Format :
- Dramma giocoso / commedia per musica en 2 actes.
- Musique : Giovanni Paisiello.
- Livret : Giuseppe Palomba (mort en 1825), librettiste napolitain habituel de Paisiello.
- Langue : Italien.
Création :
21 novembre 1789, au Teatro del Fondo de Naples.
Paisiello a quarante-neuf ans et se trouve au sommet de sa carrière napolitaine : maître de chapelle de la cour de Ferdinand IV, il a déjà donné Il barbiere di Siviglia (1782) et la même année 1789 Nina, o sia La pazza per amore, qui lui vaut une renommée européenne. I zingari in fiera prolonge cette veine de comédie populaire, dans la lignée des opéras bouffes napolitains, avec un livret à intrigue vive, des ensembles de grande envergure et un orchestre soigneusement écrit (la sinfonia de l’acte I est en ré majeur, pour hautbois, cors en ré, deux bassons et cordes). Au XIXe siècle, l’historien Giuseppe Rovani plaçait l’ouvrage, avec Nina, parmi ceux qui avaient apporté à Paisiello sa plus grande gloire.
Livret :
Palomba situe l’action dans une foire de village. Il y croise plusieurs figures de la comédie populaire : un vieillard crédule et avare, Pandolfo, qui croit aux présages, aux rêves et aux apparitions ; une bande de tsiganes rusés qui entend l’escroquer ; une aubergiste, Cecca, et un jeune gentilhomme, Eleuterio, héritier d’un riche domaine à une condition singulière : retrouver et épouser la petite-fille de son aïeul tyrannique, abandonnée dans un bois dans sa petite enfance. Le livret reprend avec verve les ressorts classiques de la farce : fausse magie, trésor caché, déguisements et reconnaissance finale. L’ouvrage connut un succès durable et fut représenté à Londres (King’s Theatre, 1793, avec Nancy Storace en Lucrezia) et à Milan (La Scala, 1804).
Intrigue :
- Acte I : Sur la place de la foire, Scevola et Barbadoro raccommodent des casseroles, tandis que Cecca fait la cuisine dans son auberge ; Eleuterio expose sa quête désespérée de l’héritière perdue. Lucrezia, chef d’une bande de tsiganes, arrive à la foire et apprend de Stellidaura, servante de Pandolfo, que celui-ci est un avare obsédé par un trésor caché dans sa cave. Pandolfo, naïf et vaniteux, voit des présages dans le rire de Lucrezia ; elle lui annonce que Mercure lui révélera un trésor dans la grotte de son jardin. Les tsiganes préparent leurs machines et organisent une séance de spiritisme où des voix mystérieuses terrifient Pandolfo, avant que Lucrezia ne lui prophétise richesse et riche épouse. Persuadé, il est conduit à la grotte où l’on lui extorque une forte somme en échange d’un faux trésor. Cecca et Eleuterio surprennent le complot et décident de dénoncer la bande au magistrat ; l’acte s’achève sur un affrontement ouvert.
- Acte II : Dans le campement tsigane, la bande festoie ; Lucrezia révèle qu’elle compte épouser Pandolfo pour son argent. Pandolfo et Stellidaura reviennent en colère ; Lucrezia feint l’indifférence, puis, grâce à l’intercession de Stellidaura, accepte de « pardonner ». Elle déclare à Pandolfo que la « femme sincère » qu’il cherche n’est autre qu’elle-même. Barbadoro fait la cour à Cecca. L’intrigue se poursuit jusqu’à la reconnaissance et au dénouement festif de rigueur dans l’opéra bouffe (Stellidaura, recueillie enfant par Pandolfo dans un bois, apparaît comme l’héritière que cherche Eleuterio).
Enregistrement(s)

Giovanni Di Stefano — 2010
Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »)
Référence : GB 2445/46-2
Année d’enregistrement : enregistrement public (live) du 26 novembre 2008, Teatro Orfeo de Tarente, dans le cadre du Festival Giovanni Paisiello (publié en 2009-2010)
Distribution :
- Pandolfo, noble : Domenico Colaianni
- Stellidaura, servante de Pandolfo : Tiziana Spagnoletta
- Cecca, patronne de l’auberge : Francesca De Giorgi
- Lucrezia, chef des tsiganes : Teresa Di Bari
- Eleuterio, noble désargenté : Gianni Coletta
- Barbadoro, tsigane, frère de Lucrezia : Giuseppe Cacciapaglia
- Scevola, tsigane amoureux de Stellidaura : Graziano De Pace
Direction : Giovanni Di Stefano (clavecin : Vincenzo Rana)
Orchestre : Orchestra ICO della Magna Grecia
Langue : Italien
Particularité :
Enregistrement public tiré de la première reprise moderne de l’ouvrage, en version semi-scénique, au Festival Giovanni Paisiello de Tarente, ville natale du compositeur. Le texte a été reconstitué par Anna Trombetta et Luca Bianchini à partir du manuscrit conservé au Conservatoire San Pietro a Majella de Naples, dont ils ont également révisé la partition ; les notes de livret sont de Lorenzo Mattei. Giovanni Di Stefano dirige l’ICO della Magna Grecia avec un clavecin continuo pour les récitatifs.
Postérité :
Représentée à Londres dès 1793 et à La Scala en 1804, I zingari in fiera fut l’un des succès internationaux de Paisiello, avant de sombrer dans l’oubli, comme la plupart de ses opéras comiques, éclipsés par Rossini. La reprise de Tarente en 2008, dans la ville natale du compositeur, et sa publication par Bongiovanni ont remis en lumière cette veine bouffe napolitaine contemporaine de Nina.

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