Format :
- Dramma lirico en trois actes.
- Musique : Pietro Mascagni.
- Livret : Giovacchino Forzano, avec la collaboration de Giovanni Targioni-Tozzetti.
- Langue : Italien.
Création :
2 mai 1921, au Teatro Costanzi de Rome, sous la direction du compositeur, avec Hipólito Lázaro (le Petit Marat), Gilda Dalla Rizza (Mariella) et Agnese Porter (la Princesse).
Mascagni a alors cinquante-sept ans. Trente ans après le triomphe de Cavalleria rusticana, établi à Livourne dans la villa où il avait composé Lodoletta, il cherche à renouveler son langage : le lyrisme méridional cède ici la place à une écriture plus sombre, nerveuse, construite sur des leitmotive, où l’on a parfois perçu un écho de l’expressionnisme. L’accueil fut immédiatement favorable, et l’ouvrage connut de nombreuses reprises sur les scènes italiennes.
Livret :
Après Lodoletta, Mascagni souhaite un sujet à coloration politique et se tourne vers Giovacchino Forzano, grand connaisseur de la Révolution française. Le livret s’inspire des épisodes de la Terreur à Nantes, où le représentant Carrier fit noyer des milliers de prisonniers dans la Loire. Forzano reçut l’aide de Giovanni Targioni-Tozzetti pour renforcer la dimension poétique du texte, collaboration qui ne fut pas sans frictions entre les deux hommes. Le titre renvoie au jeune aristocrate qui, pour sauver sa mère, se fait passer pour un ardent révolutionnaire : le « petit Marat ».
Intrigue :
- Acte I : Nantes, pendant la Terreur. Un jeune prince, qui a pris les habits et le masque d’un fervent républicain, s’est glissé parmi les hommes du Comité révolutionnaire, dans l’espoir de sauver sa mère, la princesse de Fleury, emprisonnée. Il prend la défense de la jeune Mariella, nièce du terrible président du Comité, surnommé l’Orco (l’Ogre), et noue avec elle une complicité qui bientôt se mue en tendresse.
- Acte II : Le charpentier chargé de construire les barques qui serviront aux noyades supplie le jeune homme de ne plus assister aux exécutions. Le prince déclare son amour à Mariella et lui révèle son projet d’évasion, qui repose sur une embarcation préparée pour la fuite.
- Acte III : Le plan touche à son but, mais l’Orco s’interpose et tente d’arrêter les fugitifs. Le charpentier parvient à l’abattre : le prince, sa mère et Mariella peuvent s’échapper par le fleuve.
Enregistrement(s)

Oliviero De Fabritiis — 1961
Format : CD (2 disques, durée : 2 h 02)
Label : Fonè (Giulio Cesare Ricci, Livourne)
Référence : 88 F 17-37
Année d’enregistrement : 26 octobre 1961, Teatro La Gran Guardia, Livourne (saison lyrique 1961)
Distribution :
- Le Président du Comité (l’Orco) : Nicola Rossi Lemeni, basse
- Mariella, sa nièce : Virginia Zeani, soprano
- Le Petit Marat : Umberto Borsò, ténor
- La Princesse, sa mère : Clara Betner, mezzo-soprano
- Le Soldat : Rinaldo Rota, baryton
- Le Charpentier : Afro Poli, baryton
- Le Tigre : Mario Frosini, basse
- L’Espion : Renato Spagli, baryton
- Le Voleur : Augusto Frati, baryton
- Le Capitaine : Ernesto Vessari, baryton
- Voix intérieures : Cesare Masini Sperti, ténor
Direction : Oliviero De Fabritiis
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro La Gran Guardia de Livourne (chef des chœurs : Bruno Pizzi ; directeur artistique : Arturo Barosi)
Langue : Italien
Particularité :
Gravé dans la ville même de Mascagni, ce témoignage de la saison lyrique livournaise de 1961 est l’un des rares enregistrements de l’ouvrage, publié par Fonè de Giulio Cesare Ricci et dédié à la mémoire de Fortunato Marinari, fin connaisseur de la musique mascagnienne. Le disque réunit un plateau de vétérans et de spécialistes : Nicola Rossi Lemeni campe un Orco d’une noirceur menaçante, Virginia Zeani offre à Mariella la chaleur de son timbre, Afro Poli prête au Charpentier son expérience de baryton chevronné, tandis que Oliviero De Fabritiis, chef au long commerce avec le répertoire italien, dirige avec métier et sens du théâtre. Un document précieux pour découvrir cette partition rarement donnée.
Postérité :
Le succès de Il piccolo Marat fut durable dans l’entre-deux-guerres : l’ouvrage a été donné à plus de quatre cent cinquante reprises, en Italie comme en Amérique du Sud. Le projet d’une création américaine en 1926 ne put aboutir pour des raisons logistiques, et il fallut attendre le 13 avril 2009 pour que l’Amérique du Nord l’entende, en version de concert à l’Avery Fisher Hall de New York. Éclipsé ensuite par Cavalleria rusticana, il est devenu une rareté, régulièrement redécouverte : édition du centenaire à Livourne en 2021, puis représentation à Nantes en 2024, dans la ville même où se déroule l’action. Il demeure le témoignage d’un Mascagni tardif, curieux de nouvelles couleurs dramatiques.

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