Format :
- Opéra en quatre actes (Noch pered Rozhdestvom, « La Nuit de Noël », en italien La notte di Natale).
- Musique : Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), composée en 1894-1895.
- Livret : le compositeur, d’après la nouvelle La Nuit de Noël de Nikolaï Gogol, tirée des Veillées du hameau près de Dikanka (1832).
- Langue : russe.
Création :
10 décembre 1895, Théâtre Mariinsky, Saint-Pétersbourg.
La création est dirigée par Eduard Nápravník, avec notamment Ivan Ierchov (Vakoula), Evguenia Mravina (Oksana), Maria Kamenskaïa (Solokha), Mikhaïl Koriakine (Tchoub) et Maria-Vilhelmina Piltz (la Tsarine). La famille impériale s’offusque de voir la Tsarine confiée à une mezzo-soprano, rôle interdit sur scène depuis 1837 ; Rimski-Korsakov refuse pourtant de le supprimer, car la Tsarine est essentielle chez Gogol, et l’ouvrage, privé de soutien aristocratique, est en pratique mis de côté. Cinquième opéra du compositeur, écrit juste après la révision de La Demoiselle des neiges, il fut composé, dit-on, après la mort de Tchaïkovski, par respect pour son aîné qui avait déjà traité le même sujet.
Livret :
Le récit de Gogol avait déjà inspiré plusieurs opéras, dont celui de Mykola Lyssenko (La Nuit de Noël, 1872) et Vakoula le forgeron de Tchaïkovski (1874), remanié en Cherevichki (1885). Rimski-Korsakov s’intéresse surtout à la recréation de l’atmosphère du conte populaire, dans un esprit que le musicologue Oliver Knussen compare à celui d’Hansel et Gretel de Humperdinck.
Intrigue :
- Quatre actes : À Dikanka, la nuit de Noël, la veuve Solokha aide le Diable à voler la lune ; furieux contre le forgeron Vakoula, qui l’a caricaturé sur une icône, le Diable déclenche une tempête de neige pour l’empêcher de rejoindre Oksana. Chez Tchoub, Oksana, capricieuse, se moque de Vakoula et exige les souliers de la Tsarine pour prix de sa main ; Vakoula, croyant reconnaître un rival dans son propre père qui rentre, l’agresse, puis Oksana le renvoie. Chez Solokha, le Diable est surpris par le maire, le sacristain et Tchoub, qui se cachent chacun dans un sac ; Vakoula les emporte jusqu’à sa forge, dit adieu aux villageois et laisse les sacs d’où sortent les quatre hommes. Le sorcier Patsiouk conseille au forgeron de s’adresser au Diable ; Vakoula le maîtrise et le force à le conduire dans les airs à Saint-Pétersbourg. À la cour impériale, la Tsarine lui accorde ses souliers, et le Diable le ramène chez lui. Le jour de Noël, Oksana regrette sa conduite ; Vakoula revient avec les souliers, demande sa main à Tchoub et les amoureux se réconcilient. Un épilogue montre Vakoula prêt à raconter son histoire à l’apiculteur Panko le Roux, figure de Gogol lui-même.
Enregistrement(s) :

Nikolaï Golovanov — 1947
Format : 2 CD (« Opera integrale »), durée environ 2 h 15, livret en italien seulement.
Label : Lyrica (collection Aura)
Référence : LYRICA 1096-2
Année d’enregistrement : 1947, enregistrement de la Radio de Moscou ; date précise non indiquée.
Distribution :
- Oksana : Natalia Chpiller, soprano
- Vakoula : Dmitri Tarkhov, ténor
- Solokha : Nina Koulaguina, contralto
- La Tsarine : Lioudmila Legostaïeva, mezzo-soprano
- Le Diable : Pavel Pontriaguine, ténor
- Le maire : Sergueï Migaï, baryton
- Tchoub : Sergueï Krasovski, basse
- Panas : Vsevolod Tioutiounnik, basse
- Patsiouk : Alexeï Korolev, basse
- Le sacristain : Sergueï Streltsov, ténor
Direction : Nikolaï Golovanov
Orchestre : Orchestre symphonique et Chœur de la Radio de Moscou
Langue : russe
Particularité :
Document historique issu de la radio soviétique, publié ici en édition italienne (La notte di Natale) sans notice, avec le seul livret en italien. Un critique y loue l’énergie de Golovanov, surtout dans les passages orchestraux et choraux, et plusieurs chanteurs, tout en jugeant le vibrato de Chpiller affaire de goût et le son écharpé, étriqué et sans profondeur, sans être toutefois oppressant. Un autre le réserve aux amateurs d’histoire de l’interprétation.
Postérité :
Les représentations de La Nuit de Noël demeurent très rares, même en Russie. L’œuvre n’a été donnée à Londres qu’en 1988 (English National Opera, sous la direction d’Albert Rosen). Après l’enregistrement de Golovanov, on en connaît une version studio de Mikhaïl Iourovski (Le Chant du Monde, 1990), puis la production d’Oper Frankfurt de 2022 (mise en scène de Christof Loy, direction de Sebastian Weigle), élue spectacle de l’année par la revue Opernwelt et publiée en Blu-ray chez Naxos.

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