Note personnelle : ,

Martin y Soler, Vicente — Il burbero di buon cuore (1786)

Format :

  • Dramma giocoso en deux actes.
  • Musique : Vicente Martín y Soler.
  • Livret : Lorenzo Da Ponte, d’après la comédie française Le Bourru bienfaisant de Carlo Goldoni (1771).
  • Langue : Italien.

Création :

4 janvier 1786, au Burgtheater de Vienne.
Martín y Soler a trente et un ans. Compositeur valencien formé en Italie, il s’est imposé à Vienne avec une écriture mélodique et gracieuse, d’une grande fraîcheur, appréciée de Joseph II. Da Ponte, encouragé par l’empereur après l’échec de son premier livret, trouve en lui un complice idéal : c’est la première de leurs trois collaborations, avant Una cosa rara (1786) et L’arbore di Diana (1787). La création réunit Nancy Storace (Angelica), Francesco Benucci (Ferramondo) et Maria Mandini (Marina).

Livret :

Lorenzo Da Ponte adapte la pièce de Goldoni, écrite en français pour Paris, et en tire une comédie familiale centrée sur un vieil oncle irascible au cœur généreux. Le texte mêle satire domestique, intrigues amoureuses et dénouement sentimental, dans l’esprit de la comédie larmoyante du siècle des Lumières.

Intrigue :

  • Acte I : Le riche et irascible Ferramondo vit avec sa nièce Angelica et son neveu Giocondo. Les dépenses de Lucilla, l’épouse de Giocondo, ont ruiné la maison, rendant toute dot impossible pour Angelica. Giocondo propose de la faire entrer au couvent, ignorant qu’elle aime Valerio. Ferramondo préfère la marier à Dorval et offre la dot, mais Angelica se désole et, soupçonnant Valerio, le vieil oncle plonge la maison dans la confusion.
  • Acte II : Les vérités éclatent. Valerio révèle qu’il possède assez de fortune pour épouser Angelica sans dot ; Giocondo avoue que les prodigalités de Lucilla sont la cause du désastre. Dorval se retire avec élégance, et Ferramondo, finalement attendri, soutient le jeune couple et pardonne à Lucilla, pour un dénouement heureux.

Enregistrement(s)

Martín y Soler : Il burbero di buon cuore, Rousset

Christophe Rousset — 2013

Format : CD (2 disques)
Label : Dynamic
Référence : CDS5801-2 (parution : janvier 2013)
Année d’enregistrement : 14-18 novembre 2007, Teatro Real, Madrid (captation publique de la production d’Irina Brook)
Distribution :

  • Ferramondo : Carlos Chausson, basse
  • Angelica : Elena de la Merced, soprano
  • Madama Lucilla : Véronique Gens, soprano
  • Marina : Cecilia Díaz, contralto
  • Cavalier Giocondo : Saimir Pirgu, ténor
  • Valerio : Juan Francisco Gatell, ténor
  • Dorval : Luca Pisaroni, basse
  • Castagna : Josep Miquel Ramón, baryton

Direction : Christophe Rousset
Orchestre : Orquesta Titular del Teatro Real (Orquesta Sinfónica de Madrid)
Langue : Italien

Particularité :
Première reprise moderne de l’œuvre à Madrid depuis 1792, cette captation de la mise en scène d’Irina Brook, qui transpose l’action dans l’époque contemporaine, dans un hôtel quelque peu défraîchi, fut d’abord publiée en DVD (Dynamic, 2009), puis en CD en 2013 : c’est le premier enregistrement audio de l’ouvrage. Christophe Rousset, spécialiste de la musique du XVIIIe siècle, y dirige une partition vive et élégante. Véronique Gens chante les deux airs de remplacement que Mozart composa en 1789 (KV 582 et KV 583) pour la reprise viennoise. Durée d’environ 2 h 15.

Postérité :

Succès à Vienne, l’ouvrage fut repris en 1789 avec deux airs nouveaux de Mozart, en même temps que les Nozze di Figaro, avant de sombrer dans l’oubli. Cette renaissance madrilène de 2007, suivie des éditions DVD et CD, a rappelé que Martín y Soler fut l’un des rivaux les plus aimés de Mozart à Vienne : Da Ponte et Mozart citent d’ailleurs sa musique (Una cosa rara) dans le finale de Don Giovanni. Aujourd’hui encore rare sur scène, Il burbero demeure l’un des meilleurs témoignages de l’opera buffa viennois des années 1780.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *