Format :
- Intermezzo per musica en 2 parties, pour deux personnages chantés (et un rôle muet ad libitum, Lesbino).
- Musique : Niccolò Jommelli (1714-1774).
- Livret : anonyme (parfois attribué à Carlo Goldoni).
- Langue : italien.
Création :
6 mai 1750, Venise, Teatro San Samuele, pour la foire de l’Ascension, avec Francesca Cioffi (Mergellina) et Alessandro Renda (Don Narciso).
Maestro coadiutore de la chapelle papale de Saint-Pierre de Rome, auréolé de ses succès viennois sur des livrets de Métastase, qui voyait en lui « toute l’harmonie du Saxon [Hasse], toute la grâce, la force expressive et la fécondité de Vinci », Jommelli ajouta alors à sa production d’opere serie des œuvres comiques et des formes plus légères. Alors que l’intermezzo, désormais détaché de l’opera seria, était déjà sur le déclin, L’uccellatrice connut une belle diffusion : Leipzig (1751), Bologne, Ravenne et Vicence (1753), Parme (1756), Florence (1760), Pescia (1772). Adaptée et élargie, elle fut aussi donnée à Paris en 1753, en pleine Querelle des Bouffons, sous les titres Il paratajo et, en français, La Pipée.
Livret :
Le librettiste anonyme met en œuvre toutes les conventions de l’intermezzo : un jeune noble naïf et vaniteux, Don Narciso, et une jeune fille rusée, l’oiseleuse Mergellina, qui, après une série de querelles et de tours, se jurent un amour éternel. Jommelli sert ce texte avec une grande finesse : récitatifs secs qui font avancer l’action avec vivacité, airs caractérisant les personnages (la suffisance de Narciso dans « Chi ha perduto l’amoroso » ou « V’ho capito, occhi furbetti »), onomatopées (les aboiements des chiens de « Già sento i cani »), passages descriptifs et syllabisme effréné, qui annoncent l’opera buffa.
Intrigue :
- Première partie : Don Narciso, qui a perdu sa bien-aimée, s’offre à toutes les belles (« Chi ha perduto l’amoroso »). Il rencontre l’oiseleuse Mergellina, occupée à tendre ses filets (« Non fuggirete »), et la prend pour la déesse Diane. Comprenant qu’elle a affaire à un paon plein de lui-même, Mergellina flatte sa vanité et s’amuse à ses dépens ; un premier duo, animé de chants d’oiseaux, clôt la partie.
- Seconde partie : Mergellina, qui convoite l’anneau de Narciso, poursuit son jeu de séduction. Pris au piège de ses propres prétentions, attaqué par des chiens qu’il croit entendre, Narciso se retrouve, au figuré, pris dans les filets de l’oiseleuse. Après bien des chamailleries, les deux jeunes gens se déclarent un amour éternel et se promettent le mariage.
Enregistrement(s) :

Vanni Moretto — 2003
Format : 1 CD.
Label : Dynamic.
Référence : CDS 436.
Année d’enregistrement : 6-7 avril 2003, en public, Palazzina Liberty, Milan (exécution en costumes sans décors, mise en espace de Sergio Paladino, avec Roberto Recchia, mime).
Édition : transcription de Mariateresa Dellaborra, révision de Vanni Moretto ; complétée par deux sinfonias de Jommelli (dont l’ouverture de Creso).
Distribution :
- Mergellina : Emanuela Galli, soprano
- Don Narciso : Luciano Grassi, ténor
- Lesbino (rôle muet) : Roberto Recchia, mime
Direction : Vanni Moretto (clavecin : Damiano Danti)
Orchestre : Orchestra da Camera Milano Classica
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’intermezzo dans sa version vénitienne originale, réalisé sur une nouvelle transcription de la partition. Vanni Moretto dirige l’Orchestre de chambre Milano Classica avec vivacité et humour, en soulignant les effets descriptifs et les imitations d’oiseaux. Emanuela Galli, soprano familière du répertoire baroque, est une Mergellina malicieuse et piquante, et Luciano Grassi un Don Narciso fat et savoureux. L’ajout de deux sinfonias de Jommelli en ouverture de chaque partie restitue l’usage de l’époque.
Postérité :
Longtemps oubliée, comme l’ensemble du répertoire des intermezzi du milieu du XVIIIe siècle, L’uccellatrice reste l’un des ouvrages comiques les plus diffusés de Jommelli, et sa version parisienne a joué un rôle dans la Querelle des Bouffons et l’acclimatation du style bouffe italien en France. Cet enregistrement, avec celui de la version parisienne Il paratajo (1999), a permis de redécouvrir cette miniature pleine d’esprit.

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