Note personnelle : ,

Pfitzner, Hans — Die Rose vom Liebesgarten (1901)

Format :

  • Opéra romantique (Romantische Oper) en deux actes, avec prologue (Vorspiel) et épilogue (Nachspiel).
  • Musique : Hans Pfitzner
  • Livret : James Grun
  • Langue : allemand

Création :

9 novembre 1901, Opernhaus d’Elberfeld.
La critique salue l’originalité des tableaux sonores et des portraits de personnages, tout en doutant de la dramaturgie. La véritable consécration vient de Vienne : Bruno Walter, ami du compositeur, plaide la cause de l’œuvre auprès de Gustav Mahler, d’abord réticent, qui la dirige lui-même à la Hofoper le 6 avril 1905, dans des décors d’Alfred Roller.

Livret :

James Grun, condisciple de Pfitzner au conservatoire, déjà auteur du livret de Der arme Heinrich, s’inspire de motifs picturaux du peintre Hans Thoma, dont le cycle de tableaux champêtres et chevaleresques décorait le salon de musique d’Alfred Pringsheim à Munich. Il en tire une fable symboliste, de conte de fées, dont l’écriture allitérative imite volontairement celle de Wagner : les premiers vers des filles des fleurs rappellent le « Wagalaweia » des filles du Rhin, et le Moormann doit beaucoup au Mime du Ring.

Intrigue :

  • Prologue : Au Jardin d’Amour, royaume paradisiaque dont le jeune souverain est l’Enfant du Soleil et la mère Dame Amour, on prépare la fête du printemps. Un chevalier entre au service de l’amour comme gardien du printemps ; appelé Siegnot, « par détresse jusqu’à la victoire », il reçoit la rose pour insigne.
  • Acte I : Envoyé hors du Jardin d’Amour, Siegnot rencontre le Moormann, qui lui conte l’histoire de l’elfe Minneleide, reine des bois, ennemie de la lumière, opprimée par le Nachtwunderer, maître d’un royaume souterrain. Attiré par la danse des elfes, Siegnot s’éprend de Minneleide, tente de la gagner au pays du printemps et lui remet la rose. Mais elle n’ose franchir le seuil du royaume lumineux. Le Nachtwunderer paraît, vainc Siegnot au combat et s’empare de Minneleide.
  • Acte II : Siegnot, revenu de son évanouissement, cherche Minneleide dans les cavernes. Capturé par le Nachtwunderer et ses nains, il implore Dame Amour, qui fait s’effondrer les cavernes : le Nachtwunderer, ses nains et Siegnot périssent. Minneleide décide de monter avec le corps de Siegnot vers le royaume du printemps.
  • Épilogue : Minneleide est tuée par les puissances mauvaises qui gardent le royaume. Grâce à la rose, le Jardin d’Amour s’ouvre à elle ; l’Enfant du Soleil réveille Minneleide et Siegnot, enfin réunis dans le Jardin d’Amour.

Enregistrement(s)
Pfitzner, Die Rose vom Liebesgarten — Beermann — cpo

Frank Beermann — 2017

Format : 3 CD
Label : cpo
Référence : 777 500-2
Année d’enregistrement : juin 2009, Opernhaus de Chemnitz (studio ; publication en 2017)
Distribution :

  • Siegnot : Erin Caves, ténor
  • Le Waffenmeister / Le Nachtwunderer : Kouta Räsänen, basse
  • Le Sangesmeister : Andreas Kindschuh, baryton
  • Minneleide : Astrid Weber, soprano
  • Schwarzhilde : Jana Büchner, soprano
  • Rotelse : Tiina Penttinen, mezzo-soprano
  • Le Moormann : André Riemer, ténor

Direction : Frank Beermann
Orchestre : Robert-Schumann-Philharmonie ; Chor und Kinderchor der Oper Chemnitz (préparation : Mary Adelyn Kauffman)
Langue : allemand

Particularité :

Première version de studio de l’œuvre, enregistrée à la suite de la production de l’Opéra de Chemnitz (novembre 2008). Le livret bilingue accompagne les disques ; la Marche funèbre de l’acte II y est menée sensiblement plus vite que dans les enregistrements historiques du compositeur.

Postérité :

Malgré le succès viennois, l’œuvre reste rare au concert. On y reconnaît pourtant une page majeure du symbolisme musical allemand, par la couleur des préludes et des interludes orchestraux, où la critique voit la trace de Debussy et une anticipation de la « mélodie de timbres » (Klangfarbenmelodie) de Schönberg. En 1947, depuis Los Angeles, Schönberg a lui-même attesté, dans une déclaration d’honneur, la place qu’avait tenue la représentation viennoise dirigée par Mahler dans sa propre découverte de Pfitzner.

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