Note personnelle : ,

Paisiello, Giovanni — Socrate immaginario (1775)

Format :

  • Commedia per musica en 3 actes.
  • Musique : Giovanni Paisiello.
  • Livret : Giovanni Battista Lorenzi, d’après une idée généralement attribuée à l’abbé Ferdinando Galiani (économiste et homme de lettres napolitain); la part exacte de Galiani reste non prouvée.
  • Langue : Italien.

Création :

Octobre 1775 (23 octobre selon certaines sources), au Teatro Nuovo de Naples.
Paisiello a trente-cinq ans ; il est déjà l’un des maîtres de l’opéra bouffe napolitain, quelques mois avant son départ pour la Russie (1776). Son style, fondé sur la clarté mélodique, une orchestration soignée et une grande vivacité théâtrale, s’illustre ici dans une satire des intellectuels de son temps. L’ouvrage connut un succès immédiat, mais le roi Ferdinand IV, qui le fit représenter au Palais royal, le jugea « indiscret » : après six représentations, il fut retiré du Teatro Nuovo, avant de reparaître sans difficulté à la fin de 1779.

Livret :

Le sujet est une satire amusante de la manie philosophique : un propriétaire des Pouilles, Don Tammaro Promontorio, a perdu la raison à force de lire les philosophes antiques et se prend pour un second Socrate. Lorenzi y parodie les lieux communs de la tragédie et de l’opéra seria : dans le premier finale, les disciples de Don Tammaro chantent en grec une cérémonie ridicule et solennelle ; la scène des Furies parodie l’Orfeo de Gluck ; la scène de la ciguë parodie le contrepoint sévère.

Intrigue :

  • Acte I : Don Tammaro Promontorio, riche propriétaire de Modugno (Pouilles), est devenu fou à force de lire les philosophes anciens : il se fait appeler « Socrate II », donne des noms grecs à son entourage, se laisse maltraiter par sa seconde épouse Donna Rosa (qui le poursuit dans la cour, un bâton à la main) et projette de marier sa fille Emilia au barbier Mastro Antonio, qui feint d’être son disciple. Emilia aime en secret Ippolito, qui entre en scène déguisé à la grecque. L’acte s’achève dans une cave transformée en école de Socrate, où Tammaro apparaît en philosophe antique, entouré d’Antonio et de quatre disciples habillés en bergers.
  • Acte II : La famille décide de guérir le fou. Dans une grotte du jardin, Tammaro joue de la harpe tandis qu’un chœur de Furies chante : coup de tonnerre, étoiles volantes, et paraissent Donna Rosa, en ombre de Cicilia, et Ippolito déguisé en diable. Tammaro est pétrifié de peur. L’acte se termine quand Mastro Antonio apporte la coupe de poison, accompagné de deux juges d’Athènes.
  • Acte III : Le poison n’est qu’un somnifère présenté comme la ciguë. Tammaro dort sur un canapé dans une chambre noble en présence de Rosa, Lauretta et Calandrino ; à son réveil, il est guéri de sa folie philosophique. Emilia et Ippolito peuvent s’unir, et le finale réunit tous les personnages sur scène.

Enregistrement(s)

Paisiello, Socrate immaginario — Di Stefano (2001)

Giovanni Di Stefano — 2001

Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2259/60-2
Année d’enregistrement : enregistrement public (live) lors de la saison lyrique 1998 du Teatro Chiabrera de Savone, aux représentations des 5, 7 et 8 novembre 1998 (publié en 2000-2001)
Distribution :

  • Don Tammaro Promontorio : Christophoros Stamboglis, basse
  • Donna Rosa, sa seconde épouse : Claudia Marchi, soprano
  • Emilia, fille de Tammaro : Yolanda Auyanet, soprano
  • Lauretta, servante de Donna Rosa : Daniela Schillaci, soprano
  • Cilla, fille de Mastro Antonio : Linda Campanella, soprano
  • Ippolito, amoureux d’Emilia : Filippo Pina Castiglioni, ténor
  • Mastro Antonio, le barbier : Domenico Colaianni, basse
  • Calandrino, serviteur de Tammaro : Matteo Peirone, basse

Direction : Giovanni Di Stefano (clavecin : Mauro Castellano)
Orchestre : Orchestra Sinfonica di Savona ; Coro lirico « G. Manzino » di Savona
Langue : Italien

Particularité :

Captation publique d’une production du Teatro Chiabrera de Savone, dans une édition de la partition révisée à partir de l’autographe par le chef lui-même, Giovanni Di Stefano ; les notes de livret sont de Giovanni Carli Ballola. Le disque propose une version complète en trois actes (environ 2 h 31) et fait revivre l’une des comédies napolitaines les plus célèbres de Paisiello,.

Postérité :

Il Socrate immaginario, représentée à la Scala dès 1783, compte parmi les comédies les plus célèbres de Paisiello : l’esprit de la parodie, la caractérisation des personnages, entre caricature comique et tendresse amoureuse, ont créé un type musical qui annonce celui de Mozart. Elle a été reprise au Teatro San Carlo de Naples le 23 septembre 2005 dans une version de Roberto De Simone, sous la direction d’Antonino Fogliani. Une version avait déjà été gravée en 1961 sous la direction de Franco Caracciolo (avec Italo Tajo, Sesto Bruscantini et Luigi Alva).

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