Format :
- Farsa per musica en 1 acte.
- Musique : Gioachino Rossini.
- Livret : Giuseppe Maria Foppa, d’après un sujet déjà traité dans l’opéra homonyme de Paisiello (Naples, 1798).
- Langue : Italien.
Création :
8 janvier 1812, au Teatro San Moisè de Venise.
Rossini a dix-neuf ans. Il vient de remporter ses premiers succès à Venise avec La cambiale di matrimonio (1810) et d’écrire L’equivoco stravagante à Bologne : l’impresario Cera lui commande alors un nouveau cycle de farse pour le petit théâtre San Moisè, où l’on joue avec un effectif réduit (une trentaine de musiciens, cinq chanteurs). L’inganno felice est son premier véritable triomphe et lance sa carrière, l’ouvrage faisant le tour de l’Italie puis de l’Europe. Le jeune compositeur y mêle déjà l’héritage de Cimarosa et de Paisiello, la verve de l’opéra-bouffe et un sens aigu du pathétique, annonçant le grand Rossini.
Livret :
Giuseppe Maria Foppa (1760-1845), librettiste vénitien de Cimarosa et de nombreux compositeurs, signe un texte à la frontière de la farce et du mélodrame sentimental : l’argument, hérité de l’opéra-comique « à sauvetage » de la Révolution, met en scène une duchesse injustement calomniée, un duc crédule et un mineur au grand cœur. L’équilibre entre larmes et rires fait de ce « farsa » une œuvre étonnamment romantique, que Richard Osborne qualifie de mélodrame avec éléments bouffes.
Intrigue :
- Acte unique : Aux abords d’une mine, Isabella, épouse du duc Bertrando, vit sous le nom de Nisa et sous la protection du mineur Tarabotto, qui l’a recueillie après avoir été jetée à la mer. Ormondo, son prétendant éconduit, l’avait calomniée auprès du duc, et son homme de main Batone avait reçu l’ordre de la faire disparaître. Dix ans plus tard, Bertrando, qui croit encore aux rumeurs mais n’a jamais cessé de l’aimer, visite la mine accompagné d’Ormondo et de Batone. Isabella se fait reconnaître de Tarabotto, qui promet de l’aider ; Batone la reconnaît et complote avec Ormondo pour l’enlever, mais Tarabotto surprend leur plan. Isabella prouve son identité en revêtant ses habits de duchesse et en montrant un portrait du duc. Les traîtres sont démasqués, Bertrando implore son pardon, et les deux époux sont réunis.
Enregistrement(s)

Marc Minkowski — 1996
Format : CD
Label : Erato (Warner Classics)
Référence : 0630-17579-2
Année d’enregistrement : 12-17 juin 1996, Théâtre de Poissy (live) ; publié en 1997
Distribution :
- Isabella : Annick Massis, soprano
- Duca Bertrando : Raúl Giménez, ténor
- Batone : Rodney Gilfry, baryton
- Tarabotto : Pietro Spagnoli, basse
- Ormondo : Lorenzo Regazzo, baryton
Direction : Marc Minkowski
Orchestre : Le Concert des Tuileries
Édition : Edizioni Musicali Otos, Florence — coproduction Erato / Théâtre de Poissy
Langue : Italien
Particularité :
Lecture sur instruments d’époque d’une grande finesse : Minkowski mène l’orchestre avec élégance et précision, soutenant une distribution très homogène où brillent Annick Massis, Isabella virtuose et sensible, et Raúl Giménez, Bertrando d’une grâce exceptionnelle. Les trois voix graves, proches de timbre, s’accordent au style. Référence discographique, sur un seul disque (78’08), qui élude toutefois un court récitatif.

