Format :
- Opéra (syngespil danois) en trois actes.
- Musique : Friedrich Ludwig Aemilius Kunzen (1761-1817)
- Livret : Jens Baggesen (1764-1826), d’après l’Obéron de Wieland
- Langue : danois
Création :
31 mars 1789, Copenhague (Théâtre royal).
Kunzen, né à Lübeck et installé à Copenhague depuis 1784, a vingt-sept ans ; Baggesen, son librettiste, en a vingt-quatre. L’œuvre est donnée dans un climat de vive tension : la création déclenche la « querelle de Holger » (Holgerfejden), polémique née d’un sentiment anti-allemand plus que de considérations artistiques, le compositeur étant d’origine allemande. Après six représentations seulement, l’ouvrage est retiré de l’affiche et ne sera plus repris du vivant de ses auteurs.
Livret :
Baggesen adapte librement le poème romanesque Oberon de Christoph Martin Wieland (1780), lui-même nourri de la légende médiévale française de Huon de Bordeaux. Le héros y devient le chevalier danois Holger Danske (l’Ogier le Danois de la tradition), figure légendaire du patrimoine national danois. Le livret mêle féerie, opéra à sauvetage et « turquerie », avec le cor magique d’Obéron, les sylphes et un Orient de fantaisie (Babylone, Tunis).
Intrigue :
- Acte I : À l’époque de Charlemagne, Obéron chante son désir de retrouver Titania. Dans une forêt du Liban, le prince Holger et son écuyer Kerasmin rencontrent Obéron, qui remet à Holger un cor magique. Ils font route vers Babylone, tandis que Rezia rêve de Holger ; on veut la contraindre à épouser le prince Langulaffer.
- Acte II : Au palais du sultan, Holger et Rezia se reconnaissent. Un combat éclate ; Kerasmin use du cor pour épuiser les danseurs, et Holger coupe la barbe du sultan. Obéron met les Turcs en fuite.
- Acte III : Naufragés et réduits en esclavage à Tunis, Holger résiste aux tentations tandis que Rezia repousse les avances qu’on lui fait. Ils sont condamnés à mort, mais Obéron et Titania interviennent, le cor est de nouveau employé pour vaincre leurs ennemis, et les couples sont réunis.
Enregistrement :

Thomas Dausgaard — 1995
Format : 2 CD
Label : Dacapo (distribué aussi sous le label Marco Polo)
Référence : 8.224036-37
Année d’enregistrement : 1995 (parution en décembre 1995) ; durée totale d’environ 2 h 21.
Distribution :
- Holger Danske : Gert Henning-Jensen, ténor
- Obéron : Inga Nielsen, soprano
- Rezia : Inger Dam-Jensen, soprano
- Titania : Henriette Bonde-Hansen, soprano
- Almansaris : Marianne Rørholm, mezzo-soprano
- Kerasmin : Johannes Mannov, basse
- Buurman, Bobul : Johan Reuter, basse
- Le Mufti, le Héraut : Guido Paevatalu, baryton
- Marylli : Helle Charlotte Pedersen, soprano
- Autres solistes : Annette L. Simonsen et Helene Gjerris, mezzo-sopranos (rôles non précisés par les sources consultées)
Direction : Thomas Dausgaard
Orchestre : Orchestre symphonique national de la Radio danoise et Chœur de la Radio danoise
Langue : danois
Particularité :
Il s’agit du premier enregistrement intégral de ce jalon de l’opéra danois, très attendu, et il a reçu un Grammy danois. La critique y a salué une partition d’une grande qualité, certains commentateurs allant jusqu’à y voir la découverte d’un Mozart de la maturité. Dausgaard, alors au début de sa carrière, dirige avec légèreté et énergie une distribution entièrement danoise où Obéron et Titania, rôles féeriques confiés à des voix de soprano, contrastent avec le ténor héroïque de Holger et la verve comique de Kerasmin.
Postérité :
Longtemps oubliée après le scandale de 1789, l’œuvre ne reparaît qu’à de rares occasions : un seul acte est donné lors d’un concert au bénéfice en 1804, la Société Cecilia la joue en 1912, puis le Théâtre royal la reprend entre 1941 et 1944, période d’occupation où elle est relue comme un symbole de résistance danoise face à l’Allemagne, ironie de l’histoire pour une partition due à un compositeur d’origine allemande. Reconnu comme l’un des joyaux du répertoire lyrique danois, Holger Danske a retrouvé sa place grâce à l’enregistrement de Dausgaard.

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