Format :
- Intermezzo à quatre voix en 2 parties (operetta giocosa, farsetta).
- Musique : Niccolò Piccinni (1728-1800)
- Livret : Angelo Longi
- Langue : italien
Création :
22 février 1772, Teatro alla Valle, Rome (saison de carnaval).
L’œuvre, aussi connue sous les titres L’Americano incivilito et L’Americano ingentilito, est dédiée à la princesse Ippolita Boncompagni Ludovisi Rezzonico. Plusieurs sources citent à tort le Teatro Capranica, alors occupé par Il cavaliere di Spirito. La distribution de la création était entièrement masculine, les rôles féminins étant chantés par des castrats, comme le voulait l’usage dans les théâtres romains ; des chanteuses les reprirent par la suite. Piccinni était alors au sommet de sa popularité à Rome, un an avant le revers de 1773 qui précéda son départ pour Paris (1776).
Livret :
Angelo Longi, auteur d’une comédie « licencieuse » et satirique qui parodie la mode française et les débats de l’époque sur le « bon sauvage » : l’ambiance et les premières scènes rappellent L’Ingénu (Le Huron) de Voltaire, dont la critique de la corruption de la cour de France est remplacée par une satire plus légère de l’esclavage de la mode. Rôles : Villotto, jeune Américain ; Silvia, bergère ; le chevalier Lisandro ; Donna Aurora, sa fiancée.
Intrigue :
- Première partie : Après trois ans en Amérique du Nord, le chevalier Lisandro débarque sur ses terres près de Livourne avec Villotto, un beau jeune Américain qu’il a trouvé endormi sous un arbre en Californie et quasiment enlevé ; il le fait aussitôt habiller à la française. Sa fière et capricieuse fiancée, Donna Aurora, l’attend, ainsi que la bergère Silvia, et les fiancés se disputent dès leurs retrouvailles. Donna Aurora, séduite par Villotto, le réclame en cadeau, ce que le chevalier refuse. Aux champs, Villotto et Silvia tombent amoureux ; Donna Aurora ordonne au jeune homme de la suivre, Silvia appelle le chevalier au secours. Donna Aurora et Lisandro cachent chacun leur protégé, mais la ruse est découverte et la dispute reprend.
- Seconde partie : Villotto et Silvia se jurent un amour éternel. Donna Aurora et le chevalier décident de n’être plus que des amis ; elle convainc Villotto que Silvia le trouve laid, tandis que Lisandro demande Silvia en mariage et essuie un refus. Villotto, inquiet, imite Donna Aurora à sa toilette sur le conseil du chevalier et devient méconnaissable et vraiment laid, mais Silvia, devant ses larmes, lui avoue son amour. Lisandro bénit le couple. Donna Aurora revient et se moque d’eux, puis accepte d’épouser Lisandro, mais seulement pour le désespérer. Le chevalier remet de l’ordre et tous fêtent le triomphe de l’innocence.
Enregistrement(s)

Eric Hull — 1996
Format : 2 CD (74’58 + 74’24)
Label : Dynamic
Référence : CDS 177/1-2
Année d’enregistrement : 25 et 27 juillet 1996, Palazzo Ducale, Martina Franca (enregistrement public, Festival della Valle d’Itria) ; édition de 1997
Distribution :
- Villotto : Simon Edwards
- Silvia : Patrizia Ciofi
- Cavaliere Lisandro : Domenico Colaianni
- Donna Aurora : Giovanna Donadini
Direction : Eric Hull
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial, réalisé à l’occasion de la première exécution moderne de l’œuvre au Festival della Valle d’Itria (les représentations ont eu lieu les 27 et 29 juillet 1996 selon le livret). Édition musicale de Eric Hull (Casa Ricordi, Milan), établie d’après un manuscrit d’époque et un livret imprimé de 1772 conservés à la Bibliothèque nationale de Vienne ; directeur artistique du festival : Sergio Segalini.
Postérité :
Le nombre des reprises dans les années qui suivirent la création témoigne du succès de l’œuvre. Elle appartient au répertoire, encore largement inédit, des farsettes et intermezzi italiens de la fin du XVIIIe siècle, dont l’exécution suppose un lourd travail éditorial sur les manuscrits d’époque.

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