Format :
- Opéra en 3 actes et 12 tableaux (FP 159).
- Musique : Francis Poulenc.
- Livret : Francis Poulenc, d’après la pièce de Georges Bernanos Dialogues des Carmélites, elle-même tirée de la nouvelle de Gertrud von Le Fort Die Letzte am Schafott (1931) et d’un scénario d’Emmet Lavery.
- Langue : français.
Création :
26 janvier 1957, à la Scala de Milan, dans une version italienne (avec Virginia Zeani dans le rôle de Blanche) ; la création française a eu lieu le 21 juin 1957 à l’Opéra de Paris.
Poulenc, âgé de cinquante-sept ans, est alors au sommet de sa carrière. Sa foi catholique, retrouvée au milieu des années 1930, nourrit un style fait de lyrisme, de clarté tonale, de sensibilité à la prosodie française et d’un sens aigu du drame intérieur.
Livret :
Le texte est celui de Bernanos, que Poulenc adapte lui-même pour la scène. L’œuvre s’inspire du martyre des seize carmélites de Compiègne, guillotinées en juillet 1794 à Paris, en pleine Terreur, pour avoir refusé de renoncer à leur vocation. Le personnage de Blanche de la Force, imaginé par Gertrud von Le Fort, incarne la peur de la mort.
Intrigue :
- Acte I : Paris, 1789. Blanche de la Force, jeune aristocrate d’un tempérament craintif, annonce à son père, le marquis, et à son frère, le chevalier, son désir d’entrer au Carmel. Au couvent de Compiègne, la prieure, Madame de Croissy, l’interroge sur ses motivations, et Blanche se lie avec la jeune Sœur Constance. La prieure meurt dans d’atroces souffrances, et Blanche est bouleversée.
- Acte II : La nouvelle prieure, Madame Lidoine, est élue. Le chevalier tente de persuader sa sœur de quitter le couvent, mais Blanche reste, tourmentée par la peur. Les premiers troubles de la Révolution atteignent le couvent : l’aumônier est contraint à l’exil, et les religieuses sont chassées de leur habitation par des commissaires.
- Acte III : Pendant l’absence de la prieure, Mère Marie propose aux sœurs un vœu de martyre ; Constance modifie son vote pour que l’unanimité soit atteinte. Blanche s’enfuit à Paris et trouve la bibliothèque de son père vide : le marquis a été guillotiné. Les sœurs sont arrêtées et condamnées. Mère Marie, absente au moment de l’arrestation, ne peut les rejoindre : l’aumônier le lui interdit. Au pied de l’échafaud, les religieuses chantent le Salve Regina à tour de rôle, tandis que leurs voix s’éteignent une à une sous le couperet. Blanche surgit à son tour et les rejoint pour mourir avec elles.
Enregistrement(s) :

Pierre Dervaux — 1958
Format : CD (réédition d’un enregistrement monophonique de 1958)
Label : EMI Classics (collection « Opera »)
Référence : 562751-2 (réédition « Great Recordings of the Century », référence de l’édition de la pochette non vérifiée)
Année d’enregistrement : 1958, Paris (date et lieu exacts non vérifiés).
Distribution :
- Blanche de la Force : Denise Duval, soprano
- Madame Lidoine : Régine Crespin, soprano
- Madame de Croissy : Denise Scharley, mezzo-soprano
- Mère Marie : Rita Gorr, mezzo-soprano
- Sœur Constance : Liliane Berton, soprano
- Le Marquis de la Force : Xavier Depraz, basse
- Le Chevalier de la Force : Paul Finel, ténor
- Mère Jeanne : Janine Fourrier, soprano
- Sœur Mathilde : Gisèle Desmoutiers, soprano
- L’Aumônier : Louis Rialland, ténor
- Le Geôlier : René Bianco, baryton
- Un officier : Jacques Mars, baryton
- Premier commissaire : Raphaël Romagnoni, ténor
- Second commissaire : Charles Paul, baryton
- Thierry : Michel Forel, ténor
- Javelinot : Max Conti, baryton
Direction : Pierre Dervaux
Orchestre : Orchestre et Chœurs du Théâtre National de l’Opéra de Paris
Langue : français
Particularité :
Enregistrement de la création française, un an après les premières représentations de 1957. Denise Duval, la Blanche de la création parisienne, y incarne l’héroïne ; la critique britannique de Gramophone le tient pour l’enregistrement « classique » de l’œuvre, enregistré en monophonie. Les quelques coupures et modifications apportées aux parties vocales par rapport à la partition chant-piano ont été approuvées par Poulenc.

