Note personnelle : , ,

Händel, Georg Friedrich — HWV 17 – Giulio Cesare (1724)

Format :

  • Dramma per musica (opera seria) en 3 actes, HWV 17.
  • Musique : Georg Friedrich Händel.
  • Livret : Nicola Francesco Haym, d’après Giulio Cesare in Egitto de Giacomo Francesco Bussani (mis en musique par Antonio Sartorio, Venise, 1677).
  • Langue : italien.

Création :

20 février 1724, King’s Theatre de Haymarket, Londres.
Cinquième opéra écrit par Händel pour la Royal Academy of Music, Giulio Cesare in Egitto ouvre la série de chefs-d’œuvre de la maturité londonienne qui se poursuit avec Tamerlano et Rodelinda. Händel dispose alors de la meilleure troupe d’Europe : le castrat alto Senesino (Cesare), la soprano Francesca Cuzzoni (Cleopatra), Margherita Durastanti (Sesto, soprano en travesti), la contralto Anastasia Robinson (Cornelia), le castrat Gaetano Berenstadt (Tolomeo) et la basse Giuseppe Maria Boschi (Achilla). Luxueusement monté, l’ouvrage triomphe immédiatement : un contemporain note que la salle était aussi pleine à la septième représentation qu’à la première. Händel le reprend en 1725, 1730 et 1732 avec de nombreux remaniements, et l’opéra est donné du vivant du compositeur à Paris (en concert), à Brunswick et à Hambourg.

Livret :

Nicola Haym, secrétaire de l’Académie et violoncelliste, adapte le livret de Giacomo Francesco Bussani écrit pour l’opéra de Sartorio (Venise, 1677), déjà réutilisé en Allemagne. Il resserre l’action, réduit les rôles secondaires et développe considérablement les personnages de Cornelia et de son fils Sesto, dont la soif de vengeance forme le contrepoint tragique de l’intrigue amoureuse et politique entre César et Cléopâtre. Le sujet s’appuie sur les événements de la guerre civile romaine, après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.). Le livret imprimé est dédié à Caroline, princesse de Galles.

Intrigue :

  • Acte I : En Égypte, Cesare, vainqueur de Pompée, est accueilli par les Égyptiens. Cornelia, épouse de Pompée, et leur fils Sesto implorent la paix, mais Achilla, général du jeune roi Tolomeo, apporte en présent la tête de Pompée. Horrifié, Cesare chasse l’envoyé ; Cornelia s’effondre et Sesto jure de venger son père. Cleopatra, sœur et rivale de Tolomeo, décide de séduire Cesare pour s’emparer du trône : elle se présente à lui sous le nom de « Lidia », suivante de la reine, et le charme aussitôt. Au palais, Tolomeo reçoit Cesare en préparant sa perte ; Achilla, épris de Cornelia, obtient du roi la promesse de sa main en échange de la mort de César. Sesto provoque Tolomeo, qui le fait arrêter et envoie Cornelia au sérail.
  • Acte II : Dans un palais de délices, Cleopatra, toujours sous les traits de Lidia, apparaît à Cesare au milieu d’une vision du Parnasse (« V’adoro, pupille ») et le subjugue. Au sérail, Cornelia repousse les avances d’Achilla puis de Tolomeo ; Sesto et elle projettent de tuer le roi. Des conjurés attaquent Cesare : Cleopatra révèle sa véritable identité et le presse de fuir, mais il choisit de combattre et se jette à la mer pour échapper à ses assaillants. Le croyant mort, Cleopatra implore les dieux (« Se pietà di me non senti »). Sesto échoue dans sa tentative contre Tolomeo.
  • Acte III : Achilla, trahi par Tolomeo qui lui refuse Cornelia, passe dans le camp de Cleopatra, mais celle-ci est vaincue et faite prisonnière (« Piangerò la sorte mia »). Cesare, sauvé des flots (« Aure, deh, per pietà »), trouve Achilla mourant, qui lui remet un sceau donnant le commandement de ses troupes. Cesare libère Cleopatra (« Da tempeste il legno infranto ») tandis que Sesto tue Tolomeo au moment où celui-ci s’apprête à violenter Cornelia. Dans le port d’Alexandrie, Cesare couronne Cleopatra reine d’Égypte sous la protection de Rome, et tous célèbrent le retour de la paix et le triomphe de l’amour.

