Format :
- Tragedia lirica en quatre actes.
- Musique : Saverio Mercadante (1795-1870).
- Livret : Marco D’Arienzo.
- Langue : italien.
Création :
12 février 1857, Teatro San Carlo, Naples.
Mercadante, directeur du conservatoire de Naples depuis 1840, compose là l’un de ses derniers opéras représentés, plusieurs années avant que la cécité ne l’oblige à dicter sa musique. La création réunit Filippo Coletti (Pelagio), Lodovico Graziani (Abdel-Aor), Fortunata Tedesco (Bianca), Marco Arati (Asan) et Michele Benedetti (Mendo de Quexada). L’ouvrage connaît un grand succès, puis des reprises, notamment à Milan et à Lisbonne.
Livret :
Marco D’Arienzo (1811-1877), librettiste napolitain, s’inspire de la figure du roi Pelagio (Pelayo), chef asturien dont la victoire sur les Maures à Covadonga (vers 722) marque le début de la Reconquista. Le sujet historique, patriotique et religieux, est ici entremêché d’une intrigue sentimentale : l’amour de la fille du roi pour un gouverneur maure. Le livret oppose ainsi le devoir du père, chef de guerre chrétien, à la passion de sa fille, ce qui offre à Mercadante de grandes scènes de confrontation (duo père-fille, trio, finale concerté).
Intrigue :
- Acte I : Dans les Asturies, près d’un palais maure, Bianca, fille du chef chrétien Pelagio que l’on croyait mort, épouse Abdel-Aor, gouverneur maure de Gijón, malgré les réticences de son entourage. Elle a été élevée par sa confidente Giralda.
- Acte II : Pelagio réapparaît et se fait reconnaître de sa fille. Apprenant son union avec un musulman, il la presse de renier son époux ; un grand duo oppose le père et la fille.
- Acte III : Le conflit s’aggrave : confrontation entre Pelagio, Abdel-Aor et Bianca dans un trio, suivi d’un finale concerté. Pelagio maudit sa fille.
- Acte IV : Bianca, en proie au désespoir, prie une dernière fois. Abdel-Aor, qui juge leur amour désormais impossible et la croit infidèle, la poignarde puis se jette d’un balcon, tandis que les chrétiens jurent vengeance.
Enregistrement :

Mariano Rivas — 2008
Format : 2 CD (enregistrement public, première mondiale au disque)
Label : Dynamic
Référence : CDS 636/1-2
Année d’enregistrement : août 2008, en direct, Palazzo Ducale, Martina Franca (Festival della Valle d’Itria).
Distribution :
- Pelagio : Costantino Finucci, baryton
- Abdel-Aor : Danilo Formaggia, ténor
- Bianca : Clara Polito, soprano
- Giralda : Paola Francesca Natale, contralto
- Asan : Vladimer Mebonia, basse
- Aliatar : Giovanni Coletta, basse
- Mendo de Quexada : Cristian Camilo Navarro Díaz, basse
- Un Gionese : Vincenzo Maria Sarinelli
Direction : Mariano Rivas
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; Bratislava Chamber Choir
Langue : italien
Particularité :
Seul enregistrement commercial de l’œuvre, capté lors de la reprise moderne donnée au festival de Martina Franca, haut lieu de la redécouverte des opéras rares. Le baryton Costantino Finucci et la soprano Clara Polito sont salués comme solides ; le ténor Danilo Formaggia reçoit en revanche un accueil plus réservé (stridence, justesse), et le chœur est jugé approximatif. Le rôle d’Asan, annoncé pour Stefano Olcese, a finalement été chanté par Vladimer Mebonia.
Postérité :
Après son succès napolitain et ses reprises à Milan et Lisbonne, Pelagio tombe dans l’oubli avec le reste de l’œuvre tardive de Mercadante. Sa redécouverte au festival de Martina Franca, documentée par l’enregistrement de 2008, permet d’apprécier une partition ancrée dans la tradition du bel canto, mais déjà marquée par l’influence de Verdi.

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