Format :
- Opera buffa en deux actes, pour trois personnages.
- Musique : Giovanni Paisiello (1740-1816) ; orchestre de cordes, deux hautbois, deux cors et clavecin pour les récitatifs.
- Livret : attribué à Giovanni Battista Casti (1724-1803).
- Langue : italien.
Création :
Printemps 1780, Moguilev (aujourd’hui en Biélorussie).
Au printemps 1780, un immense convoi quitta Saint-Pétersbourg en direction de Moguilev : Catherine II voyageait avec toute sa cour, dont l’orchestre, trois chanteurs et des décorateurs et costumiers des Théâtres impériaux, pour rencontrer l’empereur d’Autriche Joseph II. La rencontre politique eut lieu dans la résidence d’un noble local, et c’est à cette occasion qu’un nouvel opera buffa fut commandé à Paisiello, alors au service de la tsarine. L’ouvrage fut conçu pour un ensemble léger, « itinérant », de trois chanteurs. Paisiello dirigea la représentation depuis son clavecin, avec un tel succès que Catherine l’honora publiquement de nombreux cadeaux à la fin du spectacle. L’œuvre fut ensuite jouée avec grand triomphe au théâtre de cour de l’Ermitage, puis dans les plus importants théâtres d’Europe.
Livret :
L’auteur du livret est inconnu, mais une série d’indices conduit Stefano Parisse à l’attribuer à l’abbé Giovanni Battista Casti, l’un des auteurs les plus appréciés de son temps, qui était accrédité à la cour de Catherine II l’année de la composition de l’opéra et en exerçait officieusement les fonctions de poète de cour.
Intrigue :
- Acte I : Camilletta gagne sa vie en tissant de la dentelle. Son fiancé Gelino vient de trouver un emploi de domestique chez Don Girone, un homme riche, mûr et socialement maladroit, qui s’intéresse à la jeune fille. Les fiancés décident de le duper pour se moquer de lui et financer leur mariage : Camilletta feint de répondre à son amour, tandis que Gelino met son maître en garde contre un frère impétueux et jaloux qu’aurait Camilletta. Dans un jeu de déguisements, Gelino se présente lui-même sur scène dans le rôle de ce frère insaisissable, menace Don Girone et enferme Camilletta dans la maison. L’acte s’achève par une scène audacieuse : Camilletta invite Girone à monter par le balcon, mais son prétendu frère les découvre, et Girone, menacé d’une épée par Gelino et d’un pistolet par Camilletta, jure de ne plus l’approcher.
- Acte II : Don Girone raconte sa mésaventure à Gelino et lui reproche son absence au moment du danger. Gelino, feignant d’être médiateur, aborde Camilletta, qui lui donne ses instructions ; Girone s’approche d’elle, et elle feint la maladie. Le prétendu frère surgit, jaloux, et exige de Girone qu’il tue Camilletta ; elle le supplie de n’en rien faire et chante un grand air dramatique. Girone, confus et partagé, se tourne vers le laquais, qui lui suggère d’aller revoir Camilletta. Les deux se retrouvent devant sa maison, mais Gelino fait irruption en capitaine de la garde de nuit et doit les arrêter ; Girone parvient à le soudoyer avec un sac d’argent. Resté seuls, Gelino et Camilletta se réjouissent de leur supercherie et se moquent de Girone, mais un camarade a trahi Gelino. Girone, qui a tout compris, revient avec les autres domestiques, montre une lettre et l’habit de travail de Gelino, et arrache sa fausse moustache, éclatant de colère. Les jeunes gens implorent son pardon, révélant qu’ils sont sur le point de se marier et très pauvres ; après quelque hésitation, Girone, ému, leur pardonne et accepte leur offre de travailler comme domestiques dans sa maison.
Enregistrement(s) :

Stefano Parisse — 2024
Format : 2 CD (DDD), durée totale 1:51:14 ; première mondiale discographique.
Label : Naxos.
Référence : 8.660563-64.
Année d’enregistrement : 8-11 et 13 avril 2019, Radio House de Dom Radio, Saint-Pétersbourg (Russie) ; publié en 2024.
Distribution :
- Camilletta : Elena Tsvetkova, soprano
- Gelino : Daniele De Prosperi, ténor
- Don Girone : Antoine Bernheim, baryton
Direction : Stefano Parisse, à la direction et au clavecin.
Orchestre : Estrin Orchestra.
Langue : italien.
Particularité :
Il s’agit de la première mondiale discographique de l’œuvre, sur la base de l’édition critique de Domenico Carboni, préparée pour la première exécution moderne au 39e Festival Barocco di Viterbo (2009). Stefano Parisse avait dirigé l’opéra en concert le 22 septembre 2017 à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg (salle de chambre Mikhaïl Glinka). L’Estrin Orchestra réunit des membres de l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg. Aucune critique détaillée n’a été trouvée dans les sources consultées.
Postérité :
Selon Stefano Parisse, l’œuvre tomba dans l’oubli dans la seconde décennie du XIXe siècle : sa partition n’avait pas été publiée, et le succès du Barbier de Séville de Rossini (1816, année de la mort de Paisiello) éclipsa rapidement la gloire de l’opéra du même nom de Paisiello. En 2009, le 39e Festival Barocco di Viterbo commanda l’œuvre, dont les manuscrits conservés dans les archives du Théâtre Mariinsky furent restaurés dans une édition critique du musicologue Domenico Carboni. En 2019, le ténor Daniele De Prosperi a repris le rôle de Gelino au Festival Giovanni Paisiello de Tarente, ville natale du compositeur.

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