Note personnelle : ,

Mercadante, Saverio — Il giuramento (1837)

Format :

  • Melodramma en trois actes.
  • Musique : Saverio Mercadante (1795-1870).
  • Livret : Gaetano Rossi, d’après le drame Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo (1835).
  • Langue : italien.

Création :

11 mars 1837, Teatro alla Scala, Milan.
Mercadante a alors une quarantaine d’années. Après avoir connu la fin de la grande époque rossinienne, séjourné en Espagne et au Portugal puis à Paris, il est maître de chapelle à Novare et s’engage dans une réforme du mélodrame italien : plus de continuité dramatique, moins de cabalettes de pure virtuosité, un orchestre et des ensembles plus travaillés, une plus grande attention au drame. Il giuramento est la première et la plus célèbre des « opéras de la réforme » (suivront Elena da Feltre, Il bravo, La vestale, Orazi e Curiazi). La création est dirigée par Eugenio Cavallini avec Sofia Dall’Oca-Schoberlechner (Elaisa), Marietta Brambilla (Bianca), Francesco Pedrazzi (Viscardo) et Giovanni Orazio Cartagenova (Manfredo). L’œuvre est un succès, le premier véritable triomphe international du compositeur.

Livret :

Gaetano Rossi, librettiste prolifique (Rossini, Donizetti, Meyerbeer…), adapte le drame romantique de Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue, créé à la Comédie-Française en 1835. L’action est transposée à Syracuse au XIVe siècle, et les personnages sont rebaptisés : Manfredo (le tyran), Bianca (son épouse), Elaisa (la comédienne amoureuse), Viscardo (l’amant de Bianca) et Brunoro (l’espion). Le « serment » du titre est celui qui lie Elaisa à la famille de Bianca, sa bienfaitrice, et qui la conduira au sacrifice. Les rôles principaux sont écrits pour quatre voix très contrastées : un baryton noble et cruel, un ténor lyrique, une soprano dramatique et un contralto.

Intrigue :

  • Acte I : À Syracuse, Bianca, épouse malgré elle du comte Manfredo, aime en secret le chevalier Viscardo, qui est aussi aimé d’Elaisa. Lorsque Viscardo et Elaisa arrivent, le courtisan Brunoro, ancien prétendant de Bianca, révèle l’identité de l’amant de Bianca et cherche à exciter la jalousie d’Elaisa et à dénoncer les amants à Manfredo. Elaisa découvre que Bianca est la fille de sa bienfaitrice et se souvient du serment qui la lie à cette famille.
  • Acte II : Soupçonnant sa femme d’infidélité, Manfredo, qui désire par ailleurs Elaisa, enferme Bianca dans le tombeau familial et lui destine un poison. Elaisa, fidèle à son serment, substitue au poison un puissant narcotique qui plongera Bianca dans un sommeil semblable à la mort.
  • Acte III : Viscardo, persuadé qu’Elaisa a tué Bianca, la poignarde. Elaisa meurt en révélant son sacrifice, tandis que Bianca s’éveille de son sommeil artificiel, trop tard pour sauver sa rivale.

Enregistrements :

Maurizio Arena — 1975 (édition 1985)

Format : 2 CD (concert radiophonique)
Label : Rodolphe Productions (archives INA)
Référence : RPC 32417/18 (LP : RP 12416-12418)
Année d’enregistrement : 27 octobre 1975, Radio France, Paris (édition commerciale vers 1985).
Distribution :

  • Elaisa : Teresa Żylis-Gara, soprano
  • Bianca : Benedetta Pecchioli, contralto
  • Manfredo : Lajos Miller, baryton
  • Viscardo : Michele Molese, ténor
  • Brunoro : Bernard Plantey, ténor
  • Isaura : Claudy Tremblay, soprano

Direction : Maurizio Arena
Orchestre : Orchestre Lyrique et Chœurs de Radio-France
Langue : italien

Particularité :

Version de concert radiodiffusée, issue des archives de l’INA et publiée par Rodolphe, qui compte parmi les plus anciens témoignages de la redécouverte de l’œuvre après Spoleto (1970). La distribution réunit la soprano polonaise Teresa Żylis-Gara, connue pour ses rôles mozartiens, verdiens et puccinien, le baryton hongrois Lajos Miller et le ténor Michele Molese, déjà Viscardo à Spoleto en 1970.

Bruno Campanella — 1984

Format : 2 CD (enregistrement public)
Label : Fonit Cetra, réédité par Warner Fonit
Référence : Warner Fonit 3984 29177-2 (Fonit Cetra CDC 82 ; LP Cetra LMAD 3025) — durée totale 142’34
Année d’enregistrement : 25 juillet 1984, en direct dans la cour du Palazzo Ducale, Martina Franca (Festival della Valle d’Itria).
Distribution :

  • Elaisa : Jolanta Omilian, soprano
  • Bianca : Carmen Gonzales, contralto
  • Manfredo : Luigi De Corato, baryton
  • Viscardo : Piero Visconti, ténor
  • Brunoro : Giuseppe Fallisi, ténor
  • Isaura : Elisabetta Tandura, soprano

Direction : Bruno Campanella
Orchestre : Orchestra del Festival di Martina Franca ; New Cambridge Chorus (chef de chœur : Timothy Lole)
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une production du festival de Martina Franca, haut lieu de la redécouverte du répertoire belcantiste rare. C’est l’une des versions de référence du catalogue. Bruno Campanella, spécialiste du répertoire romantique italien, dirige une distribution italienne et polonaise, avec le chœur britannique New Cambridge Chorus, remercié dans le livret avec le British Council. L’enregistrement a été réédité en 1999 par Warner Fonit.

Giuliano Carella — 1993

Format : 2 CD (enregistrement public)
Label : Nuova Era
Référence : NE 7179/80
Année d’enregistrement : 1993, en direct, Angers-Nantes Opéra.
Distribution :

  • Elaisa : Giovanna De Liso, soprano
  • Bianca : Martine Olmeda, contralto
  • Manfredo : Marc Barrard, baryton
  • Viscardo : Giuseppe Morino, ténor
  • Brunoro : Pascal Aubert, ténor
  • Isaura : Elizabeth Procuranoff, soprano

Direction : Giuliano Carella
Orchestre : Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire ; Chœur de l’Opéra de Nantes
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une production française d’Angers-Nantes Opéra, avec une distribution majoritairement francophone et italienne. Elle est considérée par certains commentateurs comme la plus complète des versions disponibles, même si le ténor Giuseppe Morino a reçu un accueil plus réservé. Elle s’inscrit dans le contexte des reprises en France de ce répertoire par les maisons d’opéra régionales.

Postérité :

Après la création milanaise, Il giuramento connaît une diffusion européenne rapide : Vienne (1838), Londres (1840), New York (1848), Paris (1858). L’œuvre totalise environ quatre cents représentations avant 1900, puis disparaît presque complètement du répertoire. La redécouverte commence dans les années 1950 (radio italienne, 1952) et se poursuit avec Spoleto (1970, Thomas Schippers), Vienne (1979, Gerd Albrecht avec Plácido Domingo, Agnes Baltsa et Mara Zampieri), Martina Franca (1984), Angers-Nantes (1993), Wexford (2002) et Washington (2009). Elle reste l’un des meilleurs exemples du style de la maturité de Mercadante, charnière entre le bel canto et le premier Verdi.

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