Format :
- Dramma lirico (tragédie rurale d’inspiration vériste) en trois actes.
- Musique : Antonio Smareglia (1854 – 1929).
- Livret : Luigi Illica, d’après un fait divers survenu à Dignano (Vodnjan), près de Pola, en Istrie.
- Langue : italien.
Création :
28 mars 1895, au Teatro Comunale de Trieste (futur Teatro Verdi), avec Gemma Bellincioni (Marussa), Roberto Stagno (Lorenzo), Ruggero Galli (Menico), Rodolfo Angelini (Biagio), Tito Scipione Terzi (Nicola) et Elisa Marconini (Luze), sous la direction de Gianni Pomè.
Smareglia, natif de Pola, a quarante ans. Le sujet, la présence du couple Bellincioni-Stagno (créateurs de Cavalleria rusticana) et le milieu paysan ont conduit certains critiques à rattacher l’œuvre à la « Giovane scuola » de Mascagni et Leoncavallo ; le traitement de Smareglia est pourtant plus retenu, avec un sens de la mesure et des couleurs élégantes, et des mélodies qui évitent le vérisme le plus évident.
Livret :
Luigi Illica, futur librettiste de Puccini, s’inspire d’un drame réel de jalousie et d’amour survenu dans l’Istrie rurale de Dignano. Il y mêle une peinture vivante de la vie villageoise à une intrigue d’une grande simplicité.
Intrigue :
- Trois actes : les sources consultées ne détaillent pas la division acte par acte ; le déroulement en est le suivant. À Dignano, Marussa et Lorenzo s’aiment, mais Menico, le père avare de la jeune fille, se laisse convaincre par le violoneux Biagio de la marier au riche Nicola, qui renonce à la dot. Marussa, abusée, croit Lorenzo infidèle et accepte ce mariage. En s’entretenant avec Luze, elle comprend qu’ils ont été victimes d’une intrigue et la complicité des deux amants est rétablie. Dans la chambre de Marussa, peu avant les noces, la jeune fille supplie Nicola de la délier ; il refuse. Lorenzo, caché, surgit et se jette sur Nicola avec un couteau, mais celui-ci, plus rapide, le tue. Les invités accourent aux cris de Marussa et l’opéra s’achève dans la tragédie.
Enregistrement(s)

Tiziano Severini — 1999
Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2265/66-2
Année d’enregistrement : décembre 1999, enregistrement en direct au Teatro Verdi de Trieste ; parution en 2001
Distribution :
- Marussa (soprano) : Svetla Vassileva
- Lorenzo (ténor) : Ian Storey
- Nicola (baryton) : Alberto Mastromarino
- Biagio (basse) : Giorgio Surjan
- Menico (basse) : Enzo Capuano
- Luze (mezzo-soprano) : Katja Lytting
Direction : Tiziano Severini
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro Verdi di Trieste
Langue : italien
Particularité :
Captation en direct du Teatro Verdi de Trieste, théâtre de la création, et seconde gravure de l’œuvre après la prise de 1973 dirigée par Manno Wolf-Ferrari (également Bongiovanni). La durée totale est d’environ 1 h 41 (acte I : 38’50, acte II : 32’41, acte III : 30’14). Le ténor britannique Ian Storey y fait entendre Lorenzo, et Svetla Vassileva, Marussa.

Simon Krečič — 2025
Format : CD (2 disques)
Label : cpo
Référence : 555 686-2
Année d’enregistrement : © 2024 ; parution le 4 avril 2025 (date et lieu précis de la prise de son non précisés dans les sources consultées)
Distribution :
- Marussa (soprano) : Anamarija Knego
- Lorenzo (ténor) : Jorge Puerta
- Nicola (baryton) : Jure Počkaj
- Biagio (basse) : Filippo Polinelli
- Bara Menico (basse) : Giorgio Surian
- Luze (mezzo-soprano) : Stefany Findrik
Direction : Simon Krečič
Orchestre : Rijeka Opera Symphony Orchestra, Rijeka Opera Chorus
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement lié à la production du Théâtre national croate Ivan pl. Zajc de Rijeka, coproduite avec le Théâtre national d’Istrie de Pula (mai 2024), qui réunit les mêmes protagonistes (Knego, Surian, Polinelli, Počkaj, Findrik) sous la baguette de Krečič ; seul le Lorenzo diffère à la scène (Bože Jurić Pešić) et au disque (Jorge Puerta). Le texte d’accompagnement de cpo souligne ses riches mélodies, qui évitent l’évidence vériste. Durée : environ 1 h 44 en 23 plages, en haute définition (24 bits / 96 kHz) pour la version numérique. Les sources divergent légèrement sur les tessitures de Biagio et de Menico (basse ou baryton) : ce sont les tessitures des rôles qui sont indiquées ici.
Postérité :
Seul opéra de Smareglia à avoir pris place au répertoire international, Nozze istriane est encore assez souvent représenté aujourd’hui et fut admiré, selon la Fenice, par Puccini et par Lehár. Le Teatro La Fenice en prépare la première vénitienne au Teatro Malibran du 18 au 27 juin 2027, sous la direction de Francesco Cilluffo. Après cette œuvre, Smareglia s’oriente vers le « théâtre de poésie » avec son librettiste Silvio Benco (La falena, 1897 ; Oceàna, 1903 ; Abisso, 1914).
Sources : Wikipédia anglaise, Nozze istriane ; Wikipédia italienne, Nozze istriane ; Presto Music (Bongiovanni GB2265/66) ; Bongiovanni (fiche du disque) ; Presto Music (cpo 555686-2) ; Qobuz (cpo) ; Europadisc (cpo) ; Novi list, compte rendu de la production de Rijeka (mai 2024) ; Teatro La Fenice, communiqué.






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