Note personnelle : ,

Mascagni, Pietro — I Rantzau (1892)

Format :

  • Opéra en quatre actes.
  • Musique : Pietro Mascagni.
  • Livret : Guido Menasci et Giovanni Targioni-Tozzetti, d’après la pièce Les Rantzau (1882) d’Erckmann-Chatrian, elle-même tirée de leur roman Les Deux Frères.
  • Langue : Italien.

Création :

10 novembre 1892, au Teatro della Pergola de Florence, sous la direction de Rodolfo Ferrari, avec Mattia Battistini (Gianni Rantzau), Hariclea Darclée (Luisa) et Fernando De Lucia (Giorgio).
Mascagni a vingt-neuf ans. Deux ans après le triomphe fulgurant de Cavalleria rusticana, et après L’amico Fritz (1891), il choisit de s’éloigner de la Sicile verista pour un cadre villageois des Vosges, à la frontière franco-allemande. La partition, plus ample et plus policée que son premier succès, fut très bien accueillie dès la répétition générale, et plusieurs pages furent bissées le soir de la première.

Livret :

Menasci et Targioni-Tozzetti, déjà auteurs de Cavalleria rusticana et de L’amico Fritz, adaptent le drame d’Erckmann-Chatrian, où deux frères ennemis se disputent une terre tandis que leurs enfants, cousins germains, s’aiment. Une querelle familiale, un mariage contrarié, un duel et une réconciliation : le sujet, sentimental et villageois, a des allures de Roméo et Juliette qui finit bien.

Intrigue :

  • Acte I : Un village des Vosges, vers 1830. Au chant des villageois célébrant le printemps, le maître d’école Fiorenzo et sa fille Giulia croisent les frères Gianni et Giacomo Rantzau, brouillés à propos d’une vente de terres. Par dépit, Gianni acquiert le bien convoité par son frère. Sa fille Luisa aime son cousin Giorgio, le fils de Giacomo, mais son père prévoit de la marier à Lebel.
  • Acte II : Chez Gianni, pendant la fête qui suit son acquisition. Seule avec son père, Luisa refuse d’épouser Lebel et avoue son amour pour Giorgio ; Gianni, pris de colère, se laisse aller à la violence avant de se reprendre.
  • Acte III : Dans le village. Giorgio affronte son père Giacomo, qui consent à contrecœur à son mariage avec Luisa mais le déshérite. Il provoque Lebel en duel. Ému par la souffrance de sa fille, Gianni va trouver son frère.
  • Acte IV : Chez Fiorenzo, qui prépare le contrat de mariage. Giorgio a vaincu Lebel. Lorsqu’il découvre les clauses du contrat, il refuse d’abandonner son oncle et déclare la fin de la querelle familiale. Les deux frères s’embrassent, Fiorenzo déchire le contrat devenu inutile, et les jeunes gens célèbrent leur union.

Enregistrement(s)

Mascagni : I Rantzau, Rigacci

Bruno Rigacci — 1992

Format : CD (2 disques)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2583/84-2 (première parution : 1995)
Année d’enregistrement : 1992, Livourne (enregistrement public lors des représentations du centenaire)
Distribution :

  • Luisa : Rita Lantieri, soprano
  • Giorgio : Ottavio Garaventa, ténor
  • Gianni Rantzau : Barry Anderson, baryton
  • Giacomo Rantzau : Giancarlo Boldrini, basse
  • Fiorenzo : Domenico Colaianni, baryton
  • Lebel : Carlo Bosi, ténor
  • Giulia : Fulvia Bertoli, mezzo-soprano

Direction : Bruno Rigacci
Orchestre : Orchestra del Comitato Estate Livornese et Coro Cooperativa Artisti Associati
Langue : Italien

Particularité :
Première et seule intégrale de l’ouvrage, captée à Livourne lors des célébrations du centenaire de sa création, sous l’étiquette historique Bongiovanni. La prise de son, plutôt claire mais sèche, rappelle un bon enregistrement mono des années 1950 en stéréo. La distribution, presque entièrement italienne, est sans étoiles mais engagée et juste, et Bruno Rigacci conduit avec conviction cette partition que rien ne permettait plus d’entendre depuis des décennies. Le disque est précieux pour découvrir la veine lyrique et chorale du jeune Mascagni, notamment l’intermezzo et le duo du soprano et du ténor.

Postérité :

Après un succès retentissant à la création, I Rantzau fut largement joué en Italie puis dans les pays germaniques, avant de disparaître du répertoire dans la première moitié du XXe siècle. L’ouverture, enregistrée par Mascagni lui-même à Berlin en 1927, et l’intermezzo sont restés les pages les plus fréquentées ; le duo entre Luisa et Giorgio a été gravé en récital par de grands chanteurs, dont Plácido Domingo et Renata Scotto. La reprise livournaise de 1992 demeure la référence discographique de ce Mascagni « autre » souvent éclipsé par Cavalleria rusticana.

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