Note personnelle : ,

Meyerbeer, Giacomo — Emma di Resburgo (1819)

Format :

  • Melodramma eroico en deux actes.
  • Musique : Giacomo Meyerbeer (1791-1864).
  • Livret : Gaetano Rossi.
  • Langue : italien.

Création :

26 juin 1819, Teatro San Benedetto, Venise (sous la direction de Meyerbeer lui-même).
Sixième opéra de Meyerbeer et troisième écrit pour une scène italienne. Rosa Morandi chantait Emma, Carolina Cortesi Edemondo, Eliodoro Bianchi Norcesto, Luciano Bianchi Olfredo, Vincenzo Fracalini Donaldo et Cecilia Gaddi Etelia. Le public vénitien fit un accueil enthousiaste à l’ouvrage, donné ensuite 73 fois de plus, et salua le talent d’un compositeur allemand écrivant dans un style parfaitement italien.

Livret :

Gaetano Rossi reprend une intrigue déjà traitée par Étienne Méhul (Héléna, Paris, 1803) et par Simon Mayr (Elena, Naples, 1814). Il déplace l’action de Provence en Écosse, profitant de la vogue des romans de Walter Scott.

Intrigue :

  • Acte I : Dans la campagne près du château de Tura, Olfredo, sa fille Etelia et les bergers célèbrent leur vie paisible. Norcesto, comte de Lanark, arrive ; un héraut proclame qu’Edemondo, accusé d’avoir assassiné son père, ne peut recevoir l’asile. Olfredo doute de sa culpabilité. Un barde, en réalité Emma déguisée, cherche son fils Elvino, qu’Olfredo abrite en secret ; Edemondo revient sous l’habit d’un berger et retrouve Emma et Olfredo. Lors d’une fête dans la grande salle de Tura, Norcesto remarque la ressemblance de l’enfant avec Edemondo et le fait saisir ; Emma se dévoile et est arrêtée, tandis qu’Edemondo est maîtrisé alors qu’il tente de défendre les siens.
  • Acte II : À Glasgow, Norcesto fait comparaître Emma, qui refuse de révéler où se cache Edemondo. La foule envahit le palais en réclamant justice ; Edemondo proclame son innocence mais le peuple exige sa mort. Au tribunal, il est condamné à être exécuté sur la tombe de son père ; Emma accuse publiquement Norcesto du meurtre, qui nie et signe l’ordre. Dans le cachot, Olfredo et Etelia sentent que Norcesto est tourmenté par un secret. Au cimetière, à l’aube, Emma pleure sur le tombeau des Lanark tandis qu’Edemondo est conduit au billot ; Norcesto, rongé par le remords, révèle une confession in extremis montrant que son propre père est le meurtrier. Edemondo est innocenté, retrouve son titre et sa famille.

Enregistrement :

Andreas Stoehr — 2015

Format : 2 CD
Label : Newplay Entertainment
Référence : NE003
Année d’enregistrement : enregistrement public (concert) au Wiener Konzerthaus, Vienne, en 2010 ; édition commerciale parue vers 2015.
Distribution :

  • Emma : Simone Kermes, soprano
  • Edemondo : Vivica Genaux, alto (mezzo-soprano)
  • Etelia : Lena Belkina, soprano
  • Norcesto : Thomas Walker, ténor
  • Olfredo : Manfred Hemm, basse
  • Donaldo : Martin Vanberg, ténor

Direction : Andreas Stoehr
Orchestre : moderntimes_1800 (orchestre de chambre sur instruments d’époque) ; chœur : Wiener Singakademie
Langue : italien

Particularité :

Ce live viennois fait revivre l’ouvrage, redécouvert à l’occasion d’un concert au Konzerthaus en 2010 après une longue éclipse. La critique salue l’engagement de Simone Kermes et Vivica Genaux, face aux exigences virtuoses de Meyerbeer, ainsi que celui de Thomas Walker et Manfred Hemm ; elle relève en revanche une intonation parfois inégale de l’orchestre, compensée par l’élan du chef. On regrette un livret de présentation en anglais seulement et un découpage des plages peu détaillé.

Postérité :

Premier opéra de Meyerbeer à avoir été publié, Emma di Resburgo fut repris en traduction allemande à Dresde, Londres, Vienne, Munich, Berlin et dans d’autres centres européens dans les années qui suivirent. Plus sombre et plus dramatique que ses ouvrages précédents, il frappe par ses grandes scènes chorales (chœur des juges, marche funèbre) et par l’air final d’Emma, « Il dì cadrà ». L’œuvre resta ensuite oubliée jusqu’au concert viennois de 2010.

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