Format :
- Leggenda (« légende dramatique ») en trois actes.
- Musique : Antonio Smareglia (1854 – 1929).
- Livret : Silvio Benco, alors âgé d’environ vingt-deux ans ; premier livret qu’il écrit pour Smareglia, point de départ de leur collaboration.
- Langue : italien.
Création :
6 septembre 1897, au Teatro Rossini de Venise, sous la direction de Gialdino Gialdini, avec Emma Carelli (Albina), Alfonso Garulli (Stellio), Vittorio Brombara (Uberto) et Alice Cucini (la Falena).
Smareglia, né à Pola en 1854, a quarante-trois ans. Auteur des Nozze istriane (1895), d’un lyrisme encore réaliste, il aborde avec La falena la dernière période de sa carrière, tournée vers un « théâtre de poésie » : écriture symphonique continue, leitmotive d’influence wagnérienne, harmonies chromatiques. La création fut un véritable succès, le public étant curieux de découvrir son nouveau librettiste.
Livret :
Silvio Benco (1874-1949), journaliste triestin, y exprime une sensibilité symboliste et décadente : forces de la nature, légendes, nuit et rêve. Les sources consultées ne désignent aucune œuvre littéraire précise ; l’héroïne, femme fatale insaisissable, a été rapprochée de l’imaginaire préraphaélite (La Belle Dame sans merci de Waterhouse, The Beguiling of Merlin de Burne-Jones). Benco voulait pour cette histoire une musique « agitée et bizarre ».
Intrigue :
- Acte I : Aux abords du palais du roi Stellio, au soir. Albina, admirée des villageois, obtient du roi, qui revient de la chasse avec un voleur capturé, la grâce du prisonnier. Restés seuls, Stellio et Albina s’avouent leur amour. Surgit alors une femme mystérieuse, la Falena, qui hypnotise le roi puis disparaît ; le vieux Uberto et les villageois emportent Stellio endormi vers le palais.
- Acte II : En pleine nuit, dans la masure de la Falena au cœur de la forêt. Elle attire Stellio, qui s’abandonne malgré de brefs instants de lucidité (vaste duo, d’une intensité hallucinée). Uberto vient supplier qu’on lui rende le roi ; à l’instigation de la Falena, Stellio le tue. Horrifié, il veut fuir, et tous deux s’enfoncent dans la nuit.
- Acte III : Sur une plage, près du navire du vieux marin Morio, de l’aube au plein jour. Morio conte des histoires de pays lointains. Stellio et la Falena reviennent et lui demandent d’appareiller ; il reconnaît en elle une créature infernale, qui s’évanouit dans la forêt au lever du soleil. Les villageois arrivent : Stellio avoue son crime et demande la mort. Albina lui pardonne, puis meurt de chagrin.
Enregistrement(s)

Marco Fracassi — 2017
Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2494/95
Année d’enregistrement : 13 novembre 2017, Sala Verdi du Conservatoire de Milan (version de concert) ; parution en juin 2018
Distribution :
- La Falena (mezzo-soprano) : Denia Mazzola Gavazzeni
- Re Stellio (ténor) : Giuseppe Veneziano
- Uberto (baryton) : Armando Likaj
- Albina (soprano) : Giovanna Barbetti
- Morio (basse) : Fulvio Ottelli
- Il ladro / Una voce : Rosario Di Mauro
Direction : Marco Fracassi
Orchestre : Orchestra Filarmonica Italiana, Coro La Camerata di Cremona
Langue : italien
Particularité :
Seconde gravure connue de l’œuvre après la captation de 1976, captée à l’occasion d’une exécution en concert au Conservatoire de Milan (2 h 10 environ, 27 plages réparties sur les trois actes). Le compte rendu du Trillo Parlante salue l’engagement dramatique de Denia Mazzola Gavazzeni, seule à « jouer » son personnage malgré la forme concertante, quoique certains aigus soient délicats ; Giuseppe Veneziano est jugé solide et sonore, Giovanna Barbetti juste et bien accentuée, Armando Likaj doté d’une voix large. Les chœurs masculins sont jugés très faibles, mais l’orchestre, bien préparé par Fracassi, donne du poids aux pages symphoniques, avec des vents riches et des cloches évocatrices au troisième acte. Les sources divergent sur les tessitures de certains interprètes (Denia Mazzola Gavazzeni est qualifiée de soprano, Fulvio Ottelli et Rosario Di Mauro de barytons ou de basse/ténor selon les sites) : ce sont les tessitures des rôles qui sont indiquées ici.
Postérité :
Après La falena, Smareglia poursuit avec Benco dans la voie du « théâtre de poésie » (Oceàna, 1903 ; Abisso, 1914), alors qu’il devient aveugle vers l’âge de quarante-six ans et dicte désormais sa musique à ses fils et à ses élèves. Les critiques de l’époque louèrent l’œuvre pour sa « génialité » et son élégance d’écriture. Longtemps oubliée, elle reste rare au répertoire : une captation en direct de 1976 au Teatro Verdi de Trieste, dirigée par Gianandrea Gavazzeni avec Leyla Gencer dans le rôle-titre (Bongiovanni), puis cet enregistrement de 2017 en assurent la survie discographique.
Sources : Presto Music (fiche Bongiovanni GB2494-95) ; Il Trillo Parlante, compte rendu du concert du 13 novembre 2017 ; Wikipédia italienne, La falena ; Wikipédia anglaise, La falena ; Wikipédia anglaise, Antonio Smareglia ; Université de Pula, « Teatro di poesia » ; livret (1897), Internet Archive.






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