Format :
- Opérette en trois actes.
- Musique : Imre (Emmerich) Kálmán (1882-1953).
- Livret : Alfred Maria Willner et Rudolf Österreicher.
- Langue : allemand.
Création :
21 septembre 1917, Johann-Strauß-Theater, Vienne.
L’opérette naît pendant la Première Guerre mondiale, deux ans après le triomphe de Die Csárdásfürstin (17 novembre 1915), dont Kálmán doit à présent égaler le succès. Le public viennois lui fait un accueil enthousiaste ; la version retravaillée pour Berlin (Metropol-Theater, 14 septembre 1918, avec Fritzi Massary en Alexandra) triomphe à son tour, et la première munichoise a lieu au Gärtnerplatztheater à la fin de 1918. Kálmán, juif né en Hongrie, devra plus tard quitter l’Europe (exil aux États-Unis en 1940) : Die Faschingsfee compte parmi ses œuvres de la période viennoise les plus appréciées en son temps.
Livret :
Le livret de Willner et Österreicher réutilise en grande partie la musique d’une opérette hongroise antérieure de Kálmán, Zsuzsi kisasszony (Budapest, Vígszínház, 27 février 1915), livret de Ferenc Martos et Miksa Bródy, jouée à Broadway en 1916 sous le titre Miss Springtime (224 représentations). Pour la scène allemande, l’intrigue provinciale hongroise est transposée dans le Munich bohème du carnaval, avec peintres, poètes, chanteurs de cabaret et choristes : une princesse déguisée en « fée du carnaval » remplace la jeune provinciale du modèle hongrois, et la guerre reste à l’arrière-plan.
Intrigue :
- Acte I : Munich, mardi gras 1917. Dans le café « Theaterklause » des sœurs Leopoldine et Rosl Brandlmayer, la bohème fête le carnaval au cours d’un concours doté de 10 000 marks pour la plus belle « fée du carnaval ». Le peintre Viktor Ronai, qui participe au concours, remarque une belle inconnue, qui n’est autre que la princesse Alexandra Maria, venue incognito alors qu’elle doit épouser un duc beaucoup plus âgé, Ottokar von Grevelingen. Viktor la peint et s’éprend d’elle ; le baron Hubert von Mützelberg, qui courtise la choriste Lori, et le comte Lothar Mereditt, rival de Viktor, complètent la bande.
- Acte II : Le peintre Viktor Ronai, qui a pris la princesse pour une simple choriste, la peint en « fée du carnaval » ; Hubert et la choriste Lori, Mereditt et les autres s’empêtrent dans les jalousies et les malentendus. Le duc Ottokar, fiancé d’Alexandra, apparaît et découvre le portrait : l’incognito de la princesse menace d’éclater, et un finale tumultueux mêle scandale, jalousie et sentiments.
- Acte III : Dans un hôtel, à l’issue de la nuit, les quiproquos se dénouent. Le livret du disque ne détaille pas toute la fin ; l’opérette s’achève sur le duo d’amour de la princesse et du peintre (« Sei die Meine, du, die Eine »).
Enregistrement(s) :

Michael Brandstätter — 2019
Format : 1 CD (durée totale : 76’43), enregistrement en direct
Label : cpo
Référence : 555 147-2
Année d’enregistrement : 2017, en direct, Alte Kongresshalle, Munich (production du Staatstheater am Gärtnerplatz, première du 16 février 2017 ; disque publié en 2019).
Distribution :
- Fürstin Alexandra Maria : Camille Schnoor, soprano
- Herzog Ottokar von Grevelingen : Erwin Windegger
- Baron Hubert von Mützelberg : Simon Schnorr, baryton
- Graf Lothar Mereditt : Maximilian Mayer, ténor
- Graf Eberhardt, officier : Uwe Thomsen
- Viktor Ronai, peintre : Daniel Prohaska
- Andreas Lubitschek, peintre animalier : Frank Berg
- Julian Meringer, poète lyrique : Josef Ellers
- Richard Goetz, chanteur de cabaret : Peter Neustifter
- Gideon, sculpteur : Jan Alexander Naujoks
- Liesl, peintre : Susanne Seimel
- Adah, danseuse d’expression : Laura Schneiderhan
- Lori Aschenbrenner, choriste : Nadine Zeintl
- Franzi, choriste : Katharina Lochmann
- Gusti, choriste : Ulrike Dostal
- Leopoldine Brandlmayer, patronne : Gisela Ehrensberger
- Rosl, patronne et sœur de Leopoldine : Dagmar Hellberg
- Josef, garçon : Franz Wyzner
- Le vieil Ofinger, policier : Fritz Graas
- Toni, aide-garçon : Maximilian Berling / Leandro Villar
- Deux soldats : Martin Emmerling, Christian Weindl
- Accompagnateur du comte Eberhardt : Alexander Bambach
Direction : Michael Brandstätter
Orchestre : Orchester des Staatstheaters am Gärtnerplatz
Chœur : Chor des Staatstheaters am Gärtnerplatz (préparation : Felix Meybier)
Langue : allemand (version textuelle du Staatstheater am Gärtnerplatz : Josef E. Köpplinger).
Particularité :
Premier enregistrement moderne de cette opérette, issu de la production munichoise de 2017 : seul un enregistrement radiophonique plus ancien (avec Melanie Holliday et Eberhard Büchner, sans dialogues) et des extraits de 1917 avec Fritzi Massary le précédaient. La critique y entend un spectacle enthousiaste mais peu raffiné : Camille Schnoor est la seule chanteuse de vraie classe, Daniel Prohaska, plus chanteur de caractère et acteur que ténor d’opérette, reste expressif ; les ensembles sont vifs, avec des rythmes de csárdás et une valse particulièrement belle, mais l’ensemble paraît un peu décousu. Les dialogues parlés sont abondants et vraisemblablement abrégés pour le disque.
Postérité :
Triomphe à Vienne puis à Berlin et à Munich dès 1917-1918, l’œuvre est ensuite largement tombée dans l’oubli, victime de l’exil de Kálmán après 1933 puis de la disparition d’une partie du répertoire de l’opérette. Sa redécouverte à Munich en 2017 par le Staatstheater am Gärtnerplatz, reprise ensuite à Mönchengladbach, l’a remise à l’affiche, et le disque de 2019 en fixe la version actuelle.

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