Format :
- Romantische Operette (opérette romantique) en trois actes.
- Musique : Franz Lehár (1870-1948).
- Livret : Ludwig Herzer et Fritz Löhner-Beda.
- Langue : allemand.
Création :
10 octobre 1929, Metropol-Theater, Berlin.
L’ouvrage est la version remaniée de Die gelbe Jacke (La Tunique jaune), créée au Theater an der Wien de Vienne le 9 février 1923, qui n’avait pas rencontré un grand succès. Lehár le reprend en profondeur pour Richard Tauber, qui y chante le « Tauberlied » Dein ist mein ganzes Herz, probablement le plus célèbre de tous.
Livret :
Herzer et Löhner-Beda refondent le livret de 1923 pour en faire un drame plus sombre, sans le happy end habituel de l’opérette, avec une musique plus dramatique et de coloration presque opératique. Le sourire imposé par la tradition, qui masque la douleur, donne son titre à l’œuvre.
Intrigue :
- Acte I : Vienne, en 1912. Lors d’une réception chez son père, la comtesse Lisa rencontre le prince chinois Sou-Chong et s’éprend de lui, tandis que son prétendant, le comte Gustl, est écarté. Nommé Premier ministre, Sou-Chong rentre en Chine ; Lisa le suit.
- Acte II : Pékin. Lisa découvre les usages de la cour : la tradition impose à Sou-Chong d’épouser quatre Mandchoues. Incapable de l’accepter, elle prépare sa fuite avec Gustl, venu la rejoindre, tandis que Mi, la sœur du prince, se rapproche de ce dernier.
- Acte III : Sou-Chong découvre le projet de fuite, mais comprend qu’il ne peut retenir Lisa et la libère, séparé d’elle avec un sourire triste, fidèle à la règle de sa culture.
Enregistrement(s) :

Otto Ackermann — 1953
Format : 2 CD (mono)
Label : EMI Classics (EMI Electrola)
Référence : CHS 7 69523 2 (LP original : EMI Electrola 1C 149-03 047/48 M)
Année d’enregistrement : 17, 19-20 avril et 28 juin 1953, Kingsway Hall, Londres (producteur : Walter Legge).
Distribution :
- Lisa : Elisabeth Schwarzkopf, soprano
- Gustl : Erich Kunz, baryton
- Prince Sou-Chong : Nicolai Gedda, ténor
- Mi : Emmy Loose, soprano
- Tschang : Otakar Kraus, baryton-basse
- Fu-Li (rôle parlé) : Felix Kent
- Le Domestique (rôle parlé) : André Mattoni
Direction : Otto Ackermann
Orchestre : Philharmonia Orchestra, Londres
Chœur : Philharmonia Chorus
Langue : allemand
Particularité :
Enregistrement historique mono, réalisé sous la direction de Walter Legge, avec un jeune Nicolai Gedda en Sou-Chong et une Elisabeth Schwarzkopf au charme scintillant. Les dialogues sont réduits au strict minimum, confiés à Felix Kent et André Mattoni. La critique loue la direction souple d’Ackermann, le chant « doux et intérieur » de Gedda et ses aigus brillants, ainsi que la scène finale bouleversante ; elle juge les remakes stéréo ultérieurs plus lourds, moins empreints de charme viennois.
Postérité :
Deuxième grand succès de Lehár après La Veuve joyeuse, Le Pays du sourire est resté durablement au répertoire, adapté en français dès 1932 (Gand, puis Paris, Gaîté-Lyrique) et porté à l’écran dès 1930. Le « Tauberlied » Dein ist mein ganzes Herz demeure l’un des airs de ténor d’opérette les plus célèbres.

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