Format :
- Intermezzo en 3 parties (titre complet : Larinda e Vanesio, ovvero L’artigiano gentiluomo).
- Musique : Johann Adolf Hasse (1699-1783).
- Livret : anonyme, attribué à Antonio Salvi.
- Langue : italien.
Création :
Décembre 1726, Teatro San Bartolomeo, Naples.
L’intermezzo est créé entre les actes de l’opera seria Astarto de Hasse. Installé à Naples depuis 1722 et élève d’Alessandro Scarlatti, le jeune compositeur saxon y enchaîne alors les commandes d’opéras sérieux et d’intermèdes comiques. Les deux rôles sont écrits pour le célèbre duo comique formé par la soprano Celeste Resse (Larinda) et la basse bouffe Gioacchino Corrado (Vanesio), couple d’une immense renommée actif ensemble de 1725 à 1732, pour lequel Hasse composa plusieurs intermezzi, dont La serva scaltra. Une version révisée, réduite à deux parties, fut donnée à l’Opéra de la cour de Dresde le 8 juillet 1734, après l’installation de Hasse comme maître de chapelle de la cour de Saxe ; l’œuvre circula ensuite sous diverses adaptations sur les scènes européennes jusque dans les années 1750.
Livret :
Le livret, anonyme, est attribuable à Antonio Salvi : il dérive de son Bottegaro gentiluomo, lui-même inspiré du Bourgeois gentilhomme de Molière. On y retrouve le type du parvenu — ici l’artisan qui se pique d’être gentilhomme — confronté à la ruse d’une jeune femme. L’intrigue, volontairement mince comme il sied au genre, repose sur l’alternance de récitatifs vifs, d’airs caractérisés et de duos conclusifs pour les deux personnages.
Intrigue :
- Première partie : Dans une maison bourgeoise d’une ville italienne, Larinda, jeune femme de condition modeste, a jeté son dévolu sur Vanesio, homme mûr et fortuné qui, d’origine artisane, se donne des airs de gentilhomme. Vaniteux et méfiant, Vanesio se montre peu disposé à se laisser prendre au mariage.
- Deuxième partie : Larinda multiplie les stratagèmes et les déguisements, jouant de la vanité et de la crédulité du prétendu gentilhomme pour le mettre en difficulté et le rendre dépendant de sa bonne grâce.
- Troisième partie : Pris au piège de ses propres prétentions, Vanesio finit par céder : grâce à sa ruse toute féminine, Larinda obtient la promesse de mariage qu’elle convoitait, et l’intermezzo s’achève dans la réconciliation des deux personnages.
Enregistrement(s) :

Salvatore Carchiolo — 1992
Format : 1 CD, enregistrement de studio.
Label : Bongiovanni (collection « Rarità del Passato »).
Référence : GB 2137-2.
Année d’enregistrement : 1992.
Distribution :
- Larinda : Silvia Piccollo, soprano
- Vanesio : Giorgio Gatti, baryton
Direction : Salvatore Carchiolo (également au clavecin).
Orchestre : Orchestra Barocca di Catania.
Langue : italien.
Particularité :
Enregistrement dirigé par Salvatore Carchiolo, qui conduit du clavecin l’Orchestra Barocca di Catania, petit effectif à cordes (cinq violons, alto, violoncelle, contrebasse). La pochette reproduit une photographie de spectacle. Silvia Piccollo campe une Larinda espiègle et rusée face au Vanesio du baryton Giorgio Gatti, déjà Balanzone dans La serva scaltra du même Hasse chez Bongiovanni, qui apporte au personnage du parvenu toute sa truculence bouffe. Le coffret comprend un livret de 56 pages avec présentation en italien et en anglais et le texte complet. Un témoignage précieux sur l’art comique du jeune Hasse napolitain.
Postérité :
Comme les autres intermezzi napolitains de Hasse, Larinda e Vanesio tomba dans l’oubli après le XVIIIe siècle. La musicologue Gordana Lazarevich, spécialiste de l’intermezzo, en a publié une édition critique en 1979 (A-R Editions, d’après un manuscrit de l’abbaye du Mont-Cassin), qui a rendu possible sa redécouverte. L’œuvre est depuis occasionnellement redonnée sur scène en Italie, témoignant de la vitalité comique d’un compositeur surtout célébré pour ses opere serie.

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