Enregistrement(s) :

Hans Schmidt-Isserstedt — 1950

Format : 2 CD (env. 113 min), mono, version allemande abrégée.
Label : Walhall Eternity Series (première publication, 2008).
Référence : WLCD 0220.
Année d’enregistrement : septembre 1950, Hambourg (production radiophonique du Nordwestdeutscher Rundfunk).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Hans Hotter, baryton-basse
  • Cleopatra : Walburga Wegner, soprano
  • Cornelia : Dagmar Hermann, alto
  • Sesto : Walter Geisler, ténor
  • Tolomeo : Sigmund Roth, basse
  • Achilla : Rudolf Bockelmann, baryton-basse
  • Nireno / Curio : Carl Bay

Direction : Hans Schmidt-Isserstedt.
Orchestre : Chor und Sinfonieorchester des Nordwestdeutschen Rundfunks.
Langue : allemand.

Particularité :

Document typique de la tradition allemande issue de la résurrection de Göttingen (1922) : l’œuvre est chantée en allemand, fortement abrégée, et les rôles de castrats sont confiés à des voix graves d’hommes (baryton-basse pour César, ténor pour Sesto, basse pour Tolomeo). L’intérêt principal réside dans la présence de deux grands wagnériens, Hans Hotter, César d’une noblesse monumentale, et Rudolf Bockelmann en Achilla, ainsi que dans la direction vigoureuse de Schmidt-Isserstedt à la tête de l’orchestre qu’il avait fondé en 1945. Une lecture très éloignée du style baroque, mais un témoignage précieux de la réception de Händel dans l’Allemagne d’après-guerre, publié pour la première fois en 2008.

Gianandrea Gavazzeni — 1955

Format : 2 CD, mono, enregistrement sur le vif.
Label : Andromeda (℗ 2007) ; également paru chez Historical Recording Enterprises et Premiere Opera.
Référence : ANDRCD 5079.
Année d’enregistrement : 26 décembre 1955, Teatro dell’Opera, Rome (représentation publique).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Boris Christoff, basse
  • Cleopatra : Onelia Fineschi, soprano
  • Cornelia : Fedora Barbieri, mezzo-soprano
  • Sesto : Franco Corelli, ténor
  • Tolomeo : Mario Petri, basse
  • Achilla : Antonio Casinelli, basse
  • Nireno : Ferruccio Mazzoli, basse

Direction : Gianandrea Gavazzeni.
Orchestre : Coro e Orchestra del Teatro dell’Opera di Roma.
Langue : italien.

Particularité :

Un Giulio Cesare de grand opéra italien des années 1950, où Händel est servi par des voix verdiennes : Boris Christoff, César d’une autorité impressionnante, Fedora Barbieri, Cornelia sombre et ample, et surtout le jeune Franco Corelli, Sesto ténor d’un éclat stupéfiant. La partition est largement coupée et l’approche stylistique résolument anachronique. La prise de son, vraisemblablement réalisée par des moyens non professionnels, est limitée, mais les voix principales restent bien présentes. Un document rare sur la redécouverte de Händel en Italie, un an avant la production de la Scala de 1956.

Ferdinand Leitner — 1965

Format : 3 CD (214 min), mono, remasterisé numériquement.
Label : Orfeo d’Or (1994) ; également paru chez Melodram, Verona et Opera d’Oro.
Référence : C 351 943 D.
Année d’enregistrement : 1er juillet 1965, Herkulessaal de la Residenz, Munich (enregistrement du Bayerischer Rundfunk).
Distribution :

  • Julius Caesar : Walter Berry, baryton-basse
  • Cleopatra : Lucia Popp, soprano
  • Cornelia : Christa Ludwig, mezzo-soprano
  • Sextus : Fritz Wunderlich, ténor
  • Ptolemäus : Karl Christian Kohn, basse
  • Achillas : Hans Günter Nöcker, baryton
  • Curio : Hans Bruno Ernst, ténor
  • Nirenus : Max Proebstl, basse

Direction : Ferdinand Leitner.
Orchestre : Münchner Philharmoniker, Chor des Bayerischen Rundfunks.
Langue : allemand (version d’Emilie Dahnk-Baroffio).

Particularité :

Chantée dans la traduction allemande d’Emilie Dahnk-Baroffio, cette version radiophonique relève encore de l’esthétique post-Hagen (César baryton, Sesto ténor, Tolomeo basse), mais avec une distribution de très haut vol et une partition bien plus complète que les versions allemandes antérieures. Lucia Popp, toute jeune, est une Cléopâtre lumineuse et agile ; Christa Ludwig prête à Cornelia sa noblesse et sa plénitude ; Walter Berry campe un César viril et Fritz Wunderlich, enregistré un an avant sa mort, illumine le rôle de Sesto de son timbre solaire. Leitner dirige avec souplesse un orchestre moderne. Une rareté stylistiquement datée, mais vocalement somptueuse.

