Format :
- Opéra-comique en cinq actes.
- Musique : Henri Rabaud.
- Livret : Lucien Népoty, d’après la traduction de Joseph-Charles Mardrus du conte des Mille et Une Nuits « Histoire de Mârouf le savetier ».
- Langue : français.
Création :
15 mai 1914, à l’Opéra-Comique (Théâtre national de l’Opéra-Comique), à Paris, sous la direction de François Ruhlmann, avec Jean Périer (Mârouf), Marthe Davelli (la princesse Saamcheddine), Félix Vieuille (le Sultan), Jeanne Tiphaine (Fattoumah), Jean Delvoye (le Vizir) et Daniel Vigneau (Ali).
Rabaud, né en 1873 dans une famille de musiciens (son père était professeur de violoncelle au Conservatoire de Paris), a été l’élève de Massenet et a remporté le Prix de Rome en 1894 ; il a une quarantaine d’années lorsque le directeur de l’Opéra-Comique, Albert Carré, lui commande Mârouf, quelques semaines avant la Grande Guerre. Il y déploie un art de l’orchestration brillant et coloré, hérité de Massenet mais ouvert aux couleurs orientales de l’époque et à l’influence de Debussy, qui nourrit un opéra-comique tour à tour farcesque, sensuel et poétique. Rabaud succédera à Fauré à la direction du Conservatoire de Paris quelques années plus tard.
Livret :
Lucien Népoty adapte pour la scène le conte oriental de « Mârouf le savetier » des Mille et Une Nuits, dans la traduction française de Joseph-Charles Mardrus, très en vogue au début du XXe siècle. Le livret reprend l’histoire d’un pauvre savetier du Caire qui devient, par le jeu d’un mensonge providentiel, le gendre d’un sultan et le maître d’un trésor, et en fait une comédie d’une grande verve, mêlant humour, tendresse et féerie, avec des types comiques tels que la mégère Fattoumah, le Vizir intrigant, le Sultan crédule et le fidèle Ali.
Intrigue :
- Acte I : Au Caire, Mârouf, savetier, est malheureux en ménage avec Fattoumah, mégère qui l’accuse injustement ; maltraité par la justice du Kâdi, il s’enfuit et s’embarque sur un bateau.
- Acte II : Rescapé dans la ville de Khaïtân, il y retrouve son ami d’enfance Ali, devenu riche marchand, qui le fait passer pour un opulent négociant attendant une immense caravane. Mârouf croise un mendiant qui est en réalité le Sultan déguisé, et en séduit la crédulité.
- Acte III : Au palais du Sultan, Mârouf, fêté comme un grand seigneur, distribue l’or à pleines mains et épouse la princesse Saamcheddine.
- Acte IV : Le Vizir, qui soupçonne la supercherie, ne cesse de mettre en doute la fortune du gendre du Sultan, mais la princesse déclare sa confiance et son amour à son mari.
- Acte V : Démasqué, Mârouf s’enfuit avec la princesse ; un anneau magique lui permet de faire apparaître un génie, qui lui apporte le trésor et la caravane promise. Le Sultan, convaincu, pardonne, et le Vizir est puni.
Enregistrement(s) :

Pierre-Michel Le Conte — 1964
Format : CD (2 disques), réédition de 2001
Label : Gala (sous licence Intermusic S.A. / Movieplay S.A.)
Référence : GL 100.587
Année d’enregistrement : 13 mars 1964, Paris (enregistrement analogique ADD)
Distribution :
- Mârouf : Henri Legay, ténor
- La princesse Saamcheddine : Lina Dachary, soprano
- Fattoumah la calamiteuse : Janine Capderou
- Le Sultan de Khaïtan : André Vessières, basse
- Le Vizir : Paul Mahé
- Ali : Stanislas Staskiewicz
- Le Fellah : Jean Mollieu
- Le chef des Marins : Joseph Peyron
- Ahmad, le pâtissier : Georges Jollis
- Le muezzin : Michel Martin
- Le Kâdi : Christian Portonier
Direction : Pierre-Michel Le Conte
Orchestre : Chœur et Orchestre de la Radio-Télévision Française
Langue : Français
Particularité :
Témoignage d’une exécution radiophonique de la Radio-Télévision Française, dans l’esprit des grandes distributions de l’Opéra-Comique des années 1950-1960 : la voix claire et élégante du ténor Henri Legay, spécialiste du répertoire lyrique français, dans le rôle-titre, la fraîcheur de Lina Dachary en princesse, et la science de diction d’André Vessières en Sultan, avec un chœur et un orchestre de la RTF soigneusement préparés par Pierre-Michel Le Conte. La réédition de 2001 ajoute en complément deux extraits historiques : La Dame blanche de François-Adrien Boieldieu (Miguel Villabella, David Devriès) et Le Chalet d’Adolphe Adam (Étienne Billot, Victor Pujol, Julien Lafont).
Postérité :
Grand succès de l’Opéra-Comique, Mârouf y fut représenté 128 fois et à l’Opéra de Paris 124 fois jusqu’en 1950, avant de s’imposer à l’étranger, notamment au Metropolitan Opera de New York en 1917 sous la direction de Pierre Monteux, avec Giuseppe De Luca dans le rôle-titre, et à La Scala. L’œuvre a depuis été reprise à l’Opéra-Comique (mise en scène de Jérôme Deschamps, 2013, sous la direction d’Alain Altinoglu) puis à l’Opéra national de Bordeaux et à l’Opéra-Comique en 2018 sous la direction de Marc Minkowski, ce qui confirme sa place comme l’un des fleurons de la comédie lyrique française de la Belle Époque.

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