Note personnelle : ,

Moussorgski, Modest — La Foire de Sorotchintsy (1913)

Format :

  • Opéra comique en trois actes (inachevé).
  • Musique : Modest Moussorgski (1839-1881), complétée selon les éditions par César Cui, Nikolaï Tcherepnine ou Vissarion Chebaline.
  • Livret : Modest Moussorgski, d’après la nouvelle de Nicolas Gogol (1832).
  • Langue : russe (l’enregistrement de 1955 est chanté en slovène).

Création :

1913, Moscou, Théâtre libre (première mise en scène de l’ouvrage inachevé).
Moussorgski travaille à l’œuvre entre 1874 et 1880 mais meurt en 1881 en la laissant à l’état d’esquisses, certaines parties du scénario n’ayant même jamais été mises en musique. Plusieurs compositeurs la complètent : la version de César Cui est créée à Petrograd le 13 octobre 1917, celle de Nikolaï Tcherepnine à Monte-Carlo en 1923, et celle de Vissarion Chebaline, créée à Léningrad en 1931, est devenue la version de référence. L’ouvrage reprend du matériau d’œuvres antérieures de Moussorgski, comme une scène de marché de Mlada, et intègre, sous forme de vision onirique de Gritsko, la célèbre Nuit sur le mont Chauve.

Livret :

Moussorgski rédige lui-même son livret à partir de la nouvelle de Gogol, tirée des Veillées du hameau près de Dikanka, en conservant le ton populaire et la verve comique de l’original ukrainien. Le sujet, mêlant intrigue sentimentale, légende diabolique de la veste rouge et couleur locale ukrainienne, tranche avec le ton des grandes fresques historiques du compositeur.

Intrigue :

  • Acte I : À la foire de Sorotchintsy, en Ukraine, le paysan Tcherevik est venu vendre son blé avec sa fille Parassia. Le jeune Gritsko s’éprend de Parassia ; avec l’aide d’un Tzigane, il obtient la main de la jeune fille, malgré l’opposition de Khivria, la seconde épouse de Tcherevik, acariâtre. La rumeur court que la foire est hantée par le diable, qui cherche une veste rouge perdue.
  • Acte II : Dans la maison du compère de Tcherevik, la querelle conjugale reprend : Khivria reçoit en cachette Afanassi Ivanovitch, le fils du pope, et la maison est troublée par des apparitions et la légende de la veste rouge.
  • Acte III : Dans une scène onirique, Gritsko, endormi, assiste au sabbat (Nuit sur le mont Chauve) où règnent Tchernobog et les esprits maléfiques. Au dénouement, tout s’arrange : Gritsko obtient Parassia et la foire s’achève par un gopak endiablé.

Enregistrement :

Hubad — 1955

Format : Enregistrement de studio (2 LP à l’origine, réédité en CD).
Label : Philips (LP, 1957) ; réédition Pristine Audio.
Référence : ABL 3148-3149 (2 LP) ; PACO053 (CD Pristine)
Année d’enregistrement : 27 novembre 1955, Ljubljana.
Distribution :

  • Tcherevik : Latko Korošec, basse
  • Khivria : Bogdana Stritar, mezzo-soprano
  • Parassia : Vilma Bukovec, soprano
  • Gritsko : Miro Branjnik, ténor
  • Le Compère (Kum) : Friderik Lupša, basse
  • Afanassi Ivanovitch : Slavko Štrukelj, ténor
  • Le Tzigane : Andrej Andrejev, basse
  • Tchernobog : Samo Smerkolj, basse

Direction : Samo Hubad
Orchestre : Orchestre et chœurs de l’Opéra national slovène (Ljubljana)
Langue : slovène

Particularité :

Premier enregistrement mondial complet de l’ouvrage, dans l’édition de Pavel Lamm complétée par Chebaline (version de 1931). Sous la direction de Samo Hubad, la troupe slovène offre une lecture vibrante, à la ferveur très communicative du chœur, même si la direction suit parfois la lettre plutôt que l’esprit. La Nuit sur le mont Chauve y apparaît dans sa version chorale et orchestrale de la vision de Gritsko, et non comme pièce de concert. La Khivria de Bogdana Stritar y tient le rôle le plus développé, presque une scène d’air.

Postérité :

Jamais entrée dans le répertoire courant en dehors de la Russie, La Foire de Sorotchintsy reste surtout connue par son introduction orchestrale, son gopak final et la Nuit sur le mont Chauve, que Moussorgski y a réutilisée avant la célèbre version orchestrée par Rimski-Korsakov. De nombreux compositeurs ont arrangé ses pages les plus populaires pour d’autres formations. Les éditions de Cui, de Tcherepnine et surtout de Chebaline ont permis à l’ouvrage inachevé de trouver le chemin de la scène, où ses costumes colorés et sa verve comique se révèlent plus convaincants qu’au disque.

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