Nicola Rescigno — 1966

Format : 2 CD (142 min), enregistrement sur le vif.
Label : Mondo Musica (℗ 1997), archives sonores du Gran Teatro La Fenice.
Référence : MFOH 10041.
Année d’enregistrement : 6 février 1966, Gran Teatro La Fenice, Venise (représentation publique).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Boris Christoff, basse
  • Cleopatra : Lydia Marimpietri, soprano
  • Cornelia : Oralia Domínguez, mezzo-soprano
  • Sesto : Eugenio Fernandi, ténor
  • Tolomeo : Massimiliano Malaspina
  • Achilla : Franco Federici, basse
  • Curio : Giorgio Santi
  • Nireno : Paolo Cesari

Direction : Nicola Rescigno.
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro La Fenice (chef de chœur : Corrado Mirandola).
Langue : italien.

Particularité :

Onze ans après Rome, Boris Christoff retrouve le rôle de César à La Fenice, dans une mise en scène et une chorégraphie de Luciana Novaro. On y retrouve la même conception « grand opéra » (César basse, Sesto ténor, coupes importantes), portée par l’autorité et le charisme du chanteur bulgare, entouré de la contralto mexicaine Oralia Domínguez, Cornelia au grave profond, et de la fraîche Cléopâtre de Lydia Marimpietri. Rescigno, chef lyrique aguerri (il avait dirigé Callas à Dallas), mène la représentation avec énergie. La pochette porte par erreur la date « 06/02/96 » : il s’agit bien de la soirée du 6 février 1966.

Julius Rudel — 1967

Format : 3 LP (1967) ; réédition 2 CD (RCA Victor Opera Series).
Label : RCA Victor Red Seal.
Référence : LSC-6182 (LP) ; 6182-2-RG (CD).
Année d’enregistrement : 28 avril – 2 mai 1967, Webster Hall, New York.
Distribution :

  • Giulio Cesare : Norman Treigle, baryton-basse
  • Cleopatra : Beverly Sills, soprano
  • Cornelia : Maureen Forrester, contralto
  • Sesto : Beverly Wolff, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Spiro Malas, basse
  • Achilla : Dominic Cossa, baryton
  • Curio : William Beck, baryton
  • Nireno : Michael Devlin, baryton-basse

Direction : Julius Rudel.
Orchestre : New York City Opera Orchestra and Chorus.
Langue : italien.

Particularité :

Enregistrement studio de la célèbre production du New York City Opera (mise en scène de Tito Capobianco) créée en septembre 1966 au New York State Theater du Lincoln Center, nouvelle salle de la compagnie. C’est la Cléopâtre de Beverly Sills, virtuose et ornementée avec une liberté éblouissante, qui fit d’elle une star internationale et relança l’intérêt du public américain pour l’opera seria. Norman Treigle, César baryton-basse chantant à l’octave inférieure, impose une présence dramatique saisissante, et Maureen Forrester est une Cornelia au contralto profond. L’édition abrégée et l’orchestre moderne relèvent d’une esthétique pré-baroqueuse, mais ce disque reste un jalon majeur de la renaissance händélienne du XXe siècle.

Karl Richter — 1969

Format : 4 LP (1970) ; réédition CD (2006).
Label : Deutsche Grammophon.
Référence : 2720 023 / 2711 023 (LP) ; 477 5647 (CD).
Année d’enregistrement : 1969, Munich (enregistrement de studio).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton
  • Cleopatra : Tatiana Troyanos, mezzo-soprano
  • Cornelia : Julia Hamari, mezzo-soprano
  • Sesto : Peter Schreier, ténor
  • Tolomeo : Franz Crass, basse
  • Achilla : Ernst Gerold Schramm, basse
  • Curio : Wolfgang Schöne, baryton
  • Nireno : Michael Schopper, basse

Direction : Karl Richter.
Orchestre : Münchener Bach-Orchester, Münchener Bach-Chor.
Langue : italien.

Particularité :

Version de studio chantée en italien par une distribution internationale de premier plan, produite par Deutsche Grammophon. Karl Richter, grand interprète de Bach, aborde Händel avec rigueur et gravité, dans des tempos souvent lents et une sonorité orchestrale ample, bien éloignée du style historiquement informé qui s’imposera dix ans plus tard. Le choix des voix reste hérité de la tradition allemande : Dietrich Fischer-Dieskau, César d’une grande intelligence du texte, Peter Schreier en Sesto ténor, Franz Crass en Tolomeo basse. Tatiana Troyanos, Cléopâtre au timbre charnu de mezzo, sensuelle et dramatique, est la révélation de cet enregistrement.

