Note personnelle : ,

Mayr, Johann Simon — L’accademia di musica (1799)

Format :

  • Farsa en un acte.
  • Musique : Johann Simon (Giovanni Simone) Mayr (1763-1845).
  • Livret : Gaetano Rossi (1774-1855), d’après la pièce L’accademia di musica de Francesco Albergati Capacelli.
  • Langue : italien, avec des passages en dialecte vénitien (Annetta et Momoletto).

Création :

Automne 1799, Teatro San Samuele, Venise.
L’ouvrage est donné au moins à deux reprises, les 24 novembre et 1er décembre 1799, en complément d’une autre farsa, Gli opposti caratteri de Sebastiano Nasolini, qui avait ouvert la saison avec Il sarto di Milano de Vincenzo Fiocchi, mal accueilli et remplacé par l’œuvre de Mayr et Rossi. Mayr, qui compte alors au moins une douzaine d’œuvres à son actif, avait connu l’année précédente un succès immédiat avec Che originali!, déjà sur un livret de Rossi : L’accademia di musica est ainsi l’une des premières collaborations d’une série qui durera près de vingt ans.

Livret :

Rossi, qui n’a débuté qu’en 1797, adapte la comédie en deux actes de Francesco Albergati Capacelli (1728-1804), écrivain bolonais, vraisemblablement dans la version publiée en 1797 dans le recueil vénitien Il teatro moderno applaudito. Il reste très fidèle à l’intrigue et même au texte, réduit le rôle de Marfisa et supprime les morceaux chantés de la pièce. Œuvre hybride, entre comédie et « musical » avant la lettre, elle fait de la musique un ressort central, et relève de l’opéra méta-musical : une musique dans la musique, avec concert d’« académie » sur scène.

Intrigue :

  • Acte unique : Chez le riche baron Guglielmo, vieil homme qui se croit encore séducteur et rêve d’épouser sa servante Vespina, celle-ci aime Cecchino, un autre domestique jaloux. Valerio, le fils de Guglielmo, veut épouser la belle Vénitienne Annetta, contre la volonté de son père, qui ne la connaît pas. Annetta, accompagnée de son frère Momoletto, se présente à Guglielmo comme chanteuse pour l’amadouer ; séduit, il lui propose le mariage et lui promet par écrit de consentir à l’union de Valerio, à condition que la jeune fille lui plaise. Lors du concert (l’« académie ») donné chez Annetta, où Momoletto dirige l’orchestre et où l’on chante chansons vénitiennes et barcarolle, Valerio révèle que la condition est remplie : Guglielmo ne peut plus reculer. Surgit alors la vieille Marfisa, qu’il avait jadis séduite et abandonnée et à qui il doit une promesse de mariage : il s’agit en réalité de Cecchino déguisé (de Momoletto dans la production de Wildbad). Un double mariage est proclamé, Guglielmo pardonne et bénit également l’union de Vespina et Cecchino.

Enregistrement :

Nicola Pascoli — 2022

Format : 1 CD (environ 75 min) ; enregistrement live, première mondiale au disque.
Label : Naxos (coproduction avec SWR, festival Rossini in Wildbad)
Référence : 8.660511 (sortie le 14 octobre 2022)
Année d’enregistrement : 20 et 26 juillet 2019, Königliches Kurtheater, Bad Wildbad (Allemagne).
Distribution :

  • Guglielmo : Filippo Morace, basse-baryton
  • Valerio : César Cortés, ténor
  • Annetta : Eleonora Bellocci, soprano
  • Cecchino : Ricardo Seguel, baryton
  • Vespina : Maria del Mar Humanes, soprano
  • Momoletto / Marfisa : Filippo Pina Castiglioni, ténor
  • Fortepiano : Andrés Jesús Gallucci

Direction : Nicola Pascoli
Orchestre : Passionart Orchestra (Cracovie ; direction : Janusz Wierzgacz)
Langue : italien (dialecte vénitien)

Particularité :

Captation de la production du festival Rossini in Wildbad, dont le Passionart Orchestra est l’orchestre en résidence depuis 2019, sur la base de l’édition d’après l’autographe d’Anders Wiklund réalisée pour le festival en 2003. La critique (Il giardino di Armida) a apprécié la voix agile et la présence scénique pétillante de Maria del Mar Humanes, le métier d’acteur et la solide préparation technique de Filippo Morace, ainsi que le Cecchino impressionnant de Ricardo Seguel. Les notes du livret soulignent aussi une partition qui rappelle les traditions du XVIIIe siècle tout en annonçant Rossini : onomatopées du quatuor, air de Momoletto fait de simples termes musicaux, finale à vaudeville.

Postérité :

Avec ses airs confiés à presque tous les personnages et ses pages méta-théâtrales, cette farsa éclaire les racines musicales du jeune Rossini, qui ne fera ses débuts à la scène qu’une dizaine d’années plus tard. Le personnage de Guglielmo annonce le Ser Marcantonio de Pavesi (Milan, 1810) et, plus loin, le Don Pasquale de Donizetti, élève de Mayr. L’enregistrement de Nicola Pascoli est la première gravure de l’ouvrage et vient compléter la longue série d’enregistrements de Mayr chez Naxos.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *