Note personnelle : ,

Piccinni, Niccolò — Roland (1778)

Format :

  • Tragédie lyrique en trois actes.
  • Musique : Niccolò Piccinni
  • Livret : Jean-François Marmontel, d’après le livret de Philippe Quinault pour Lully (1685), lui-même tiré de l’Orlando furioso de l’Arioste
  • Langue : français

Création :

27 janvier 1778, Académie royale de musique (Opéra), Théâtre du Palais-Royal, Paris.
Premier opéra écrit par Piccinni pour la France, Roland obtient d’emblée un grand succès, qui croît à chaque représentation. Engagé à Paris en 1776 sans parler un mot de français, Piccinni a travaillé sous la direction de Marmontel, qui lui expliquait chaque scène du livret et notait sur le manuscrit les valeurs prosodiques de chaque syllabe.

Livret :

Marmontel remanie le livret de Quinault, déjà mis en musique par Lully : il supprime le prologue allégorique et ramène l’œuvre de cinq actes à trois. L’ouvrage s’inscrit dans le contexte de la « querelle » opposant partisans de Gluck et de Piccinni ; Gluck aurait d’ailleurs renoncé à son propre Roland en apprenant que Piccinni travaillait sur le même sujet.

Intrigue :

  • Acte I : Dans un petit village, Angélique, princesse du Catay, est aimée de Roland, neveu de Charlemagne, mais éprise de Médor, étranger de naissance obscure qu’elle a recueilli blessé et soigné. Elle confie ses peines à Thémire, qui tente de la consoler. Un insulaire survient avec une escorte de soldats pour remettre à la princesse un précieux bracelet, présent de Roland.
  • Acte II : Dans la forêt enchantée, Angélique cherche en vain la fontaine de la haine qui la délivrerait de son amour pour Médor ; elle ne trouve que la fontaine de l’amour. Roland la rejoint, laissant son armée ; Angélique, ne voulant pas lui parler, se rend invisible grâce à un anneau magique qu’elle place dans sa bouche. Désespéré, Roland s’éloigne. Médor, croyant Angélique perdue, veut se donner la mort à la fontaine ; Angélique l’arrête et lui ouvre son cœur. Plus tard, elle feint de répondre à l’amour de Roland pour mieux l’éloigner du port, où les deux amants projettent de s’embarquer. La princesse présente enfin son bien-aimé au peuple du Catay, qui se réjouit et lui rend hommage.
  • Acte III : Dans une grotte, au fond de la forêt, Roland attend impatiemment Angélique, ne tient pas compte des conseils d’Astolfe qui l’invite à rejoindre l’armée de Charlemagne, puis découvre sur les parois de la grotte des vers évoquant l’amour de la princesse et de Médor : il comprend qu’il a été trahi. Il surprend Bélise et Coridon, bergers sur le point de se marier, qui commentent le bonheur du couple fugitif ; Tersandre, père de la bergère, lui apprend la fuite des amants. Apercevant le bracelet au bras de la jeune fille, Roland sombre dans la folie. La fée Logistille jette alors un charme pour lui rendre le courage et la gloire : le paladin reprend ses armes et repart au combat, accompagné des chevaliers et des dames en triomphe.

Enregistrement(s)
Piccinni, Roland — Golub — Dynamic

David Golub — 2001

Format : 3 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 367/1-3
Année d’enregistrement : 2000, en public, Festival della Valle d’Itria, Martina Franca (parution en 2001)
Distribution :

  • Roland : Luca Grassi, baryton
  • Angélique : Alla Simoni, soprano
  • Médor : Stefania Donzelli, soprano
  • Thémire : Sara Allegretta, soprano
  • Astolfe : Kim Hyun-Dong, ténor
  • Coridon : Daniele Gaspari, ténor
  • Bélise : Eléna López, soprano
  • Tersandre : Giacomo Rocchetti, baryton
  • Un islandais : Daniele Gaspari, ténor
  • Logistille : Lei Ma, soprano

Direction : David Golub
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Procházka)
Langue : français

Particularité :

Captation d’une production du Festival de la Vallée d’Itria à Martina Franca, mise en scène par Massimo Gasparon, pour le bicentenaire de la mort de Piccinni. La partition d’orchestre, perdue, a dû être reconstituée à partir de documents conservés dans diverses bibliothèques parisiennes, par Giuseppe Pastore et Luisa Cosi. Le rôle de Médor, conçu pour un type de ténor que l’esthétique moderne a fait disparaître, a été confié par le directeur artistique Sergio Segalini à une soprano, seul moyen selon lui d’entendre toute la musique écrite par le compositeur. David Golub, mort à Milan le 16 octobre 2000, a donc laissé là son dernier témoignage artistique.

Postérité :

Piccinni a tiré de cette première partition française un style personnel, mêlant avec bonheur éléments lyriques et dramatiques, et usant des instruments à vent, clarinettes en particulier, avec une couleur que David Golub rapproche de l’univers de Mozart : l’air d’Angélique C’est l’amour qui rend rappelle ainsi le trio Soave sia il vento de Così fan tutte, et la scène de folie de Roland évoque l’atmosphère de Don Giovanni.

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