Charles Mackerras — 1984

Format : 3 CD (183 min), numérique.
Label : EMI (première édition, 1985) ; réédition Chandos, collection « Opera in English », avec le soutien de la Peter Moores Foundation.
Référence : Chandos CHAN 3019(3).
Année d’enregistrement : 1984, Londres (enregistrement de studio réalisé à partir de la production de l’English National Opera).
Distribution :

  • Julius Caesar : Janet Baker, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Valerie Masterson, soprano
  • Cornelia : Sarah Walker, mezzo-soprano
  • Sextus : Della Jones, mezzo-soprano
  • Ptolemy : James Bowman, contre-ténor
  • Achillas : John Tomlinson, basse
  • Curio : Christopher Booth-Jones, baryton
  • Nirenus : David James, contre-ténor

Direction : Charles Mackerras.
Orchestre : English National Opera Orchestra and Chorus.
Langue : anglais (traduction de Brian Trowell).

Particularité :

Captation de studio de la célèbre production de l’English National Opera signée John Copley (1979), où César retrouve une tessiture proche de l’original, confié à une voix de femme et non plus à une basse. Dame Janet Baker, qui tenait le rôle dans cette production depuis 1979, y déploie une autorité et une noblesse souveraines ; Valerie Masterson est une Cléopâtre d’une rare humanité, et James Bowman un Tolomeo venimeux. Mackerras, pionnier de l’ornementation et du style baroque sur instruments modernes, dirige avec vivacité une partition encore abrégée. Chantée en anglais, cette version reste un classique salué par le Gramophone et le Penguin Guide ; un film tourné la même année à partir de cette production existe en DVD (Arthaus).

Marcello Panni — 1989

Format : 3 CD, enregistrement sur le vif.
Label : Nuova Era.
Référence : 6863/65.
Année d’enregistrement : juillet 1989, Festival della Valle d’Itria, Martina Franca.
Distribution :

  • Giulio Cesare : Martine Dupuy, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Patrizia Orciani, soprano
  • Cornelia : Raquel Pierotti, mezzo-soprano
  • Sesto : Josella Ligi, soprano
  • Tolomeo : Susanna Anselmi, mezzo-soprano
  • Achilla : Pietro Spagnoli, baryton
  • Curio : Giuseppe De Matteis, basse
  • Nireno : Sara Mingardo, contralto

Direction : Marcello Panni.
Orchestre : Orchestra Pro Arte Bassano.
Langue : italien.

Particularité :

Enregistrée en public au festival de Martina Franca, haut lieu de la redécouverte du répertoire belcantiste et baroque, cette version fait le choix d’une distribution presque entièrement féminine, César, Sesto et Tolomeo étant confiés à des mezzos ou sopranos dans les tessitures d’origine. Martine Dupuy, grande rossinienne, campe un César vaillant et virtuose, et l’on remarque dans le petit rôle de Nireno une toute jeune Sara Mingardo. L’orchestre moderne et la prise de son de festival accusent leurs limites, mais cette lecture italienne témoigne de l’évolution des pratiques vocales à la fin des années 1980.

René Jacobs — 1991

Format : 3 CD + 1 CD bonus (72’57, 78’04, 73’56, 18’28).
Label : Harmonia Mundi France, en coproduction avec le WDR, en lien avec le Festival de Beaune.
Référence : HMC 901385.87.
Année d’enregistrement : 1991 (℗ 1991).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Jennifer Larmore, contralto
  • Cleopatra : Barbara Schlick, soprano
  • Cornelia : Bernarda Fink, mezzo-soprano
  • Sesto : Marianne Rørholm, soprano
  • Tolomeo : Derek Lee Ragin, contre-ténor
  • Achilla : Furio Zanasi, basse
  • Curio : Olivier Lallouette, basse
  • Nireno : Dominique Visse, contre-ténor

Direction : René Jacobs.
Orchestre : Concerto Köln.
Langue : italien.

Particularité :

Première intégrale sur instruments d’époque, et longtemps la référence de la discographie. René Jacobs restitue la partition quasi complète (un disque complémentaire propose des airs et variantes supplémentaires) et impose une direction théâtrale, contrastée et nerveuse, portée par un Concerto Köln incisif. Jennifer Larmore est un César au contralto chaud et agile ; Barbara Schlick une Cléopâtre fine et lumineuse ; Bernarda Fink une Cornelia bouleversante. Derek Lee Ragin compose un Tolomeo perfide et Dominique Visse un Nireno truculent. Une version couronnée de nombreuses distinctions, qui a durablement fixé l’image moderne de l’œuvre.

Jean-Claude Malgoire — 1995

Format : 3 CD.
Label : Auvidis Astrée, en lien avec l’Atelier lyrique de Tourcoing.
Référence : E 8558.
Année d’enregistrement : 1995.
Distribution :

  • Giulio Cesare : James Bowman, contre-ténor
  • Cleopatra : Lynne Dawson, soprano
  • Cornelia : Guillemette Laurens, mezzo-soprano
  • Sesto : Eirian James, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Dominique Visse, contre-ténor
  • Achilla / Curio : Nicolas Rivenq, baryton
  • Nireno : Jean-Louis Comoretto, contre-ténor

Direction : Jean-Claude Malgoire.
Orchestre : La Grande Écurie et la Chambre du Roy.
Langue : italien.

