Note personnelle : ,

Mondonville, Jean-Joseph Cassanéa de — Le Carnaval du Parnasse (1749)

Format :

  • Ballet héroïque en un prologue et trois actes.
  • Musique : Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville.
  • Livret : Louis Fuzelier (1674-1752), dont c’est le dernier livret.
  • Langue : français.

Création :

23 septembre 1749, Académie royale de musique (Opéra de Paris).
Deuxième œuvre lyrique de Mondonville après la pastorale héroïque Isbé (1742), Le Carnaval du Parnasse est son plus grand succès à l’Opéra : premier ouvrage de la nouvelle administration, reprise par la Ville de Paris, il connaît au moins trente-cinq représentations en deux mois, puis une reprise dès le 15 janvier 1750. Il éclipse le Zoroastre de Rameau, créé le 2 décembre 1749, et nourrit la rivalité entre les deux compositeurs. La partition est dédiée à la marquise de Pompadour, favorite de Louis XV.

Livret :

Louis Fuzelier, qui passe pour avoir « inventé » le genre du ballet héroïque en 1723 avec Les Fêtes grecques et romaines (musique de Colin de Blamont) et qui écrivit le poème des Indes galantes de Rameau, adopte ici un ton volontairement léger, faisant la part belle au spectacle, aux airs, aux chœurs et aux danses. L’auteur affirme dans son avertissement que le badinage doit régner seul pendant les jours du Carnaval. Momus, dieu de la raillerie, et Thalie, muse de la comédie, sont les garants d’une verve humoristique, tandis qu’Apollon déguisé en berger incarne le ton pastoral et que le travestissement ressort comique fréquent au XVIIIe siècle. Dans le prologue, deux chanteuses, Florine et Clarice, opposent le brillant au tendre, soit, selon le Mercure de France, le goût italien et le goût français.

Intrigue :

  • Prologue : Clarice se réjouit du retour du printemps et de la fête qui se prépare. Elle dispute avec Florine des vertus du chant virtuose, que celle-ci illustre par un air italien, en réponse aux mélodies tendres de Clarice. Dorante prétend les mettre d’accord en annonçant un ouvrage qui conciliera les deux caractères. Une troupe de bergers conclut le prologue par ses chants et ses danses.
  • Acte I : Sur le Parnasse, près de la fontaine d’Hippocrène, Momus raille Apollon, vêtu en berger, qui s’apprête à ordonner des jeux où les Muses feront entendre leurs chants. Momus avoue son penchant pour Thalie et évoque celui d’Apollon pour Licoris. Thalie, informée des sentiments de Momus, le dissuade de l’aimer et préfère l’inviter à la fête.
  • Acte II : Au bord du fleuve Permesse, dans un bois de lauriers, Licoris, informée de l’amour que lui porte son berger, se vante de pouvoir lui résister. Momus lui vante la supériorité de son rire sur la puissance des autres dieux. Apollon lui succède, se plaint de son indifférence puis cherche à la charmer par des chants à l’honneur de Jupiter, Bacchus et Diane. Licoris le quitte. Momus reparaît, précédant Euterpe et sa suite, qui portent en triomphe le dieu d’amour, et une fête commence en son honneur.
  • Acte III : Dans un jardin, Momus rencontre à nouveau Thalie ; tous deux sont masqués et habillés en bergers. Momus déclare sa flamme à celle qu’il croit n’être qu’une simple bergère, et Thalie lui répond favorablement après avoir timidement résisté. Persuadés l’un et l’autre d’avoir séduit un inconnu, ils enlèvent leurs masques et se reconnaissent en riant. Licoris s’imagine être en présence d’Apollon, qu’elle prend toujours pour un berger, et lui exprime son dépit amoureux ; le retour de Momus met fin au malentendu, Licoris et Apollon chantent leur amour mutuel. Les deux couples sont formés, et Terpsichore, escortée du Temps, des Saisons et des quatre Âges, conclut le spectacle.

Enregistrement(s) :

Mondonville, Le Carnaval du Parnasse — Kossenko, Château de Versailles Spectacles

Alexis Kossenko — 2024

Format : 2 CD (durée totale 2 h 07 min 54 s), livre-disque
Label : Château de Versailles Spectacles (collection « Opéra français », n° 22)
Référence : collection Opéra français n° 22
Année d’enregistrement : mars 2023, Namur (Belgique) ; publié en 2024.
Distribution :

  • Florine, Thalie : Gwendoline Blondeel, soprano
  • Licoris : Hélène Guilmette, soprano
  • Clarice, Euterpe, une Suivante de Terpsichore, une Vieille : Hasnaa Bennani, soprano
  • Un Berger, Apollon : Mathias Vidal, haute-contre
  • Momus : David Witczak, baryton
  • Dorante, un Suivant d’Euterpe, un Suivant de Terpsichore : Adrien Fournaison, baryton

Direction : Alexis Kossenko
Orchestre : Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie (violon solo : Stefano Rossi ; clavecin : Yoann Moulin) ; Chœur de Chambre de Namur (préparation artistique : Thibaut Lenaerts)
Langue : français

Particularité :

Première mondiale au disque, en coproduction avec le Centre de musique baroque de Versailles, sur une partition éditée par Alexis Kossenko et le CMBV. Flûtiste et chef, Kossenko, nommé directeur musical de La Grande Écurie et la Chambre du Roy, y met en valeur l’orchestration originale de Mondonville, notamment ses emplois de flûtes, hautbois et bassons seuls ou combinés, ainsi que les nombreuses danses (menuets, tambourins, contredanses, chaconne) qui rythment l’œuvre. Le rôle de Licoris aurait pu être tenu par Mme de Pompadour elle-même, d’après le livret du disque.

Postérité :

Seule œuvre de Mondonville à connaître trois reprises à l’Opéra, Le Carnaval du Parnasse a été remis à la scène en 1759, en 1767 et en 1774, survivant même à son auteur (mort en 1772). La dernière reprise a lieu en juin 1774, entre les créations d’Iphigénie en Aulide et d’Orphée et Eurydice de Gluck, et le Mercure de France y trouve encore de quoi charmer les amateurs de musique douce et agréable. Il faut ensuite attendre 2023, presque 250 ans plus tard, pour que l’œuvre soit de nouveau jouée.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *