Format :
- Dramma per musica en 3 actes.
- Musique : Johann Adolf Hasse (1699-1783).
- Livret : Pietro Metastasio.
- Langue : italien.
Création :
12 janvier 1750, Opernhaus am Zwinger, Dresde.
Commandé par le roi Auguste III de Pologne (Frédéric-Auguste II de Saxe) pour le carnaval de 1750, Attilio Regolo est créé au sommet de la carrière de Hasse, maître de chapelle de la cour de Dresde depuis 1731, qui dispose alors de l’une des meilleures troupes d’Europe. La distribution réunit le castrat alto Domenico Annibali (Regolo), Faustina Bordoni, épouse du compositeur (Attilia), le ténor Angelo Amorevoli (Manlio), Regina Mingotti en travesti (Publio), la basse Giuseppe Schuster (Licinio), Maria Rosa Negri (Barce) et le castrat soprano Ventura Rocchetti (Amilcare). Metastasio, qui tenait ce livret pour l’un de ses meilleurs, adressa à Hasse une longue lettre d’instructions détaillées sur la manière de le mettre en musique ; le compositeur acheva la partition en moins de trois mois. L’œuvre, riche de trois grands récitatifs accompagnés, remporta un vif succès.
Livret :
Pietro Metastasio écrivit Attilio Regolo entre 1738 et 1740 à la demande de l’impératrice Élisabeth-Christine, pour la fête de l’empereur Charles VI. La mort de l’empereur en octobre 1740 empêcha la représentation, et le texte resta inédit sur la scène lyrique pendant près de dix ans. Hasse en fut ainsi le premier compositeur ; suivirent notamment Niccolò Jommelli (Rome, 1753), Carlo Monza (1777) et Luigi Guido Beltrami (Vérone, 1797). Le sujet, tiré de l’histoire romaine, est celui du consul Marcus Atilius Regulus, prisonnier des Carthaginois lors de la première guerre punique, figure exemplaire de la fidélité à la parole donnée et du sacrifice patriotique.
Intrigue :
- Acte I : Rome. Attilia, fille de Regolo, prisonnier à Carthage depuis cinq ans, supplie le consul Manlio, ancien rival de son père, d’œuvrer à sa libération ; elle est soutenue par le tribun Licinio, qui l’aime. L’ambassadeur carthaginois Amilcare arrive, accompagné de Regolo lui-même, envoyé sur parole pour présenter les conditions de Carthage. Amilcare retrouve Barce, noble africaine qu’il aime, devenue l’esclave de Publio, fils de Regolo. Devant le Sénat réuni au temple de Bellone, Regolo expose l’alternative : la paix contre la restitution des territoires conquis, ou l’échange des prisonniers — sinon il devra retourner à Carthage. Contre toute attente, il exhorte les sénateurs à tout refuser.
- Acte II : Attilia et Publio conjurent leur père de ne pas se sacrifier ; Manlio, gagné par l’admiration, lui propose son appui pour obtenir l’échange, mais Regolo reste inflexible, préférant l’honneur de Rome et sa parole donnée à sa propre vie. Le Sénat, sur ses instances, rejette les propositions carthaginoises, ce dont Regolo se réjouit. Licinio, au nom du peuple, s’apprête à s’opposer à son départ, tandis qu’Amilcare et Barce espèrent pouvoir fuir ensemble.
- Acte III : Les augures déclarent Regolo libre de rester à Rome, et le peuple, soulevé par Licinio, lui barre la route du port. Publio, touché par l’exemple paternel, rend la liberté à Barce, qui pourra suivre Amilcare. Dans un dernier discours, Regolo convainc la foule, au nom de la vertu des ancêtres, de le laisser accomplir son devoir, et s’embarque pour Carthage où l’attend une mort certaine.
Enregistrement(s) :

Frieder Bernius — 2017
Format : 3 CD (env. 2 h 43), enregistrement live en version de concert.
Label : Profil Edition Günter Hänssler (Semperoper Edition, vol. 11), en coproduction avec MDR Kultur.
Référence : PH07035.
Année d’enregistrement : 22 mai 1997, Semperoper, Dresde (Dresdner Musikfestspiele) ; parution en 2017.
Distribution :
- Attilio Regolo : Axel Köhler, contre-ténor
- Manlio : Markus Schäfer, ténor
- Attilia : Martina Borst, mezzo-soprano
- Publio : Sibylla Rubens, soprano
- Barce : Carmen Fuggiss, soprano
- Licinio : Michael Volle, baryton
- Amilcare : Randall Wong, sopraniste
Direction : Frieder Bernius.
Orchestre : Cappella Sagittariana Dresden.
Langue : italien.
Particularité :
Premier et à ce jour unique enregistrement de l’œuvre, capté lors d’une exécution de concert au Semperoper pendant le Festival de musique de Dresde 1997, soit dans la ville même de la création, et publié vingt ans plus tard. Frieder Bernius, spécialiste du répertoire baroque et classique, dirige la Cappella Sagittariana, ensemble dresdois sur instruments d’époque, avec une grande cohésion et des tempi variés qui soutiennent l’intérêt sur toute la durée. La critique a particulièrement distingué la Barce vive et lumineuse de Carmen Fuggiss, l’Attilia de Martina Borst, dont le dernier air constitue un sommet de l’enregistrement, et la maîtrise de la coloratura de Randall Wong ; Axel Köhler campe un Regolo digne. On remarque aussi, au début de sa carrière, Michael Volle en Licinio. Quelques chanteurs peinent dans le grave et contournent certaines notes basses.
Postérité :
Considéré par Metastasio lui-même comme l’un de ses drames les plus accomplis, Attilio Regolo resta toutefois moins souvent mis en musique que d’autres livrets du poète, sa fin tragique et son austérité morale se prêtant mal aux conventions de l’opera seria. La partition de Hasse, sans doute l’une de ses plus ambitieuses de la période dresdoise, disparut ensuite du répertoire comme l’essentiel de sa production. Sa redécouverte doit beaucoup à la Semperoper et au renouveau de la musique de cour dresdoise, dont témoigne cet enregistrement unique.

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