Format :
- Opéra baroque (Singspiel) en 3 actes.
- Musique : Reinhard Keiser (1674-1739).
- Livret : Christian Heinrich Postel, d’après les Métamorphoses d’Ovide (mythe de Vénus et Adonis).
- Langue : allemand.
Création :
1697, Hambourg, Oper am Gänsemarkt.
Compositeur d’à peine vingt-trois ans, Keiser signe ici sa plus ancienne partition d’opéra conservée dans son intégralité. C’est aussi la première collaboration avec le librettiste Postel, l’une des plus fécondes de la scène hambourgeoise de la fin du XVIIe siècle.
Livret :
Postel puise dans le récit ovidien des amours de Vénus et du bel Adonis, qu’il enrichit d’intrigues secondaires pastorales (deux nymphes, deux bergers) et d’un personnage bouffon, Gelon, selon l’usage de l’opéra hambourgeois qui mêle sérieux mythologique et comique populaire. Le texte est long et par endroits diffus, ce qui a laissé au compositeur de larges espaces pour développer airs et ensembles.
Intrigue :
- Acte I : Vénus consulte le dieu marin Protée, qui lui prédit qu’Adonis obtiendra l’immortalité tandis qu’elle-même désirera la mort ; il devra surtout éviter la chasse. Mars, incapable d’accepter l’union d’une déesse et d’un mortel, jure la perte d’Adonis. Les nymphes Eumène et Dryante convoitent aussi le berger, et Eumène est elle-même poursuivie par le berger Philistus. L’amour non partagé de Dryante tourne en haine et elle s’allie à Mars, tandis que le bouffon Gelon commente ces jalousies.
- Acte II : Philistus invite Adonis à la chasse, qu’il accepte avec enthousiasme. Vénus, se souvenant de l’avertissement de Protée, ne parvient pas à l’en dissuader.
- Acte III : Les personnages féminins se disputent autour de l’amour. On annonce la mort d’Adonis, tué par un sanglier lié à la vengeance de Mars. Vénus, désespérée mais incapable de mourir puisqu’elle est déesse, change la traîtresse Dryante en chêne et fait en sorte qu’Eumène réponde à l’amour de Philistus. Les larmes de Vénus se changent en anémones et le corps d’Adonis en rosier : la prophétie de Protée s’accomplit, Adonis accède à l’immortalité.
Enregistrement(s) :

Thomas Ihlenfeldt — 1999
Format : 3 CD, enregistrement live, intégrale (durée : environ 3 h 37).
Label : cpo (en collaboration avec Radio Bremen).
Référence : cpo 999 636-2 (paru en 2001).
Année d’enregistrement : 30 avril 1999, Gutsscheune, Stuhr-Varrel (près de Brême).
Distribution :
- Vénus : Marietta Zumbült, soprano
- Adonis : Ralf Popken, alto
- Eumène : Susanne Rydén, soprano
- Dryante : Mona Spägele, soprano
- Philistus : Jan Kobow, ténor
- Gelon : Knut Schoch, ténor
- Protée / Mars : Raimonds Spogis, basse
Direction : Thomas Ihlenfeldt (également au chitarrone).
Orchestre : Capella Orlandi Bremen.
Langue : allemand.
Particularité :
Intégrale de l’œuvre captée en public à l’issue d’une production scénique dans une grange aménagée près de Brême. La critique salue des chanteurs à l’aise et charmants et une partition variée, mêlant styles français, italien et allemand, surtout dans le troisième acte (un air évoque même Purcell), tout en jugeant le livret prolixe et l’ensemble moins abouti que Croesus. Une réserve d’ordre éditorial : le livret d’accompagnement attribue par erreur un air à un inexistant quatrième acte.
Postérité :
Œuvre de jeunesse, Der geliebte Adonis est restée dans l’ombre des opéras plus tardifs de Keiser, mais a connu plusieurs reprises modernes : la production de Brême de 1999 dirigée par Ihlenfeldt, une version abrégée par Manfred Cordes et l’Ensemble Weser-Renaissance à Brême en 2008, puis une production aux Donaufestwochen (château de Greinburg, Autriche) en 2016 sous la direction d’Erich Traxler.

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