Note personnelle : ,

Mayr, Johann Simon — Ginevra di Scozia (1801)

Format :

  • Dramma eroico per musica en deux actes.
  • Musique : Johann Simon (Giovanni Simone) Mayr (1763-1845).
  • Livret : Gaetano Rossi, d’après Antonio Salvi, lui-même tiré de l’Orlando furioso de l’Arioste.
  • Langue : italien.

Création :

21 avril 1801, Regio Teatro Nuovo, Trieste.
L’ouvrage est donné pour l’inauguration du théâtre. Mayr, alors âgé de 37 ans, dispose d’une distribution prestigieuse : Teresa Bertinotti dans le rôle de Ginevra et le célèbre castrat Luigi Marchesi dans celui d’Ariodante ; Giacomo David chante Polinesso.

Livret :

Gaetano Rossi, librettiste vénitien et collaborateur régulier de Mayr, adapte Ginevra, principessa di Scozia d’Antonio Salvi, lui-même inspiré des chants V et VI de l’Orlando furioso de Ludovico Ariosto (l’Arioste). Le sujet est pratiquement identique à celui de l’Ariodante de Haendel (1735), tiré de la même source : l’histoire de la princesse d’Écosse faussement accusée d’infidélité à la suite d’une machination.

Intrigue :

  • Acte I : À Sant’Andrea, capitale du royaume d’Écosse, l’armée écossaise est en difficulté dans la guerre contre l’Irlande. Lurcanio annonce l’arrivée d’Ariodante, son frère, sur le champ de bataille. Le roi demande à sa fille Ginevra de remercier le vainqueur ; elle l’aime et repousse les mises en garde de sa confidente Dalinda, qui lui conseille d’épouser plutôt Polinesso, général en chef du royaume. Polinesso, craignant de perdre Ginevra, jure de se venger et obtient de Dalinda, qui l’aime, qu’elle se déguise en Ginevra pour le recevoir de nuit. Ariodante, accueilli en triomphe, annonce la victoire sur les Irlandais ; Ginevra couronne son casque de lauriers. Polinesso persuade Ariodante, qui ne le croit pas, de venir constater de ses yeux l’infidélité de Ginevra. Par une nuit de lune, Ariodante et Lurcanio, cachés dans les jardins, voient Polinesso grimper au balcon où paraît Dalinda déguisée. Persuadé d’avoir été trahi, Ariodante veut se tuer ; Lurcanio lui arrache l’épée, mais Ariodante s’échappe et se jette dans le fleuve. Lurcanio ameute le peuple pour venger son frère, et Polinesso joint hypocritement ses plaintes aux leurs. Au palais, Lurcanio exige la mort de Ginevra ; le peuple se retourne contre elle, malgré ses protestations d’innocence.
  • Acte II : Vafrino, l’écuyer d’Ariodante, cherche en vain son maître dans la mer quand Dalinda surgit, poursuivie par des sbires de Polinesso ; elle évoque une terrible tromperie. Ariodante, blessé et égaré, a trouvé refuge auprès d’ermites écossais dans une forêt profonde ; apprenant que Ginevra doit mourir le jour même, il est appelé à participer à sa défense. Le roi, tenu par les lois du royaume, se résigne à la condamnation de sa fille ; Ginevra demande une arme pour rejoindre Ariodante dans la mort. Polinesso, qui feint de déplorer son sort, doit exécuter la sentence. Ariodante paraît en armure noire, visière baissée, et défie Lurcanio sans se faire reconnaître, pas même de Ginevra, qui lui jure n’avoir jamais aimé que lui. Sur la grand-place, au moment du duel, Vafrino proclame l’innocence de Ginevra et appelle Dalinda, qui dévoile l’intrigue de Polinesso. Ariodante désarme ce dernier, qui avoue : ambition, amour et jalousie ont fait de lui un traître. Ariodante ouvre sa visière et se fait reconnaître : tout se termine dans la joie.

Enregistrement :

George Petrou — 2014

Format : 3 CD (2 h 50) ; enregistrement live en version de concert.
Label : OehmsClassics (coproduction avec Bayerischer Rundfunk)
Référence : OC 960 (sortie le 2 juin 2014)
Année d’enregistrement : 14 juin 2013, Stadttheater Ingolstadt, concert du jubilé du 250e anniversaire de la naissance de Mayr (concerts également donnés à Bergame).
Distribution :

  • Ginevra, fille du roi d’Écosse : Myrtò Papatanasiu, soprano
  • Dalinda, dame d’honneur : Magdalena Hinterdobler, soprano
  • Ariodante, chevalier italien : Anna Bonitatibus, mezzo-soprano (rôle créé par un castrat soprano)
  • Lurcanio, frère d’Ariodante : Stefanie Irányi, mezzo-soprano (rôle écrit pour ténor)
  • Polinesso, général en chef du royaume : Mario Zeffiri, ténor
  • Vafrino, écuyer d’Ariodante : Marko Cilic, ténor
  • Le roi d’Écosse : Peter Schöne, basse
  • Le Gran Solitario (supérieur de l’ordre des Templiers d’Écosse) : Virgil Mischok, basse
  • Violon solo : Markus Wolf

Direction : George Petrou (également au pianoforte)
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester ; chœur d’hommes du Heinrich-Schütz-Ensemble Vornbach (préparation : Martin Steidler)
Langue : italien

Particularité :

Captation d’un concert donné pour le jubilé Mayr, qui fait suite à l’enregistrement de 2001 pour Opera Rara. La critique salue le chant chaleureux des protagonistes, en particulier l’alliance de Myrtò Papatanasiu et d’Anna Bonitatibus dans le duo final, ainsi que la direction de George Petrou, qui rend justice à la musique de Mayr et fait vivre les récitatifs ; la partition est publiée par Ricordi. L’édition est en revanche critiquée pour l’absence de traduction du livret (texte italien seul, synopsis en allemand et en anglais), un point qui nuit à l’ensemble et la place derrière la version concurrente d’Opera Rara sur ce plan.

Postérité :

Créée à Trieste en 1801, Ginevra di Scozia s’inscrit dans la lignée des adaptations de l’épisode d’Ariodante, celle de Haendel en tête. Elle est reprise à Trieste en 2001 pour le bicentenaire de sa création (enregistrement live Opera Rara, avec Elizabeth Vidal et Daniela Barcellona), puis donnée en concert à Ingolstadt et à Bergame en 2013 pour le 250e anniversaire de la naissance du compositeur, avant l’enregistrement de George Petrou.

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