Kent Nagano — 1992
Format : CD (2 disques)
Label : Virgin Classics
Référence : 7 59227 2
Année d’enregistrement : 1992, enregistrement Radio France, en coproduction avec l’Opéra de Lyon (lieu et date exacts non vérifiés).
Distribution :
- Blanche de la Force : Catherine Dubosc
- Le Marquis de la Force : José Van Dam
- Le Chevalier de la Force : Jean-Luc Viala
- La Prieure du Carmel (Madame de Croissy) : Rita Gorr
- La Nouvelle Prieure (Madame Lidoine) : Rachel Yakar
- Mère Marie : Martine Dupuy
- Constance : Brigitte Fournier
- L’Aumônier : Michel Sénéchal
- Le Geôlier : François Le Roux
Direction : Kent Nagano
Orchestre : Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon
Langue : français
Particularité :
Enregistrement lié à la production de l’Opéra de Lyon (direction : Louis Erlo et Jean-Pierre Brossmann), réalisé grâce au mécénat de la Fondation France Télécom. José Van Dam y chante le marquis de la Force et Rita Gorr la prieure mourante. Durée : 72’58 (disque 1 : actes I, II, tableau 1) et 79’10 (disque 2 : tableaux 2 à 4 de l’acte II, acte III).

Jérémie Rhorer — 2013
Format : Blu-ray (BD50, 166 minutes)
Label : Erato (Warner Classics)
Référence : non vérifiée
Année d’enregistrement : captation du 21 décembre 2013, Théâtre des Champs-Élysées, Paris ; réalisation de François-René Martin ; édition de 2014.
Distribution :
- Blanche de la Force : Patricia Petibon
- Madame de Croissy : Rosalind Plowright
- Madame Lidoine : Véronique Gens
- Mère Marie de l’Incarnation : Sophie Koch
- Sœur Constance de Saint-Denis : Sandrine Piau
- Le Chevalier de la Force : Topi Lehtipuu
- Le Marquis de la Force : Philippe Rouillon
- Le Père confesseur du couvent : François Piolino
- Mère Jeanne de l’Enfant Jésus : Annie Vavrille
- Sœur Mathilde : Sophie Pondjiclis
- Thierry, le médecin, le geôlier : Matthieu Lécroart
- Le second commissaire, un officier : Yuri Kissin
- Le premier commissaire : Jérémy Duffau
Direction : Jérémie Rhorer
Orchestre : Philharmonia Orchestra ; Chœur du Théâtre des Champs-Élysées (chef de chœur : Alexandre Piquion)
Langue : français
Particularité :
Spectacle capté au Théâtre des Champs-Élysées, dans une coproduction du Théâtre des Champs-Élysées, du Théâtre royal de la Monnaie (Bruxelles) et de Camera Lucida. Mise en scène d’Olivier Py, scénographie (décors et costumes) de Pierre-André Weitz, lumières de Bertrand Killy. Œuvre chantée en français, avec sous-titres (liste exacte non vérifiée).
Postérité :
Œuvre majeure du répertoire lyrique du XXe siècle, Dialogues des Carmélites s’est imposé sur les scènes internationales. Son dernier tableau, la procession des carmélites vers l’échafaud au son du Salve Regina et des coups sourds de la guillotine, est l’une des pages les plus saisissantes de l’opéra du XXe siècle.

Laisser un commentaire