Particularité :

Issue du travail mené par Jean-Claude Malgoire à l’Atelier lyrique de Tourcoing, cette version sur instruments d’époque confie le rôle-titre à un contre-ténor, James Bowman, qui avait chanté Tolomeo chez Mackerras onze ans plus tôt : un César au timbre clair et au style impeccable, sinon toujours d’une grande puissance. Lynne Dawson est une Cléopâtre raffinée et sensible, Guillemette Laurens une Cornelia digne, et Dominique Visse passe de Nireno (chez Jacobs) à un Tolomeo grinçant. La direction de Malgoire, vivante et sans afféterie, privilégie le théâtre à la perfection instrumentale ; une alternative française attachante à la version Jacobs.

Peter Mark — 1997

Format : 2 CD.
Label : Koch International Classics.
Référence : 3-7406-2.
Année d’enregistrement : 1997, production du Virginia Opera.
Distribution :

  • Giulio Cesare : David Sabella, contre-ténor
  • Cleopatra : Sujung Kim, soprano
  • Cornelia : Malin Fritz, mezzo-soprano
  • Sesto : Robert Crowe, sopraniste
  • Tolomeo : Johnny Maldonado, contre-ténor
  • Achilla : David Stoneman, basse
  • Curio : Lendon Munday, basse
  • Nireno : Ginger Inabinet, alto

Direction : Peter Mark.
Orchestre : Virginia Opera Orchestra.
Langue : italien.

Particularité :

Version américaine issue d’une production du Virginia Opera, compagnie fondée et dirigée par Peter Mark, dont la singularité est de réunir trois voix masculines aiguës dans les rôles de castrats : les contre-ténors David Sabella (César) et Johnny Maldonado (Tolomeo), et le sopraniste Robert Crowe en Sesto. La partition est toutefois drastiquement abrégée, près d’une heure et demie de musique étant coupée et l’œuvre ramenée à deux parties, ce qui lui a valu un accueil critique sévère (BBC Music Magazine). Un document de curiosité davantage qu’une version de référence.

Ivor Bolton — 2002

Format : 3 CD, enregistrement sur le vif.
Label : Farao Classics, série Bayerische Staatsoper.
Référence : B 108 090.
Année d’enregistrement : 2002, Nationaltheater, Munich (représentations de la Bayerische Staatsoper).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Ann Murray, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Susan Gritton, soprano
  • Cornelia : Patricia Bardon, mezzo-soprano
  • Sesto : Katarina Karnéus, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Christopher Robson, contre-ténor
  • Achilla : Marcello Lippi, baryton
  • Nireno : Axel Köhler, contre-ténor
  • Curio : Jan Zinkler, basse

Direction : Ivor Bolton.
Orchestre : Bayerisches Staatsorchester.
Langue : italien.

Particularité :

Témoignage de la mise en scène iconoclaste de Richard Jones (1994), avec son célèbre dinosaure, qui inaugura l’ère händélienne de Sir Peter Jonas à Munich et fut reprise plus d’une centaine de fois jusqu’en 2006. Ivor Bolton, spécialiste du baroque, obtient de l’orchestre moderne de l’Opéra de Bavière un jeu allégé, vif et coloré. Ann Murray, César de grande classe, fidèle au rôle depuis la création de la production, domine une troupe homogène où brillent Susan Gritton, Cléopâtre sensuelle et virtuose, et Christopher Robson, Tolomeo névrosé à souhait. Une version de théâtre, vivante et cohérente.

Marc Minkowski — 2003

Format : 3 CD.
Label : Deutsche Grammophon Archiv Produktion (2003).
Référence : 474 210-2.
Année d’enregistrement : novembre 2002, Konzerthaus, Vienne (exécutions en concert).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Marijana Mijanović, contralto
  • Cleopatra : Magdalena Kožená, mezzo-soprano
  • Cornelia : Charlotte Hellekant, mezzo-soprano
  • Sesto : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Bejun Mehta, contre-ténor
  • Achilla : Alan Ewing, basse
  • Curio : Jean-Michel Ankaoua, baryton
  • Nireno : Pascal Bertin, contre-ténor

Direction : Marc Minkowski.
Orchestre : Les Musiciens du Louvre – Grenoble.
Langue : italien.

