Format :
- Opéra-comique en trois actes, avec dialogues parlés.
- Musique : François-André Danican Philidor
- Livret : Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet, d’après le roman de Henry Fielding The History of Tom Jones, a Foundling (1749)
- Langue : français
Création :
27 février 1765, Comédie-Italienne, Paris.
La première est un échec : le livret de Poinsinet est jugé très modeste et le public accueille l’ouvrage fort froidement, malgré la beauté de la musique. Michel-Jean Sedaine, l’un des meilleurs librettistes d’opéra-comique, reprend le texte, resserre les dialogues et cherche une plus grande vraisemblance, tandis que Philidor modifie deux airs et récrit entièrement le finale. Ainsi remanié, Tom Jones triomphe sur la scène de la Comédie-Italienne en 1766, un an après l’échec.
Livret :
Poinsinet resserre considérablement le roman de Fielding : l’action se concentre en quelques péripéties, et tous les personnages subissent une « réduction de complexité ». Tom Jones n’est plus l’enfant illégitime de la sœur d’Allworthy, puisque celle-ci a épousé en secret son père avant de mourir ; il perd aussi les traits libertins que lui prêtait Fielding pour devenir un modèle de vertu. Sophie (Sophia), la fille du hobereau Western, aime Tom, tandis que Blifil, neveu d’Allworthy, nourrit une haine profonde pour son rival.
Intrigue :
- Acte I : Sophie et Honora parlent de Tom Jones, dont Honora sait Sophie amoureuse. Mme Western, soucieuse de l’éducation de sa nièce, arrive avec Allworthy, son protégé Jones et son neveu Blifil. Au retour de la chasse, M. Western apprend de sa sœur que Sophie semble éprise de Blifil ; ravi de cette union qui l’avantagerait, il fait aussitôt venir Allworthy. Dowling avertit Allworthy que Blifil a quelques lettres, mais celui-ci refuse de les lire et décide de marier le couple sous trois jours. Sophie, croyant qu’il s’agit de Tom, se réjouit ; en découvrant qu’on la destine à Blifil, elle se révolte.
- Acte II : Dowling retrouve Blifil, qui a caché à Allworthy des lettres de feu sa mère : elles révèlent que Tom Jones est son fils, donc le demi-frère de Blifil, ce qui ruinerait ses projets de mariage avec Sophie. Dowling menace de tout révéler. Tom apprend d’Honora l’amour de Sophie et se croit au comble du bonheur, mais M. Western lui annonce le mariage de Sophie et de Blifil. Après un entretien avec Blifil, Sophie avoue à son père qu’elle ne veut pas de ce mariage ; Western prend Tom Jones à témoin de la désobéissance de sa fille, et les deux amoureux, se croyant seuls, se déclarent leur amour sans voir que Western et Blifil les écoutent. L’acte s’achève par un septuor où Tom est chassé de la maison.
- Acte III : À l’auberge d’Upton, des comédiens répètent une pièce. Dowling et Tom Jones s’y retrouvent par hasard ; Honora et Sophie, en fuite, y arrivent aussi. Une confusion générale s’ensuit : Tom, croyant que l’on enlève une femme, tente d’intervenir dans ce qui n’est qu’une scène de la pièce, puis retrouve Sophie. Blifil survient avec un juge de paix, mais Dowling révèle le contenu des lettres cachées : Tom est le neveu légitime d’Allworthy. Blifil, désavoué, est déshérité, et Tom et Sophie peuvent enfin se marier.
Enregistrement(s)

Jean-Claude Malgoire — 2006
Format : 2 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 509/1-2
Année d’enregistrement : janvier 2006, Opéra de Lausanne (en public)
Distribution :
- Tom Jones : Sébastien Droy
- Sophie : Sophie Marin-Degor
- Monsieur Western : Marc Barrard
- Madame Western : Sibyl Zanganelli
- Honora : Carine Séchehaye
- Blifil : Rodolphe Briand
- Allworthy : Léonard Pezzino
- Dowling : Pierre Arbel
- L’Aubergiste : Ana Tordera
- Powerfist : Dominique Bonnetain
- Jellyfisch : Guillaume Michel
- Buttercup : Frédéric Burdet
- Gumtree : Jean-Pascal Cottier
Direction : Jean-Claude Malgoire
Orchestre : Le Sinfonietta de Lausanne
Langue : français
Particularité :
Premier enregistrement de l’œuvre, capté en public lors d’une nouvelle production de l’Opéra de Lausanne, en coproduction avec le Grand Théâtre de Tours. Le livret, de Poinsinet et Davesne, y est adapté par Vincent Vittoz, et le livret du coffret reproduit les dialogues parlés.
Postérité :
Philidor, dont la célébrité tient aussi à son talent d’échecs (il publie en 1749 son Analyse des échecs, réimprimée jusqu’en 1929), signe avec Tom Jones son chef-d’œuvre d’opéra-comique, que Marie-Thérèse Bouquet rangeait parmi les ouvrages les plus caractéristiques du genre, aux côtés de ceux de Duni et de Monsigny.

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