Format :
- Opéra comique et fantastique (« komisch-phantastische Oper ») en trois actes, avec dialogues parlés (Singspiel).
- Musique : Otto Nicolai (1810-1849).
- Livret : Salomon Hermann Mosenthal, d’après Les Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare.
- Langue : allemand.
Création :
9 mars 1849, Opéra royal (Königliche Hofoper), Berlin, sous la direction du compositeur.
Nicolai, d’abord auteur d’opéras italiens, signe ici son chef-d’œuvre, son dernier ouvrage : il meurt le 11 mai 1849, deux mois à peine après la création, sans avoir connu le triomphe que l’œuvre allait remporter sur les scènes allemandes. Le succès ne s’est vraiment installé qu’après sa mort.
Livret :
Mosenthal adapte la comédie de Shakespeare en un livret alerte, plus lyrique et plus sentimental que l’original : les épouses se jouent de Falstaff, tandis que la jeune Anna et Fenton voient leur amour triompher des prétendants que lui destinent ses parents. Le même sujet inspirera plus tard le Falstaff de Verdi (1893).
Intrigue :
- Acte I : Frau Fluth et Frau Reich reçoivent du chevalier désargenté Sir John Falstaff deux lettres d’amour identiques et décident de lui faire payer cette insolence. Pendant ce temps, Anna Reich, la fille de Frau Reich, est poursuivie par trois prétendants, mais n’aime que le pauvre Fenton.
- Acte II : Les deux épouses orchestrent l’humiliation de Falstaff : lors d’un faux rendez-vous chez Frau Fluth, il doit se cacher dans un panier de linge sale et est jeté à l’eau, puis il est déguisé en vieille femme et chassé à coups de bâton. Herr Fluth, jaloux, a de plus en plus de soupçons.
- Acte III : Dans la forêt nocturne de Windsor, lors d’un bal masqué, Falstaff, déguisé en chasseur noir, est assailli par de prétendus esprits et lutins qui le tourmentent. Anna et Fenton, qui se marient en secret, obtiennent la réconciliation générale.
Enregistrement(s) :

Altmann — 1949
Format : 2 CD (avec, en complément, des extraits du Falstaff de Verdi, Vienne, 1941, dirigés par Clemens Krauss)
Label : Gala (sous licence Intermusic ; première publication Melodram MEL 413)
Référence : GL 100.718
Année d’enregistrement : 1949, Munich (radio)
Distribution :
- Sir John Falstaff : Georg Hann, basse
- Herr Fluth : Gerhard Misske, baryton
- Herr Reich : Benno Kusche, baryton-basse
- Fenton : Josef Traxel, ténor
- Dr. Cajus : Karl Mösch, basse
- Frau Fluth : Clara Ebers, soprano
- Frau Reich : Gisa Nerz, mezzo-soprano
- Junker Spärlich : Paul Kuen, ténor
- Jungfer Anna Reich : Maria Mühlenbeck, soprano
Direction : Hans Altmann
Orchestre : Orchester des Bayerischen Rundfunks
Chœur : Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : allemand
Particularité :
Témoignage radiophonique de l’après-guerre, dans la grande tradition allemande, avec le Falstaff de Georg Hann, le Fenton de Josef Traxel et le Herr Reich de Benno Kusche. Le son, d’origine radiophonique, est d’époque. En complément, le disque offre des extraits du Falstaff de Verdi (Vienne, 1941) avec le même Hann, aux côtés de Karl Kronenberg, Esther Réthy, Adèle Kern, Anton Dermota, Josef Witt, Melanie Bugarinovic, Elena Nikolaidi, William Wernigk et Marjan Rus, sous la direction de Clemens Krauss.

Heger — 1963
Format : 3 LP à l’origine (Odeon), repris en CD
Label : EMI (Odeon)
Référence : CMS 7 69348 2 (LP : Odeon E 91 265-267)
Année d’enregistrement : 1963, Munich
Distribution :
- Sir John Falstaff : Gottlob Frick, basse
- Herr Fluth : Ernst Gutstein, baryton
- Herr Reich : Keith Engen, basse
- Fenton : Fritz Wunderlich, ténor
- Dr. Cajus : Carl Hoppe, basse
- Frau Fluth : Ruth-Margaret Pütz, soprano
- Frau Reich : Gisela Litz, mezzo-soprano
- Junker Spärlich : Friedrich Lenz, ténor
- Jungfer Anna Reich : Edith Mathis, soprano
Direction : Robert Heger
Orchestre : Bayerisches Staatsorchester
Chœur : Chor der Bayerischen Staatsoper München
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement de studio de référence, mené par Robert Heger à la tête de l’orchestre et du chœur de l’Opéra d’État de Bavière. Gottlob Frick campe un Falstaff à la grande basse profonde, tandis que le jeune Fritz Wunderlich est un Fenton idéal, et Edith Mathis, très jeune, une Anna Reich fraîche et lumineuse. Le plateau réunit ainsi quelques-uns des meilleurs chanteurs de la tradition allemande des années 1960.
Postérité :
Après la mort de Nicolai, Die lustigen Weiber von Windsor s’est imposé comme l’un des piliers du répertoire comique allemand, repris régulièrement dans les théâtres de langue allemande. Son ouverture, en particulier, est devenue l’un des morceaux de concert les plus célèbres du XIXᵉ siècle. Face au Falstaff de Verdi, plus tardif, l’œuvre de Nicolai reste la version « allemande » de la comédie shakespearienne, plus lyrique et plus bonhomme.

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