Note personnelle : ,

Provenzale, Francesco — La Stellidaura vendicante (1674)

Format :

  • Opéra (dramma per musica) en 3 actes.
  • Musique : Francesco Provenzale.
  • Livret : Andrea Perrucci, poète « officiel » du Teatro di San Bartolomeo de Naples, qui y mêle des personnages comiques s’exprimant en dialecte.
  • Langue : italien, avec des passages en napolitain et en calabrais.

Création :

2 septembre 1674, à Naples, dans une maison louée à Mergellina par le prince de Cursi Cicinelli, devant le vice-roi (le marquis d’Astorga) et la cour ; la mise en scène est confiée à Ciulla De Caro.
Provenzale, âgé de cinquante ans, est alors l’une des figures majeures de la vie musicale napolitaine. L’ouvrage, conçu comme un sommet de la saison mondaine, est une manifestation de loyauté de l’aristocratie envers le pouvoir espagnol, dans une ville où les théâtres publics sont soumis à une censure de plus en plus stricte.

Livret :

Andrea Perrucci (1651-1704) construit un livret mêlant intrigue amoureuse héroïque et burlesque, où abondent les lettres perdues, les confusions d’identité, les travestis et les quiproquos. Il utilise une langue artificielle inspirée du dialecte pour les personnages populaires, comme le serviteur calabrais Giampetro. Le texte puise dans l’épopée de la Renaissance italienne.

Intrigue :

  • Acte I : Le prince Orismondo est amoureux de Stellidaura. De nuit, il trompe le serviteur de celle-ci, Armillo, et obtient une lettre où elle avoue aimer Armidoro. Pris de jalousie, il blesse son rival au bras puis, sans être reconnu, le défie en duel. Stellidaura accourt et propose de prendre la place de son amant. De retour, elle exprime sa colère contre Giampetro, serviteur d’Orismondo, qu’elle prend pour l’agresseur ; elle et Armidoro se retrouvent et réaffirment leur amour.
  • Acte II : Armidoro devine qui l’a blessé mais se tait par honneur. Lettres perdues, échangées et mal remises par Giampetro et Armillo provoquent une série de méprises : Armidoro croit Stellidaura infidèle, et Orismondo ordonne à Giampetro de tuer son rival, mais Stellidaura déjoue la tentative. Stellidaura assure Armidoro de son amour ; il la repousse.
  • Acte III : Stellidaura, déterminée à se venger d’Orismondo, se déguise en homme pour le poignarder dans son sommeil ; Armidoro, qui ne la reconnaît pas, la retient et la fait jeter en prison. On charge Giampetro d’empoisonner la prisonnière : Stellidaura boit le poison et perd connaissance. Armidoro s’évanouit à ses côtés. Giampetro lui avait en fait donné un somnifère. À son réveil, Stellidaura voit Armidoro étendu à côté d’elle et le croit mort ; elle décide de se venger de nouveau. Orismondo découvre que Stellidaura est sa propre sœur, donnée enfant au souverain de Délos. Armidoro, revenu à lui, sauve le prince d’une nouvelle tentative de meurtre. Orismondo explique la situation et accorde à Armidoro, pour sa fidélité, la main de Stellidaura.

Enregistrement(s) :

Alessandro De Marchi — 2013

Format : CD (2 disques)
Label : Deutsche Harmonia Mundi (Sony Classical)
Référence : 88883703852
Année d’enregistrement : 8, 10 et 12 août 2012, Tiroler Landestheater, Innsbruck, Autriche, en coproduction avec les Innsbrucker Festwochen der Alten Musik ; édition de 2013.
Distribution :

  • Stellidaura : Jennifer Rivera, mezzo-soprano
  • Orismondo : Carlo Allemano, ténor
  • Armidoro : Adrian Strooper, ténor
  • Giampetro : Enzo Capuano, basse
  • Armillo : Hagen Matzeit, contre-ténor

Direction : Alessandro De Marchi (clavecin et direction)
Orchestre : Academia Montis Regalis (instruments d’époque)
Langue : italien, napolitain, calabrais

Particularité :

Production de l’Innsbrucker Festwochen der Alten Musik, enregistrée à Innsbruck en août 2012. L’instrumentarium, très riche, comprend notamment violes de gambe, lirone, colascione, guitare baroque, luth, théorbe, mandoline, harpe et percussions, dans l’esprit des ensembles napolitains du XVIIe siècle. Le livret du disque présente l’ouvrage dans son contexte de l’aristocratie napolitaine de 1674.

Postérité :

La Stellidaura vendicante demeure une œuvre rarement jouée, connue surtout par ce disque. Elle témoigne de la place de Provenzale dans l’histoire de l’opéra napolitain et du goût du public pour les mélanges d’héroïque et de comique.

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