Particularité :

Captée lors de concerts viennois, cette lecture fougueuse et théâtrale est l’un des sommets de la discographie moderne. Minkowski pousse les Musiciens du Louvre vers des contrastes extrêmes, des tempos souvent vifs et une énergie dramatique constante. La distribution, d’une grande homogénéité, réunit des stars : Magdalena Kožená, Cléopâtre charnelle et piquante, Anne Sofie von Otter, Sesto ardent et tourmenté, Bejun Mehta, Tolomeo d’une rare virtuosité, et la contralto serbe Marijana Mijanović, César au timbre sombre et singulier, qui divisa la critique. La partition est donnée de façon presque intégrale.

Lars Ulrik Mortensen — 2005

Format : 2 DVD.
Label : Harmonia Mundi France (2007), en coproduction avec la télévision danoise DR.
Référence : HMD 9909008.09.
Année d’enregistrement : mars 2005, Théâtre royal danois, Copenhague (captation vidéo réalisée par Thomas Grimm).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Andreas Scholl, contre-ténor
  • Cleopatra : Inger Dam-Jensen, soprano
  • Cornelia : Randi Stene, mezzo-soprano
  • Sesto : Tuva Semmingsen, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Christopher Robson, contre-ténor
  • Achilla : Palle Knudsen, baryton
  • Curio : John Lundgren, baryton-basse
  • Nireno : Michael Maniaci, sopraniste

Direction : Lars Ulrik Mortensen.
Orchestre : Concerto Copenhagen.
Langue : italien.

Particularité :

Captation de la mise en scène de Francisco Negrin (décors d’Anthony Baker), qui transpose l’action dans un univers militaire moderne. Andreas Scholl y fait ses débuts dans le rôle-titre, César au chant d’une élégance et d’une pureté superlatives, entouré d’une troupe scandinave de haut niveau : Inger Dam-Jensen, Cléopâtre lumineuse, Randi Stene et Tuva Semmingsen, bouleversantes en mère et fils. Christopher Robson reprend son Tolomeo déjà entendu à Munich, et le sopraniste Michael Maniaci ajoute une couleur rare au petit rôle de Nireno. Lars Ulrik Mortensen dirige Concerto Copenhagen avec souplesse et raffinement.

Luca Franco Ferrari — 2006

Format : 3 CD (3 h 27 min 40), numérique, remasterisé en 32 bits.
Label : Concerto / Musicmedia (© 2009).
Référence : CD 2042-3.
Année d’enregistrement : 2006.
Distribution :

  • Giulio Cesare : Angelo Manzotti, sopraniste
  • Cleopatra : Alexandra Zabala, soprano
  • Cornelia : Paola Pittaluga, contralto
  • Sesto : Patrizia Bozzo, soprano
  • Tolomeo : Angelo Galeano, contre-ténor
  • Achilla : Riccardo Ristori, basse
  • Nireno : Angelo Bonazzoli, contre-ténor
  • Curio : Guido Ripoli, basse

Direction : Luca Franco Ferrari.
Orchestre : Il Concento Ecclesiastico.
Langue : italien.

Particularité :

Version italienne sur instruments anciens, réalisée par l’ensemble Il Concento Ecclesiastico et publiée par le petit label Concerto. Sa singularité est de confier le rôle-titre au sopraniste Angelo Manzotti, voix masculine aiguë d’une couleur très particulière, qui renoue à sa manière avec l’étrangeté des castrats. La partition est donnée de façon très complète (près de trois heures et demie de musique). Si la distribution, composée de chanteurs peu connus, n’a pas l’éclat des grandes versions internationales, la lecture de Ferrari, soignée et respectueuse du style, constitue une alternative intéressante et rarement citée.

Władysław Kłosiewicz — 2008

Format : 3 CD (79’03, 63’55, 62’20).
Label : Fundacja Pro Musica Camerata (©℗ 2008).
Référence : PMC, EAN 5907678805515.
Année d’enregistrement : 2008, Varsovie, production de la Warszawska Opera Kameralna (mise en scène de Marek Weiss, créée le 18 octobre 2008).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Anna Radziejewska, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Olga Pasiecznik, soprano
  • Cornelia : Dorota Lachowicz, mezzo-soprano
  • Sesto : Jacek Laszczkowski, sopraniste
  • Tolomeo : Jan Monowid, contre-ténor
  • Achilla : Jarosław Bręk, baryton-basse
  • Curio : Sławomir Jurczak
  • Nireno : Karol Bartosiński

Direction : Władysław Kłosiewicz (et clavecin).
Orchestre : Musicae Antiquae Collegium Varsoviense (ensemble d’instruments anciens de l’Opéra de chambre de Varsovie), Chœur de la Warszawska Opera Kameralna.
Langue : italien.

