Format
Dramma per musica en 3 actes.
Musique : Alessandro Melani.
Livretto : Giovanni Filippo Apolloni, d’après une adaptation théâtrale de Filippo Acciaiuoli du drame original El burlador de Sevilla y Convidado de piedra (1616) de Tirso de Molina.
Langue : Italien.
Création
17 février 1669 au Palazzo Colonna (Borgo), Rome[cite: 5, 6].
Commandé et financé par la famille Colonna, L’empio punito occupe une place historique majeure : il s’agit du tout premier opéra conservé inspiré du mythe de Don Juan (El burlador de Sevilla)[cite: 5, 6]. Conçu comme une « opera regia », le spectacle proposait une scénographie grandiose élaborée d’après les dessins du peintre français Pierre-Paul Sevin, comprenant 16 changements de scène, des machineries impressionnantes, 17 rôles solistes et plus de 60 figurants muets. Lors de sa création devant la reine Christine de Svezia et le collège cardinalice, l’œuvre a posé les bases de l’opéra romain du XVIIe siècle en mêlant noble tragédie et épisodes comiques issus de la commedia dell’arte.
Livret
Le livret déplace l’action espagnole traditionnelle (Séville ou Naples) dans un cadre pseudo-antique, à Pella, capitale du royaume de Macédoine[cite: 5, 6]. Contrairement aux pièces de théâtre ultérieures, l’action musicale est condensée autour de la cour du roi Atrace.
Intrigue
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Acte I : Le libertin Acrimante et son valet Bibi s’échouent sur les côtes de Macédoine après un naufrage. Acrimante y retrouve Atamira, la princesse qu’il a autrefois séduite et abandonnée. Bien qu’humiliée, Atamira continue de l’aimer. Pendant ce temps, Acrimante s’éprend de la princesse Ipomene (sœur du roi Atrace), qui est elle-même éprise du prince Cloridoro. Bibi tente de son côté de séduire Delfa, la nourrice d’Ipomene. À la fin de l’acte, Bibi emprunte le manteau de son maître pour un rendez-vous galant nocturne, provoquant une imbroglio majeure.
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Acte II : Croyant apercevoir Acrimante s’introduire de nuit dans les appartements d’Ipomene (alors qu’il s’agissait de Bibi déguisé), le roi Atrace condamne l’impie à morte. Pour sauver son amant sans révéler son jeu, Atamira demande au roi le privilège d’exécuter elle-même le traître ; elle substitue alors un puissant somnifère au poison[cite: 5, 6]. Endormi, Acrimante fait un songe infernal au cours duquel la déesse Proserpina tente en vain de le séduire. À son réveil, nullement amendé, Acrimante tente de s’imposer par la force à Ipomene[cite: 5, 6]. Le précepteur Tidemo s’interpose pour protéger la princesse : Acrimante le blesse mortellement lors d’un duel sauvage[cite: 5, 6].
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Acte III : Réfugiés dans un jardin, Acrimante et Bibi découvrent la statue funéraire de Tidemo[cite: 5, 6]. Par dérision et provocation cynique, Acrimante invite la statue à dîner[cite: 5, 6]. La statue de marbre accepte, s’anime et se présente au banquet offert par le libertin[cite: 5, 6]. Refusant de céder le repentir, Acrimante est englouti vivante dans les gouffres de l’Enfer par la statue, qui s’envole ensuite vers le Ciel[cite: 5, 6].
Fin de l’opéra
Dans la scène finale (Acte III, scène 20), libérés de la menace de l’impie, les trois couples se reforment et célèbrent leur union : Atrace épouse Atamira (qui a définitivement renoncé à Acrimante), Cloridoro retrouve Ipomene, et Bibi s’unit à la nourrice Delfa[cite: 5, 6]. L’opéra se conclut par un chœur moralisateur réaffirmant la justice divine : « Così punisce il Ciel, chi il Cielo offende ! » (« C’est ainsi que le Ciel punit celui qui l’offense ! »)[cite: 5, 6].
Enregistrement(s)

Carlo Ipata — 2019
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Format : CD (9 CD / coffret ou double CD selon édition) / Numérique
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Label : Glossa
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Référence : GCD 923528
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Année d’enregistrement : 12-13 octobre 2019, Teatro Verdi, Pise (Live)
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Distribution :
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Acrimante : Raffaele Pe
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Atamira : Raffaella Milanesi
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Ipomene : Roberta Invernizzi
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Bibi : Giorgio Celenza
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Delfa : Alberto Allegrezza
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Atrace : Lorenzo Barbieri
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Cloridoro / Pastorella : Federico Fiorio
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Proserpina / Pastorella : Benedetta Gaggioli
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Niceste / Capitano / Caronte / Demonio : Piersilvio De Santis
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Corimbo : Shaked Evron
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Tidemo / Telefo : Carlos Negrin Lopez
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Direction : Carlo Ipata
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Orchestre : Auser Musici
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Choeur : Membres de l’Accademia Barocca (Stallieri, Marinai, Demoni)
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Langue : Italien

Alessandro Quarta — 2019
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Format : CD (2 CD)
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Label : Dynamic
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Référence : CDS 7871 / 7871 (DDD)
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Année d’enregistrement : 2 octobre 2019, Teatro di Villa Torlonia, Rome (Live, Reate Festival)
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Distribution :
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Acrimante : Mauro Borgioni
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Atamira : Sabrina Cortese
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Ipomene : Michela Guarrera
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Cloridoro : Carlotta Colombo
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Atrace : Alessandro Ravasio
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Bibi : Giacomo Nanni
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Delfa : Alessio Tosi
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Tidemo : Riccardo Pisani
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Corimbo : Luca Cervoni
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Proserpina / Pastorella : Maria Elena Pepi
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Demonio : Guglielmo Buonsanti
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Direction : Alessandro Quarta
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Orchestre : Reate Festival Baroque Ensemble
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Langue : Italien
Postérité
Longtemps oubliée après la fin du XVIIe siècle, l’œuvre a bénéficié d’une redécouverte majeure en 2019 grâce aux travaux d’édition critique et aux productions scéniques créées à Pise et à Rome[cite: 5, 6]. La partition est admirée pour l’extraordinaire fluidité de son écriture expressive, alternant récitatifs dramatiques et arias strophiques, ainsi que pour ses duos pré-véristes d’une grande intensité affective (notamment le duo Se d’Amor la cruda sfinge de l’Acte II)[cite: 5, 6].

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