Note personnelle : ,

Paisiello, Giovanni — La Serva Padrona (1781)

Format :

  • Intermezzo (commedia per musica) en deux parties.
  • Musique : Giovanni Paisiello (1740-1816).
  • Livret : Gennaro Antonio Federico, d’après une pièce de Jacopo Angello Nelli (le même texte que celui mis en musique par Pergolesi en 1733).
  • Langue : italien.

Création :

30 août 1781, palais de Catherine, Tsarskoe Selo (Russie).
Après la mort du librettiste Marco Coltellini (11 novembre 1777), l’équipe chargée des représentations d’opéras italiens à la cour de Catherine II avait perdu une ressource précieuse pour la confection de nouveaux livrets. Privé de poète collaborateur et pressé par la nécessité de composer des spectacles bouffes de durée contenue pour la tsarine, Paisiello choisit, à l’été 1781, de mettre en musique le texte de La serva padrona pour la scène de la résidence de Tsarskoe Selo. Les premiers interprètes furent Anna Davia de’ Bernucci (Serpina) et Baldassarre Marchetti (Uberto) ; l’orchestre comprenait deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes et les cordes.

Livret :

Le livret de Gennaro Antonio Federico, créé pour Pergolesi (1733, Teatro San Bartolomeo de Naples), avait suscité en 1752 à Paris la Querelle des Bouffons. Le reprendre pour la cour russe était un choix à la fois pratique et symbolique, selon le livret de l’enregistrement de 2020. Paisiello y apporte des modifications : Serpina reçoit une nouvelle aria, « Donne vaghe i studi nostri », tirée des Virtuose ridicole de Goldoni (1752), et deux nouveaux duos (aux paroles anonymes) sont ajoutés. Uberto, de son côté, dispose d’un monologue en récitatif accompagné aux accents presque tragiques.

Intrigue :

  • Première partie : Uberto, un vieux noble, a élevé sa servante Serpina comme une fille et, sans vouloir l’admettre, il est attiré par elle. Consciente de son pouvoir de séduction, Serpina cherche à le convaincre de l’épouser.
  • Seconde partie : Devant le refus d’Uberto, Serpina feint de vouloir quitter la maison et passe à la ruse, avec la complicité du valet Vespone, rôle muet qui se fait passer pour le violent Capitaine Tempesta, son fiancé. Celui-ci exige d’Uberto une forte dot ou qu’il épouse lui-même Serpina. Le pauvre maître préfère cette seconde solution, qui donne à la servante le plein pouvoir sur la maison.

Enregistrement(s) :

Paolo Vaglieri — 1991

Format : CD (DDD), durée totale 57’54.
Label : Nuova Era.
Référence : 7043.
Année d’enregistrement : 1991 (copyright ℗ 1991) ; date et lieu précis non indiqués sur la pochette.
Distribution :

  • Serpina : Anne Victoria Banks
  • Uberto : Gian Luca Ricci

Direction : Paolo Vaglieri.
Orchestre : Orchestra da Camera di Milano.
Langue : italien.

Particularité :

Enregistrement à deux chanteurs, sans le rôle muet de Vespone, sur instruments modernes. Aucune critique détaillée n’a été trouvée dans les sources consultées.

Sabino Manzo — 2020

Format : CD, enregistrement live, durée totale 68’39 », livret avec texte et biographies.
Label : Bongiovanni (Giovanni Paisiello Festival).
Année d’enregistrement : 19 avril 2018, Teatro Orfeo, Tarente (enregistrement live ; publié en 2020).
Distribution :

  • Uberto, un vieux noble : Giuseppe Naviglio, basse
  • Serpina, sa servante : Valeria La Grotta, soprano
  • Vespone, son valet : Gabriele Salonne, rôle muet (mime)

Direction : Sabino Manzo, à la direction et au clavecin ; mise en scène, costumes et régie : Chicco Passaro.
Orchestre : Orchestra Barocca Santa Teresa dei Maschi, sur instruments historiques (diapason 415 Hz).
Langue : italien.

Particularité :

Le livret présente cet enregistrement comme la première intégrale sur instruments d’époque, établie à partir d’une édition critique inédite et sans aucune coupure dans les récitatifs ni dans les pièces fermées. Aucune critique détaillée n’a été trouvée dans les sources consultées.

Postérité :

La version de Paisiello, plus ample que l’intermezzo de Pergolesi (elle dure environ un tiers de plus selon un critique de MusicWeb International). Selon le livret de l’enregistrement de 2020, Paisiello rapproche l’intermezzo de la dramaturgie de l’opéra bouffe et y ajoute des tons plus sentimentaux, dans le goût de La buona figliuola de Goldoni et Piccinni (1760). Elle a par la suite été enregistrée sur instruments modernes (1991) puis d’époque (2018-2020).

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