Particularité :

Témoignage de la production de l’Opéra de chambre de Varsovie, présentée dans le cadre de son festival d’opéras baroques et préludant au festival Händel de l’institution. Władysław Kłosiewicz, claveciniste et pionnier du baroque en Pologne, dirige depuis le clavier un ensemble sur instruments d’époque. La distribution, entièrement polonaise, confie César à la mezzo Anna Radziejewska et réserve une surprise avec le sopraniste Jacek Laszczkowski en Sesto ; Olga Pasiecznik, spécialiste reconnue du baroque, est une Cléopâtre raffinée. Une version de troupe, cohérente et vivante, peu diffusée hors de Pologne.

William Christie — 2009

Format : 2 Blu-ray (env. 306 min avec bonus) ; également en DVD.
Label : Opus Arte, coproduction Glyndebourne (© 2005 ; Blu-ray © 2009).
Référence : OA BD7024 D (Blu-ray).
Année d’enregistrement : août 2005, Glyndebourne Festival Opera (captation vidéo de Robin Lough).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Sarah Connolly, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Danielle de Niese, soprano
  • Cornelia : Patricia Bardon, mezzo-soprano
  • Sesto : Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Christophe Dumaux, contre-ténor
  • Achilla : Christopher Maltman, baryton
  • Nireno : Rachid Ben Abdeslam, contre-ténor
  • Curio : Alexander Ashworth, baryton-basse

Direction : William Christie.
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment, The Glyndebourne Chorus.
Langue : italien.

Particularité :

La production de David McVicar, qui transpose l’intrigue dans l’Égypte coloniale britannique et mêle gravité et comédie musicale, est devenue une référence absolue et l’une des mises en scène händéliennes les plus célèbres de notre temps. Sarah Connolly compose un César d’une autorité et d’une noblesse magnifiques, tandis que la jeune Danielle de Niese, révélée par ce spectacle, fait de Cléopâtre une séductrice irrésistible qui danse autant qu’elle chante. Angelika Kirchschlager et Patricia Bardon forment un couple mère-fils bouleversant, et Christophe Dumaux campe un Tolomeo déjanté. William Christie dirige l’Orchestra of the Age of Enlightenment avec verve et raffinement.

George Petrou — 2010

Format : 3 CD (231’53).
Label : MDG, Musikproduktion Dabringhaus und Grimm (©℗ 2010), avec le soutien de la Fondation Alexander S. Onassis.
Référence : MDG 609 1604-2.
Année d’enregistrement : 24–30 juillet 2006, Patras (Grèce).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Kristina Hammarström, mezzo-soprano
  • Cleopatra : Emanuela Galli, soprano
  • Cornelia : Irini Karaianni, mezzo-soprano
  • Sesto : Mary-Ellen Nesi, mezzo-soprano
  • Tolomeo : Romina Basso, mezzo-soprano
  • Achilla : Tassis Christoyannis, baryton
  • Curio : Petros Magoulas, basse
  • Nireno : Nikos Spanatis, contre-ténor

Direction : George Petrou.
Orchestre : Orchestra of Patras (sur instruments d’époque).
Langue : italien.

Particularité :

Présentée comme l’enregistrement intégral de la version originale de 1724, cette version grecque a créé la surprise à sa parution. George Petrou insuffle à l’Orchestre de Patras une énergie et un sens dramatique remarquables, et soigne particulièrement les récitatifs, vivants et théâtraux. Kristina Hammarström est un César ferme et élégant, Emanuela Galli une Cléopâtre agile et sensuelle, et l’on remarque la jeune Romina Basso en Tolomeo. MusicWeb International y voyait « un coup de maître dès les premières mesures » et la recommandait, avec Jacobs, comme premier achat de l’œuvre.

Alan Curtis — 2012

Format : 3 CD.
Label : Naïve (℗ 2011, © 2012).
Référence : OP 30536.
Année d’enregistrement : novembre 2011, Lonigo (Italie).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Marie-Nicole Lemieux, contralto
  • Cleopatra : Karina Gauvin, soprano
  • Cornelia : Romina Basso, contralto
  • Sesto : Emőke Baráth, soprano
  • Tolomeo : Filippo Mineccia, contre-ténor
  • Achilla : Johannes Weisser, baryton
  • Nireno : Milena Storti, contralto
  • Curio : Gianluca Buratto, basse

Direction : Alan Curtis.
Orchestre : Il Complesso Barocco.
Langue : italien.

Particularité :

Version de studio d’Alan Curtis, grand défricheur des opéras de Händel, enregistrée en Vénétie avec son ensemble Il Complesso Barocco. Marie-Nicole Lemieux, contralto profond et charnu, campe un César d’une grande humanité, face à la Cléopâtre lumineuse et virtuose de Karina Gauvin, partenaire privilégiée du chef ; le duo s’était déjà illustré dans le récital händélien Streams of Pleasure. Romina Basso, passée de Tolomeo (chez Petrou) à Cornelia, et la jeune Emőke Baráth, Sesto frémissant, complètent une distribution de premier ordre. La direction de Curtis, souple et élégante, privilégie le chant et la clarté plutôt que les effets.

