Format :
- Poème dramatique en deux actes.
- Musique : Pietro Mascagni (1863-1945), signant « Pierre Mascagni » pour la création française.
- Livret : Paul Bérel (pseudonyme de Paul de Choudens), avec la collaboration de Guido Menasci pour certains « arrangements » ; version italienne de Giovanni Targioni-Tozzetti.
- Langue : français (seul opéra de Mascagni sur un livret français) ; version rythmique italienne ultérieure.
Création :
16 mars 1905, Opéra de Monte-Carlo (Théâtre du Casino), sous la direction de Mascagni.
Commandée pour Monte-Carlo, l’œuvre est créée avec la célèbre soprano américaine Geraldine Farrar dans le rôle-titre, aux côtés de Charles Rousselière (Giorgio), Maurice Renaud (Rinaldo), Henri-Alexandre Lequien (Maître Camoine) et Paola Rainaldi (Magdelone). Elle obtient un succès immédiat auprès du public comme de la critique. La version italienne, due à Giovanni Targioni-Tozzetti, est donnée à Rome, au Teatro Costanzi, le 13 mai 1905, avec notamment Amalia Karola, Piero Schiavazzi et Riccardo Stracciari.
Livret :
Paul Bérel, fils de l’éditeur parisien Choudens (celui de Faust et de Carmen), signe un « poème » de petite vie rurale, sans guère d’artifice : un drame domestique dans un monde fermé de montagnards, où la misère, la rudesse et la passion dominent. L’action se situe dans les Alpes piémontaises (Savoie), vers 1900. Mascagni reprend la veine de Cavalleria rusticana et de L’amico Fritz en y mêlant une écriture symphonique plus wagnérienne, notamment dans les deux intermèdes orchestraux.
Intrigue :
- Acte I : Dans sa ferme, Maître Camoine a jadis recueilli deux petits orphelins, Giorgio, chétif et maladif, et Rinaldo, beau et fort. Amica, nièce de Camoine, a grandi avec eux ; entre elle et Rinaldo est né un amour secret, mais Rinaldo, indocile, a été chassé de la ferme par Camoine, au grand chagrin de Giorgio, très attaché à son frère. Camoine, épris d’une nouvelle servante, Magdelone, veut se débarrasser d’Amica en la mariant à Giorgio. Les paysans et les bergers fêtent ces noces prochaines ; Giorgio, amoureux d’Amica, lui offre des fleurs, mais elle reste triste et muette. Amica refuse le mariage, avoue à Camoine qu’elle en aime un autre, mais ne révèle pas son nom ; Camoine menace de la chasser. Dans l’orage qui éclate, Rinaldo arrive ; elle lui confie le projet de Camoine, et il la convainc de fuir avec lui dans la montagne. Magdelone les reconnaît à la lueur d’un éclair et lance Giorgio à leur poursuite.
- Acte II : Giorgio, haletant, gravit le sentier de montagne ; Amica arrive, blottie sous la grande cape de Rinaldo, et les deux frères découvrent qu’ils sont rivaux. Giorgio accuse d’abord son frère de lui avoir volé l’unique rayon d’espoir de sa vie triste, puis tombe évanoui. Bouleversé, Rinaldo comprend qu’il a blessé son frère, qu’il avait toujours protégé, et supplie Amica de se sacrifier et de se consacrer à Giorgio. Elle refuse d’écouter, tente de le retenir, puis, voyant Giorgio revenir à lui, Rinaldo s’élance dans la montagne. Amica le poursuit en criant son nom, mais ses forces l’abandonnent : elle chancelle et tombe dans le torrent sous les yeux horrifiés des deux frères.
Enregistrement(s) :

Manlio Benzi — 2008
Format : CD, enregistrement public (live), première exécution moderne de la version originale française ; existe aussi en DVD.
Label : Dynamic
Référence : CDS 574 (parution en 2008)
Année d’enregistrement : août 2007, Palazzo Ducale, Martina Franca (Festival della Valle d’Itria).
Distribution :
- Amica : Anna Malavasi, soprano
- Giorgio : David Sotgiu, ténor
- Rinaldo : Pierluigi Dilengite, baryton
- Maître Camoine : Marcello Rosiello, basse
- Magdelone : Francesca De Giorgi, soprano
Direction : Manlio Benzi (mise en scène : Alessio Pizzech)
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia ; Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Prochazka)
Langue : français
Particularité :
Captation de la production du Festival della Valle d’Itria, dont le directeur artistique Sergio Segalini avait imaginé de confronter Amica à la Marcella de Giordano, deux ouvrages de 1905 aux univers opposés. Il s’agit de la première exécution moderne de la version originale française, que Mascagni avait écrite sur le livret de Paul Bérel. Le critique de MusicWeb International juge l’orchestre un peu rude et le chœur modeste, mais note que Benzi a les bonnes idées et que le long intermezzo du premier acte est puissant ; il apprécie l’ampleur du rôle d’Amica chez Anna Malavasi, tout en trouvant David Sotgiu agréable mais sans grande force et la voix de Pierluigi Dilengite rauque. La prise de son live est jugée plus qu’acceptable.
Postérité :
Comme la plupart des opéras de Mascagni hors Cavalleria rusticana, Amica est tombée dans l’oubli après son succès initial. Elle a connu une résurrection discographique avec un enregistrement en italien dirigé par Marco Pace, avec Katia Ricciarelli (1995), puis une reprise en français au Festival della Valle d’Itria en août 2007, suivie d’une production en italien à l’Opéra de Rome en octobre 2008, en collaboration avec l’Opéra de Monte-Carlo et le Teatro Goldoni de Livourne.

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