Format :
- Dramma eroicomico (dramma giocoso) en 2 actes.
- Musique : Giovanni Paisiello.
- Livret : Giovanni Battista Casti, d’après le séjour supposé à Venise de Theodor Stephan von Neuhoff, aventurier allemand brièvement proclamé roi de Corse en 1736.
- Langue : Italien.
Création :
23 août 1784, au Burgtheater de Vienne.
Paisiello revient de Russie, où il a servi Catherine II pendant huit ans, et passe par Vienne sur invitation de l’empereur Joseph II, qui lui commande un opéra pour le Burgtheater. Le compositeur a quarante-quatre ans et il est alors l’un des maîtres incontestés de l’opéra bouffe ; Casti, poète de cour réputé pour son esprit satirique, lui fournit un livret où la comédie se mêle à une mélancolie inattendue. L’ouvrage eut un grand succès et circula largement : repris à Parme (carnaval 1788), puis à Paris (Le Roi Théodore à Venise, 1786 et 1787).
Livret :
Casti situe l’action à Venise en 1741, dans l’auberge de Taddeo, où séjourne incognito, sous le nom de comte Alberto, Théodore Ier, roi déchu de Corse, accompagné de son ministre Gafforio. Le personnage historique, Theodor von Neuhoff, était mort pauvre à Londres en 1756 ; la comédie en fait le héros d’un « drame héroï-comique » où la déchéance des grands, traitée avec humour, ne manque pas de gravité : un roi sans royaume, un sultan détrôné (Acmet III, alias Niceforo) et une aventurière (Belisa, sœur de Théodore) se retrouvent dans la même auberge vénitienne, à l’heure du carnaval. Le texte a inspiré plus tard à Hans Werner Henze une version nouvelle (Montepulciano, 1992), dont l’orchestration et les récitatifs sont de lui.
Intrigue :
- Acte I : Théodore, roi de Corse, vit caché à Venise sous le nom de comte Alberto, avec son ministre Gafforio, à l’auberge de Taddeo et de sa fille Lisetta. Criblé de dettes, il tombe amoureux de Lisetta, pourtant promise au marchand Sandrino ; Gafforio le pousse à lui faire la cour, afin que les revenus de l’auberge permettent d’éponger ses dettes. Lisetta, croyant Sandrino infidèle, accepte d’épouser le roi.
- Acte II : La situation se défait : Belisa reconnaît en Théodore son frère, et le sultan déchu Acmet reconnaît en lui le roi de Corse. Théodore est arrêté pour dettes, Lisetta se réconcilie avec Sandrino, et tous viennent visiter le roi emprisonné pour tirer la morale de l’aventure.
Enregistrement(s)

Renato Fasano — 1962
Format : CD (2 disques, 2 h 11)
Label : Andromeda
Référence : ANDRCD 5153 (réédition numérique de 2013)
Année d’enregistrement : avril 1962 (reprise moderne de l’ouvrage, donnée à Rome en 1962)
Distribution :
- Teodoro, roi de Corse : Sesto Bruscantini, baryton
- Lisetta : Cecilia Fusco, soprano
- Belisa : Rukmini Sukmawati, soprano
- Sandrino : Nicola Monti, ténor
- Taddeo : Paolo Pedani, basse
- Acmet III : Mario Basiola jr, basse
- Gafforio : Florindo Andreolli, ténor
- Messer Grande : Angelo Nosotti, basse
Direction : Renato Fasano
Orchestre : I Virtuosi di Roma
Langue : Italien
Particularité :
Document de la première reprise moderne de l’ouvrage, donnée à Rome en 1962 avec Sesto Bruscantini dans le rôle-titre. Renato Fasano, fondateur des Virtuosi di Roma, y dirige un orchestre de chambre spécialiste du répertoire du XVIIIe siècle. Bruscantini, grand bouffe de l’après-guerre, y trouve un rôle à sa mesure et Nicola Monti, ténor léger de la même génération, un Sandrino élégant. Cette réédition numérique, commercialisée en 2013, est présentée par l’éditeur comme l’unique enregistrement alors disponible de l’ouvrage (une captation de La Fenice, dirigée par Isaac Karabtchevsky, date de 1998).
Postérité :
Grand succès à Vienne, puis à travers l’Europe, Il re Teodoro in Venezia compte parmi les ouvrages les plus célèbres de Paisiello : un air de l’œuvre cite une phrase que Wolfgang Ruf et Daniel Heartz rapprochent des Nozze di Figaro de Mozart. Après un long oubli, l’ouvrage reparaît à Rome en 1962 ; Hans Werner Henze en propose une version remaniée (orchestration et récitatifs nouveaux), créée à Montepulciano le 16 juillet 1992 dans une mise en scène de Lorenzo Mariani, et l’ouvrage est repris à La Fenice en 1998 sous la direction d’Isaac Karabtchevsky.

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