Giovanni Antonini — 2016

Format : 2 DVD / Blu-ray.
Label : Decca (2016).
Référence : 074 3856 (DVD).
Année d’enregistrement : 2012, Festival de Pentecôte de Salzbourg, Haus für Mozart (captation vidéo d’Olivier Simonnet).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Andreas Scholl, contre-ténor
  • Cleopatra : Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
  • Cornelia : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano
  • Sesto : Philippe Jaroussky, contre-ténor
  • Tolomeo : Christophe Dumaux, contre-ténor
  • Achilla : Ruben Drole, baryton-basse
  • Nireno : Jochen Kowalski, contre-ténor
  • Curio : Peter Kálmán, basse

Direction : Giovanni Antonini.
Orchestre : Il Giardino Armonico.
Langue : italien.

Particularité :

Captation de la production de Moshe Leiser et Patrice Caurier qui marqua la première édition du Festival de Pentecôte de Salzbourg sous la direction artistique de Cecilia Bartoli. La mise en scène, iconoclaste et satirique, transpose l’action dans un Moyen-Orient contemporain, sur fond de pétrole et de guerre. Bartoli, Cléopâtre sensuelle, drôle et bouleversante (« Piangerò » d’anthologie), est entourée d’une distribution de stars : Andreas Scholl, César raffiné, Anne Sofie von Otter en Cornelia, Philippe Jaroussky, Sesto ardent, et Christophe Dumaux, Tolomeo névrosé à souhait. Giovanni Antonini et Il Giardino Armonico apportent une énergie et des couleurs instrumentales saisissantes.

Harry Bicket — 2026

Format : 3 CD.
Label : Linn Records (parution le 18 septembre 2026).
Référence : CKD 792.
Année d’enregistrement : 6–10 mai 2025, All Saints’ Church, East Finchley, Londres (producteur et ingénieur du son : Philip Hobbs).
Distribution :

  • Giulio Cesare : Christophe Dumaux, contre-ténor
  • Cleopatra : Louise Alder, soprano
  • Cornelia : Beth Taylor, mezzo-soprano
  • Sesto : Paula Murrihy, mezzo-soprano
  • Tolomeo : John Holiday, contre-ténor
  • Achilla : Morgan Pearse, baryton
  • Nireno : Meili Li, contre-ténor
  • Curio : Thomas Chenhall, baryton

Direction : Harry Bicket.
Orchestre : The English Concert.
Langue : italien.

Particularité :

Nouvel épisode de la série händélienne de l’English Concert, enregistré en studio en lien avec une tournée de concerts (Barbican, Carnegie Hall). Cette version intégrale, sans coupure, reconstitue la version donnée lors des premières représentations de 1724, comme le précise la notice de David Vickers. Christophe Dumaux, après avoir été un Tolomeo de référence chez Christie et Antonini, passe au rôle-titre, face à la Cléopâtre de Louise Alder, dont le parcours dramatique est salué par Gramophone, qui en fait son « Recording of the Month » (octobre 2026). Beth Taylor, au timbre profond, et Paula Murrihy forment un couple mère-fils poignant, et John Holiday est un Tolomeo vif-argent. Harry Bicket dirige avec son sens coutumier du théâtre et de la respiration händélienne.

Postérité :

Après les reprises de Händel et quelques représentations en Allemagne au XVIIIe siècle, Giulio Cesare disparaît de la scène pendant près de deux siècles ; Friedrich Chrysander en publie la partition complète en 1875 dans l’édition de la Händel-Gesellschaft. La résurrection vient de Göttingen, le 5 juillet 1922, avec la version d’Oskar Hagen : traduite en allemand, réorchestrée et fortement abrégée, elle transpose les rôles de castrats pour barytons et basses. Ce modèle se répand dans toute l’Allemagne et domine l’interprétation de l’œuvre jusqu’aux années 1960, comme en témoignent les versions Schmidt-Isserstedt et Leitner. L’Italie redécouvre l’opéra dans les années 1950 (Rome 1955, Scala 1956), puis la production du New York City Opera de 1966 avec Beverly Sills en fait un succès populaire. À partir des années 1970-1980, le mouvement baroque restitue les tessitures originales, confiant César, Sesto et Tolomeo à des contre-ténors ou à des mezzo-sopranos, et Giulio Cesare devient l’opéra de Händel le plus joué au monde. Au XXIe siècle, les productions scéniques marquantes (Munich, Glyndebourne, Salzbourg) se multiplient, tandis que plusieurs enregistrements, de Petrou à Bicket, s’attachent à restituer intégralement la version originale de 1724.

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