Format :
- Opéra-comique (opérette) en trois actes.
- Musique : Charles Lecocq (1832-1918)
- Livret : Clairville, Paul Siraudin et Victor Koning
- Langue : français
Création :
4 décembre 1872, Bruxelles, Théâtre des Fantaisies-Parisiennes.
Lecocq, installé à Bruxelles, y remporte un triomphe, qui se renouvelle à Paris le 21 février 1873 au Théâtre des Folies-Dramatiques, rue de Bondy : première de 411 représentations consécutives, jusqu’au 8 avril 1874. La version bruxelloise, à l’orchestration plus légère (un seul hautbois notamment), est ensuite remaniée pour Paris.
Livret :
Les librettistes situent l’action à Paris sous le Directoire et font appel à des personnages réels (Ange Pitou, Mademoiselle Lange, Larivaudière, Trénitz) ainsi qu’à de nombreuses allusions historiques et anecdotiques, à une époque où la France ressent une vaste nostalgie des années 1790-1800 sans évoquer le règne de Napoléon. Lecocq ne cherche pas à pasticher la musique du temps : il vise plutôt à redonner ses lettres de noblesse à l’opérette, discréditée par les parodies d’Offenbach et de Hervé, en se tournant vers la tradition de l’opéra-comique, avec une orchestration soignée, des harmonies élaborées et un vrai travail sur le chœur.
Intrigue :
- Acte I : dans le quartier des Halles, sous le Directoire, on prépare le mariage de Clairette Angot, orpheline dont la mère fut une célèbre poissonnière, avec le perruquier Pomponnet. Clairette aime le poète-chansonnier Ange Pitou, à qui une mystérieuse protectrice vient de donner un rendez-vous galant. Le financier Larivaudière, compromis dans une affaire de corruption avec le ministre Barras et amant de la favorite de celui-ci, la comédienne Mademoiselle Lange, achète le silence du poète pour obtenir la main de Clairette. Pour échapper au mariage, Clairette chante elle-même les couplets satiriques d’Ange sur le trio Barras-Lange-Larivaudière afin de se faire jeter en prison.
- Acte II : dans le salon de Mademoiselle Lange, celle-ci et Larivaudière organisent une réunion secrète de conspirateurs contre la République. Pomponnet vient supplier la comédienne d’intervenir pour sa fiancée ; Lange et Clairette se reconnaissent alors comme d’anciennes amies de pension. Lange est en réalité l’auteur du rendez-vous avec Pitou, dont elle est éprise. Elle fait jeter Pomponnet en prison à la place du poète, puis la réunion des conspirateurs est interrompue par des hussards ; un faux bal improvisé permet à Lange d’entendre Clairette déclarer sa flamme à Pitou, et elle jure de se venger.
- Acte III : dans le jardin d’un cabaret de Belleville, Clairette, qui veut se montrer digne de sa mère, réunit les gens des Halles et fait venir Larivaudière ; Pomponnet, évadé, se trouve là par hasard. Lorsque Lange et Pitou se retrouvent au rendez-vous orchestré par Clairette, tous sortent de leur cachette pour les confondre. Clairette décide finalement d’épouser Pomponnet, resté fidèle, tandis que Pitou espère qu’elle sera aussi volage que sa mère.
Enregistrement(s) :

Cesare Gallino — 1952
Format : 2 CD
Label : Gala
Référence : Gala 100.804
Année d’enregistrement : 24 janvier 1952, Turin (retransmission radiophonique de la RAI).
Distribution :
- Lina Pagliughi, soprano
- Giuseppina Salvi
- Tommaso Soley
- Giovanni Gazzera
(rôles non confirmés)
Direction : Cesare Gallino
Orchestre : Orchestra Sinfonica di Torino della RAI
Chœur : Coro di Torino della RAI
Langue : italien (La figlia di Madama Angot)
Particularité :
Version chantée en italien, issue d’une émission de la RAI, qui met en vedette la soprano Lina Pagliughi. Le coffret Gala comprend aussi des airs de Mozart, Bellini, Donizetti, Rossini, Delibes et Mascagni ainsi que les Variations de Proch par la cantatrice.

Sébastien Rouland — 2021
Format : CD (collection « Opéra français »)
Label : Palazzetto Bru Zane
Année d’enregistrement : du 16 au 20 février 2021, Auditorium Patrick Devedjian, La Seine Musicale, Boulogne-Billancourt.
Distribution :
- Clairette : Anne-Catherine Gillet
- Mademoiselle Lange : Véronique Gens
- Ange Pitou : Mathias Vidal
- Pomponnet : Artavazd Sargsyan
- Larivaudière : Matthieu Lécroart
- Louchard : Antoine Philippot
- Amaranthe, Hersilie, Javotte, Babet : Ingrid Perruche
- Trénitz, Guillaume, Buteux : Flannan Obé
- Un Incroyable, un Officier, Cadet : David Witczak
Direction : Sébastien Rouland
Orchestre : Orchestre de chambre de Paris
Chœur : Chœur du Concert Spirituel
Langue : français
Particularité :
Enregistré en février 2021, en pleine pandémie, sur la première édition d’une partition d’orchestre en français publiée par le Palazzetto Bru Zane : jusqu’ici, l’œuvre était toujours dirigée d’après une partition pour piano complétée à la main. Deux numéros inédits y figurent : une autre version du duo Pitou-Larivaudière à l’acte I et d’autres couplets de Lange et Pitou à l’acte II, dont les jeux de mots sur « république » n’avaient pas échappé aux ciseaux de la censure parisienne. Les dialogues parlés sont conservés, légèrement abrégés.
Postérité :
Avec plus de 500 représentations à Bruxelles et 411 à Paris, La fille de Madame Angot devient l’un des plus grands succès du théâtre musical de langue française dans les dernières décennies du XIXe siècle, exporté dans toute l’Europe et en Amérique du Nord. Léonide Massine en a tiré un ballet, qui a rendu l’œuvre familière au public du XXe siècle. Elle ne reste aujourd’hui que ponctuellement à l’affiche.

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