Format :
- Commedia per musica (opéra-comique) en deux actes.
- Musique : Vicente Martín y Soler (1754-1806).
- Livret : Lorenzo Da Ponte, d’après la comédie La moglie in calzoni de Jacopo Angelo Nelli (1728).
- Langue : italien.
Création :
27 janvier 1795, King’s Theatre, Londres, sous le titre La scuola dei maritati.
Disgracié après 1790, Da Ponte est invité à Londres en 1793 par William Taylor, directeur du King’s Theatre, qui lui demande aussi de faire venir Martín y Soler, alors en Russie. Quatrième des cinq collaborations des deux hommes, l’ouvrage, dont Da Ponte affirme avoir écrit le livret en trois semaines, est accueilli par des applaudissements enthousiastes malgré la présence d’une claque hostile. La distribution de la création comprenait notamment Anna Morichelli Bosello (Ciprigna), Giovanni Morelli (Bonario), Elisabetta Colombati (Isabella), Paolo Torreggiani (Valerio), Luigi Brida (Lelio), Carlo Rovedino (Giglio), Giovanna Pastorelli (Cilia), Lorenzo Cipriani (Fiuta) et Luigi Bonfanti (le capitaine Sbaraglia).
Livret :
Da Ponte adapte la comédie de Nelli La moglie in calzoni, variation sur le thème de la mégère domestée, que le titre La capricciosa corretta (« la capricieuse corrigée ») résume. L’action se déroule en une journée, dans une villa près de Naples, à la fin du XVIIIe siècle.
Intrigue :
- Acte I : Bonario, riche négociant veuf et débonnaire, est tyrannisé par sa jeune seconde épouse Ciprigna, coquette entourée de son soupirant Giglio. Les enfants de Bonario, Valerio et Isabella, ainsi que les domestiques Fiuta et Cilia, menacent de partir si le maître ne reprend pas son autorité. Le jeune comte Lelio vient demander la main d’Isabella ; poussée par Fiuta, Ciprigna le courtise, ce qui doit la piéger, tandis que Giglio, convaincu par une fausse menace d’assassins, assiste caché à la scène avant d’être découvert. Fiuta, déguisé en mystérieux ambassadeur « Irco Berlico » entouré de Turcs et de Maures, persuade Ciprigna de s’embarquer pour une île enchantée où elle sera couronnée reine et gardera une jeunesse éternelle.
- Acte II : Alors que Ciprigna s’apprête à partir, Cilia révèle le projet d’enlèvement d’Isabella, que Lelio déjoue. Surprise par des coups de feu et enfermée dehors en pleine tempête, Ciprigna supplie qu’on la laisse rentrer, demande pardon à son mari et promet d’obéir. Fiuta révèle la supercherie, Ciprigna reconnaît lui devoir sa réforme, Giglio est pardonné puis congédié, et Bonario ordonne un festin de réconciliation.
Enregistrement(s) :

Christophe Rousset — 2004
Format : 2 CD, enregistrement de studio.
Label : Naïve (Astrée)
Référence : E 8887 (parution en 2004)
Année d’enregistrement : janvier 2003, Studio des Typographes, Paris.
Distribution :
- Ciprigna : Marguerite Krull, soprano
- Fiuta : Josep Miquel Ramón, baryton
- Lelio : Yves Saelens, ténor
- Bonario : Enrique Baquerizo, baryton
- Don Giglio : Carlos Marin, baryton
- Isabella : Katia Velletaz, soprano
- Cilia : Raffaella Milanesi, soprano
- Valerio : Emiliano Gonzalez-Toro, ténor
Direction : Christophe Rousset
Orchestre : Les Talens Lyriques
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement de l’opéra, issu de l’édition critique établie par Christophe Rousset en 2002 d’après un manuscrit de l’Accademia Chigiana. La distribution est celle de la production de l’Opéra de Lausanne, coproéduite avec l’Opéra national de Bordeaux et le Teatro de la Zarzuela de Madrid. Le disque a bénéficié du soutien de la Fondation d’entreprise France Télécom. Dans le livret, Mark Tatlow décrit une écriture harmoniquement simple, fondée sur les formules de l’époque, mais d’une vitalité rythmique et d’un caractère dansant qui font de Martín y Soler un précurseur de Rossini ; il retient la polonaise de Ciprigna au second acte, « La donna ha bello il core », grand succès auprès du public de l’époque. La critique a salué une interprétation vive et élégante, exécutée avec l’entrain habituel des Talens Lyriques (BBC Music Magazine, 4 étoiles ; Gramophone).
Postérité :
Joué douze fois lors de sa première série puis repris à quatre reprises au King’s Theatre, l’ouvrage est très admiré à Londres : en 1802, le Times estime qu’aucune composition moderne ne l’égale. Il circule ensuite en Europe sous les titres Gli sposi in contrasto, La moglie corretta et La capricciosa corretta (Italie, Dresde, Prague, Vienne, Madrid, Lisbonne, Weimar, Darmstadt, Paris en 1819), puis tombe dans l’oubli jusqu’aux reprises du début du XXIe siècle : production de Lausanne en 2002, Drottningholm en 2005, et une version anglaise de Bampton Classical Opera en 2006 (The Taming of the Shrew).

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