Note personnelle : ,

Paisiello, Giovanni — La frascatana (1774)

Format :

  • Dramma giocoso per musica (opera buffa) en 3 actes.
  • Musique : Giovanni Paisiello.
  • Livret : Filippo Livigni, second librettiste vénitien après Giovanni Bertati, qui adapte La finta semplice de Pasquale Mililotti (Naples, 1769) : il supprime un personnage, raccourcit l’acte III, réécrit la plupart des airs et donne à l’ensemble un ton plus sentimental.
  • Langue : Italien.

Création :

Automne 1774, au Teatro San Samuele de Venise.
Paisiello a trente-quatre ans et compose pour Venise dans l’urgence : il y réutilise l’ouverture d’Il duello, cinq airs d’Il credulo deluso et un quintette de La somiglianza de’ nomi. Caterina Consiglio crée Violante et Baldassarre Marchetti Don Fabrizio. Le succès est immédiat : en moins de deux ans, l’ouvrage est repris dans plus de vingt villes d’Italie, puis à Vienne (29 avril 1775), où il reçoit une quarantaine de représentations dans la saison 1775-1776 et reste au répertoire une vingtaine d’années ; suivent Dresde et Prague (1776, 1784).

Livret :

Livigni reprend la trame d’une comédie de séduction villageoise, située à Marino, près de Rome : une orpheline rusée de Frascati, qui feint la simplicité pour échapper à ses prétendants, y joue à la fois de la petite paysanne maligne et de l’héroïne sentimentale. Autour d’elle, un tuteur jaloux (type comique central), un chevalier romain engagé à une autre, une fiancée abandonnée (amante abbandonata), une servante d’auberge calculatrice et deux valets qui complotent. Le livret fut ensuite remanié à travers l’Europe centrale (versions allemande, danoise, etc.) et Paisiello lui-même prépara une nouvelle version pour Naples en 1786.

Intrigue :

  • Acte I : À Marino, près de Rome. Violante, jeune jardinière de Frascati, est la pupille de Don Fabrizio, qui la surveille avec jalousie et la convoite. Elle est aussi poursuivie par le chevalier romain Giocondo, pourtant fiancé à Donna Stella, fille d’un capitaine de Velletri, et aimée du berger Nardone, qu’elle préfère. La servante d’auberge Lisetta, de son côté, jette son dévolu sur Giocondo, tandis que son valet Pagnotta se met au service de Nardone.
  • Acte II : Furieux, Don Fabrizio, qui projette d’enlever sa pupille, l’enferme dans une tour dans les bois. Nardone et Pagnotta la délivrent et mettent Lisetta à sa place, d’où une scène de démasquage ; la fameuse scène de l’écho voit Nardone et Pagnotta se moquer de Fabrizio en répétant ses paroles, comme un écho.
  • Acte III : Giocondo offre de l’argent à Violante, qui refuse et déclare qu’elle n’épousera que Nardone. Giocondo finit par épouser Donna Stella, et Don Fabrizio reste les mains vides.

Enregistrement(s)

Paisiello, La frascatana — Trinca (2004)

Franco Trinca — 2004

Format : CD (2 disques, 2 h 06)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2358/59
Année d’enregistrement : enregistrement public (live) de 2002, Genève (publié en 2004)
Distribution :

  • Violante : Katia Velletaz, soprano
  • Don Fabrizio : Michele Govi, baryton
  • Nardone : Valery Tsarev, ténor
  • Cavalier Giocondo : Laurent Dami, ténor
  • Donna Stella : Letizia Sperzaga, soprano
  • Lisetta : Carmela Calvano Forte, mezzo-soprano
  • Pagnotta : Alexandre Diakoff, basse-baryton

Direction : Franco Trinca (clavecin)
Orchestre : Orchestre de Chambre de Genève
Langue : Italien

Particularité :

Captation d’une production genevoise donnée avec un orchestre de chambre, où le chef tient lui-même le clavecin continuo. Les notes de livret sont de Francesco Gatti. L’enregistrement offre une version complète en trois actes de la comédie vénitienne, avec une distribution franco-italienne et russe qui défend la farce villageoise de Livigni.

Postérité :

La frascatana fut l’un des grands succès de Paisiello hors d’Italie : Vienne en fit son « spectacle favori », Dresde, Prague et Bonn la reprirent (Bonn en 1781-1782, 1784-1785 et 1789), et l’ouvrage fut aussi donné à Dublin (Smock Alley). Michael Robinson recense dix-neuf versions de l’ouvrage. Elle a été reprise en 2023 à Oxford (New Chamber Opera, New College). Sa verve comique et sa scène de l’écho en font l’un des jalons de l’opéra bouffe de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

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