Giancarlo Andretta — 1998
Format : CD (live)
Label : Mondo Musica
Référence : MFON 20142
Année d’enregistrement : 24 octobre 1998, Padoue (live) — production du Rossini Opera Festival
Distribution :
- Bertrando : Luigi Petroni, ténor
- Isabella : Carmela Remigio, soprano
- Batone : Lorenzo Regazzo, basse
- Ormondo : Paolo Rumetz, baryton
- Tarabotto : Roberto Scaltriti, basse
Direction : Giancarlo Andretta
Orchestre : Orchestre du Teatro La Fenice de Venise
Édition : Edizioni Musicali Otos, Florence
Langue : Italien
Particularité :
Captation en direct d’un spectacle du festival Rossini de Pesaro repris à Padoue, avec l’orchestre de La Fenice, dans une lecture théâtrale et sans apprêt. Carmela Remigio, Isabella sensible, et Lorenzo Regazzo, Batone au timbre sombre, côtoient des chanteurs de l’école italienne. Un témoignage vivant de la renaissance rossinienne de la fin du XXe siècle, au son remasterisé (20 bits).

Antonino Fogliani — 2015
Format : DVD (94 min)
Label : Dynamic
Référence : 37760
Année d’enregistrement : 23 et 25 juillet 2015, Königliches Kurtheater, Bad Wildbad (Rossini in Wildbad, live)
Distribution :
- Bertrando : Artavazd Sargsyan, ténor
- Isabella : Silvia Dalla Benetta, soprano
- Ormondo : Baurzhan Anderzhanov, basse
- Batone : Tiziano Bracci, basse
- Tarabotto : Lorenzo Regazzo, basse
- Un soldat / flûte solo : Tommaso Dionis
Direction : Antonino Fogliani
Orchestre : Virtuosi Brunenses
Mise en scène : Jochen Schönleber — décors : Robert Schrag — lumières : Nicole Berry — costumes : Claudia Möbius — réalisation : Philippe Ohl
Langue : Italien (sous-titres : italien, anglais, français, allemand)
Particularité :
Captation du festival Rossini in Wildbad, dans une mise en scène moderne qui transpose l’action dans un cadre contemporain de guerre et de militaires. Fogliani, spécialiste du festival, dirige avec fraîcheur, et Lorenzo Regazzo, Tarabotto d’expérience, mène une distribution jeune et engagée. Format 16/9, son PCM 2.0 : la seule version vidéo de l’ouvrage.

Alessandro De Marchi — 2023
Format : CD (2 disques)
Label : cpo
Référence : 555 222-2
Année d’enregistrement : 2023, Auditorium di Santa Scolastica, Rieti (Reate Festival) ; publié en 2025
Distribution :
- Bertrando : Antonio Garés, ténor
- Isabella : Miriam Albano, soprano
- Ormondo : Giuseppe Toia, basse
- Batone : Luigi De Donato, basse
- Tarabotto : Matteo Loi, basse
Direction : Alessandro De Marchi
Orchestre : Theresia (basse continue : Diego Procoli, fortepiano ; Futo Yamane, violoncelle ; Margherita Naldini, contrebasse)
Édition : transcription des sources et édition de Luca Incerti
Langue : Italien
Particularité :
Version sur instruments d’époque donnée au Reate Festival de Rieti, fondée sur une nouvelle édition d’après les sources, avec basse continue au fortepiano. De Marchi dirige avec équilibre et soin des chanteurs ; Miriam Albano, Isabella engagée dans le drame, domine sans l’éclipser. Une version estimable, plus utile pour le répertoire que pour la distribution, face à la référence de Minkowski.
Postérité :
Triomphe de son jeune auteur à Venise, L’inganno felice fut donné dans toute l’Italie, puis à Paris et à Londres, et valut à Rossini trois commandes supplémentaires du San Moisè. L’ouvrage, aujourd’hui rarement joué, reste pourtant un jalon essentiel pour qui s’intéresse aux débuts du compositeur : les ensembles, l’air de bravoure d’Isabella, et le finale, annoncent déjà Il signor Bruschino et La Cenerentola. Redécouvert dans la renaissance rossinienne de la fin du XXe siècle, il a retrouvé les scènes de Pesaro, de Wildbad et de Rieti, ainsi que le disque.






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