano
- Cephisa, une prêtresse : Isabelle Poulenard, soprano
- Pluto : Hanno Müller-Brachmann, basse-baryton
- Ascalax : Axel Köhler, contre-ténor
Direction : René Jacobs
Orchestre : Akademie für Alte Musik Berlin ; RIAS Kammerchor
Langue : allemand, italien et français
Particularité :
Nicholas Anderson (Gramophone, mars 1998) y voit « une parution importante et fort agréable », salue l’Orasia « passionnée et tempétueuse » de Röschmann, l’Orphée de Trekel, Güra et Müller-Brachmann, et la virtuosité de Poulenard en Céphise ; l’Ascalax de Köhler lui paraît fluide mais peut-être « un peu sage ». Durée : environ 2 h 39.

Gaigg — 2014
Format : CD (durée totale 2 h 01)
Label : Deutsche Harmonia Mundi (Sony Music)
Référence : non relevée (℗ 2011 et © 2014 Sony Music Entertainment)
Année d’enregistrement : 8-12 août 2010, Stift Waldhausen, Strudengau (Autriche), dans le cadre des Donaufestwochen im Strudengau 2010
Distribution :
- Orpheus : Markus Volpert, baryton
- Orasia, reine de Thrace : Dorothee Mields, soprano
- Eurydice : Ulrike Hofbauer, soprano
- Eurimedes : Christian Zenker, ténor
- Pluton : Reinhard Mayr, basse
- Cephisa, nymphe et prêtresse : Marelize Gerber, soprano
- Ascalax, serviteur de Pluton / seconde nymphe : Julie Comparini, alto
- Ismene : Barbara Kraus, soprano
Direction : Michi Gaigg
Orchestre : L’Orfeo Barockorchester
Langue : allemand, italien et français
Particularité :
L’enregistrement repose sur l’édition scénique de Peter Huth (ortus musikverlag, 2010), complétée et révisée par Michi Gaigg et Christian Moritz-Bauer. Le coffret est illustré d’un tableau de Frederic Leighton (Orfeo ed Euridice).
Postérité :
Le livret du coffret Gaigg rappelle que Telemann a écrit une vingtaine d’œuvres complètes pour Hambourg entre 1721 et 1736, surtout comiques, et qu’Orpheus en est une tragédie. L’œuvre a fait l’objet de deux enregistrements intégraux relevés ici : Jacobs et Gaigg.
Sources :
Livret du coffret Deutsche Harmonia Mundi (Gaigg) · Harmonia Mundi — Jacobs · Gramophone — Telemann, Orpheus · Wikipedia — Orpheus (Telemann)






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