Note personnelle : ,

Paisiello, Giovanni — Le finte contesse (1766)

Format :

  • Intermezzo pour quatre voix, en deux parties.
  • Musique : Giovanni Paisiello (1740-1816) ; partition réduite aux voix, violons et basse.
  • Livret : auteur inconnu, tiré en grande partie de Il marchese villano de Pietro Chiari.
  • Langue : italien.

Création :

Février 1766, Rome, Teatro Valle.
Après avoir composé des comédies bouffes en trois actes, le jeune Paisiello écrivit pour la première fois un intermezzo avec Le finte contesse. Selon Lorenzo Mattei, cette expérience romaine lui permit d’apprendre à passer rapidement d’un registre expressif à l’autre et à camper ses personnages en quelques traits sonores : un an plus tard, il composerait son premier chef-d’œuvre comique, L’idolo cinese. À Rome, la distribution était entièrement masculine, deux des chanteurs jouant en travesti, en raison de l’interdiction pontificale de montrer des femmes sur scène, ce qui renforçait le paradoxe comique de l’intrigue.

Livret :

Le livret, dont l’auteur n’a pas été identifié, s’inspire pour l’essentiel de Il marchese villano de Pietro Chiari (Venise, carnaval 1762, musique de Galuppi), un succès qui engendra de nombreuses variantes (La contadina di spirito, La lavandaia astuta, Il marchese Tulipano, Il matrimonio inaspettato). Paisiello reviendra lui-même au texte de Chiari avec Il matrimonio inaspettato (1779, Kamenny Ostrov), puis Le marquis Tulipano (Paris, 1789). La version romaine de 1766 se distingue des autres par la sècheresse dramaturgique qui réduit une intrigue déjà mince.

Intrigue :

  • Première partie : Le comte Tulipano, noble veuf obsédé par les convenances de son rang, veut marier son fils Giorgino, jeune rebelle las de la vie rigide du palais, à une comtesse nommée Olimpia, venue de Vallepiana. Deux villageoises, Lenina et Lauretta, font échouer ce projet à leur avantage. En se promenant dans les prés, elles croisent le comte Giorgino, qui renvoie ses domestiques et engage avec elles un dialogue galant, interrompu par l’arrivée de son père, qui annonce celle de la comtesse Olimpia, sa promise. Giorgino se sent désormais attiré par Lenina, qui, bien que ravie, veut mettre à l’épreuve ses sentiments, et il lui ouvre sincèrement son cœur ; les deux villageoises décident alors de boycotter le mariage. Tulipano désapprouve l’attirance de son fils pour le monde bucolique et lui fait jurer de suivre l’étiquette de son rang ; il ignore que Lauretta veut l’épouser en secondes noces. Masquées, les deux jeunes femmes se font passer pour des ambassadrices de la comtesse Olimpia et montrent à Tulipano le portrait de Lenina en prétendant que c’est celui de la comtesse ; Giorgino, mis au courant du plan, exulte, tandis que Tulipano ne comprend pas le revirement de son fils.
  • Seconde partie : Tulipano donne à son fils des leçons d’étiquette avant la rencontre avec la comtesse. Lenina arrive déguisée en Olimpia, se présente au comte et se révèle en même temps à Giorgino. Mais une seconde comtesse survient : c’est Lauretta (que Giorgino ne reconnaît pas non plus). Lenina se dévoile alors, mettant Tulipano en fureur, mais, pour éviter que Giorgino se tue par amour, il consent à leur union. Lauretta, profitant de la confusion, parvient à se faire accepter comme seconde épouse du comte. La célébration des deux mariages, disproportionnés par le statut social et par l’âge, clôt l’intermezzo.

Enregistrement(s) :

Cosimo Prontera — 2011

Format : 2 CD (DDD), enregistrement live ; durées 62’00 et 52’30 ; première exécution en temps modernes, dans une révision de Cosimo Prontera.
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato » ; Giovanni Paisiello Festival).
Année d’enregistrement : 21 septembre 2011, cloître de l’ancien couvent de San Francesco (déjà Rossaroll), Tarente, dans le cadre de la IXe édition du Giovanni Paisiello Festival.
Distribution :

  • Lenina (soprano primo) : Maria Luisa Casali
  • Lauretta (soprano secondo) : Antje Rux
  • Giorgino (ténor) : Alessandro Scotto Di Luzio
  • Tulipano (basse) : Andrea Bonsignore

Direction : Cosimo Prontera, au clavecin.
Orchestre : Orchestra Barocca « La Confraternita de’ Musici ».
Langue : italien.

Particularité :

La source musicale est un manuscrit autographe conservé à la bibliothèque du conservatoire de Naples (San Pietro a Majella), réduit aux seules voix, violons et basse. Plutôt que d’ajouter les parties manquantes, l’équipe a choisi de suivre la source à la lettre, en vérifiant l’efficacité mélodramatique de cet accompagnement très réduit. Aucune critique détaillée n’a été trouvée dans les sources consultées.

Postérité :

L’enregistrement de 2011, capté au Giovanni Paisiello Festival de Tarente, ville natale du compositeur, présente l’œuvre dans sa première exécution en temps modernes. Le livret de Chiari dont elle dérive a connu de nombreuses réécritures par divers compositeurs, dont Paisiello lui-même en 1779 et 1789.

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