Note personnelle : ,

Kálmán, Emmerich — Die Csárdásfürstin (1915)

Format :

  • Opérette en 3 actes.
  • Musique : Emmerich Kálmán (1882-1953).
  • Livret : Leo Stein et Béla Jenbach.
  • Langue : allemand.

Création :

17 novembre 1915, Vienne, Johann Strauss Theater.
Composée en pleine Première Guerre mondiale par le compositeur hongrois Emmerich Kálmán, installé à Vienne depuis le succès de Tatárjárás (Ein Herbstmanöver, 1908), Die Csárdásfürstin (La Princesse Csárdás) fut un triomphe immédiat, avec des centaines de représentations à Vienne, et fit rapidement le tour du monde. Porté par une musique d’une vitalité irrésistible, mêlant la valse viennoise aux rythmes hongrois du csárdás, l’ouvrage est devenu, avec La Veuve joyeuse de Lehár, l’un des sommets de l’« âge d’argent » de l’opérette viennoise.

Livret :

Les librettistes Leo Stein, déjà coauteur de La Veuve joyeuse, et Béla Jenbach opposent deux mondes à la veille de leur effondrement : l’aristocratie austro-hongroise, crispée sur ses préjugés de caste, et le monde des cabarets et des chanteuses de variétés. Derrière la légèreté et l’humour, l’ouvrage porte un regard ironique sur une société condamnée, et son célèbre air « Die Mädis vom Chantant » ou le duo « Tanzen möcht’ ich » sont restés parmi les pages les plus populaires du répertoire.

Intrigue :

  • Acte I : À Budapest, au cabaret Orpheum, la chanteuse Sylva Varescu fait ses adieux avant une tournée en Amérique. Le jeune prince Edwin Ronald, qui l’aime, doit rentrer à Vienne sur ordre de ses parents, qui ne veulent pas de cette mésalliance et le destinent à sa cousine, la comtesse Stasi. Pour retenir Sylva, Edwin lui signe devant notaire une promesse de mariage. Mais le comte Boni Káncsiánu, ami d’Edwin, montre à Sylva l’annonce des fiançailles d’Edwin et de Stasi ; blessée, elle part pour l’Amérique.
  • Acte II : Au palais viennois du prince Leopold Maria, on célèbre les fiançailles d’Edwin et de Stasi. Sylva, revenue d’Amérique, s’y présente au bras de Boni, qui la fait passer pour son épouse, la comtesse Káncsiánu. Edwin, toujours épris, s’apprête à l’épouser maintenant qu’elle est « comtesse », mais Sylva, humiliée par l’idée qu’il n’accepterait qu’une femme titrée, révèle son identité, déchire la promesse de mariage et quitte le bal.
  • Acte III : À l’hôtel, le vieux Feri bácsi, ami de Sylva, découvre que la princesse Anhilte, mère d’Edwin, fut elle-même autrefois une chanteuse de cabaret. Le prince Leopold Maria, ainsi pris en défaut, ne peut plus s’opposer au mariage de son fils avec Sylva, tandis que Boni épouse Stasi.

Enregistrement(s) :

Rudolf Bibl — 1985

Format : 2 CD.
Label : Denon (coproduction avec Teletheater, Vienne).
Référence : DC-8107/8, parution 1991.
Année d’enregistrement : 6 avril 1985, en public, Tokyo Bunka Kaikan, Tokyo (tournée de la Volksoper de Vienne au Japon).
Distribution :

  • Sylva Varescu : Milena Rudiferia, soprano
  • Edwin Ronald : Franz Waechter, ténor
  • Boni Graf Káncsiánu : Jack Poppell, ténor
  • Komtesse Anastasia (Stasi) : Elizabeth Kales, soprano
  • Fürst Leopold Maria : Rudolf Wasserlof
  • Anhilte : Sonja Mottl
  • Feri bácsi (Ferenc Ritter von Kerekes) : Sándor Németh
  • Baron Eugen von Rohnsdorff : Peter Drahosch
  • Wilhelm von Billing : Wolfgang Dauscha
  • Siggi Gross : Helmut Randers
  • Sándor von Kiss : Wolfgang Jeschek
  • Max : Josef Forstner

Direction : Rudolf Bibl
Orchestre : Orchestre et Chœur de la Volksoper de Vienne
Langue : allemand

Particularité :

Captation d’une représentation donnée lors d’une tournée japonaise de la Volksoper de Vienne, gardienne de la tradition de l’opérette viennoise. Rudolf Bibl, chef attitré de la maison et grand spécialiste du genre, dirige avec le style, l’élan et les rubatos idiomatiques qui font le prix de cette tradition, au service d’une troupe rompue à l’ouvrage, dialogues parlés compris. Milena Rudiferia campe une Sylva brillante et Franz Waechter un Edwin élégant, aux côtés du Boni de Jack Poppell. L’énergie du direct et l’enthousiasme du public japonais donnent à cette version une atmosphère de fête.

Postérité :

Œuvre la plus célèbre de Kálmán avec Gräfin Mariza (1924), Die Csárdásfürstin n’a jamais quitté le répertoire, en particulier en Europe centrale et orientale, où elle a fait l’objet de nombreuses adaptations et de plusieurs films. Elle reste régulièrement montée par les grandes scènes de l’opérette, de la Volksoper de Vienne à Budapest et Mörbisch, et sa musique, avec ses csárdás endiablés et ses valses nostalgiques, est devenue emblématique du genre.

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