Format :
- Serenata a sei (sérénade pour six voix), attribution à Haendel discutée.
- Musique : attribuée à Georg Friedrich Händel (1685-1759).
- Livret : anonyme.
- Langue : italien.
Création :
Vers 1706 (datation proposée), pour une exécution privée en Italie ; circonstances exactes inconnues.
La partition, un manuscrit non autographe, a été découverte par hasard par le claveciniste et chef Ottaviano Tenerani dans les fonds du Conservatoire Luigi Cherubini de Florence ; elle porte la mention « Hendl ». Tenerani propose de la dater de 1706, soit au tout début du séjour italien du jeune Haendel (1706-1710), en s’appuyant sur des filigranes vénitiens et sur le contexte politique : l’œuvre peut se lire comme une allégorie de la guerre de Succession d’Espagne, à un moment où les sentiments pro- et anti-Habsbourg s’affrontaient dans la péninsule. S’il s’agit bien de Haendel, ce serait l’une de ses toutes premières compositions italiennes, antérieure à Rodrigo (Florence, 1707). L’attribution reste toutefois débattue : rien d’irréfutable ne permet d’identifier la main de Haendel, et les sérénades de l’époque étaient souvent des œuvres composites.
Livret :
Le texte, d’un poète anonyme, s’inscrit dans la tradition de la sérénade de circonstance, genre festif et allégorique destiné aux palais aristocratiques italiens. Il met en scène Germanicus (15 av. J.-C. – 19 apr. J.-C.), le général romain vainqueur des Germains, entouré de figures de la famille impériale — son épouse Agrippine, sa mère Antonia, César (l’empereur) — et de deux Romains, Lucio et Celio. Sous le voile de l’histoire romaine, la célébration du triomphe de Germanicus renvoie aux enjeux politiques contemporains de la succession d’Espagne. L’action est réduite, l’essentiel reposant sur la succession d’airs et d’ensembles.
Intrigue :
- Partie unique : Autour de Germanico, vainqueur des peuples germaniques, son épouse Agrippina, sa mère Antonia, César et les Romains Lucio et Celio célèbrent sa gloire et sa vertu. La sérénade, « pauvre en péripéties mais riche en suavité », enchaîne airs martiaux et pages tendres (notamment le trio « Mia bella, mi parto »). Aucun synopsis détaillé n’a pu être consulté ; le résumé se limite aux éléments attestés.
Enregistrement(s) :

Ottaviano Tenerani — 2010
Format : 2 CD (avec trois versions alternatives en appendice).
Label : Deutsche Harmonia Mundi (Sony)
Référence : 88697860452
Année d’enregistrement : 9-19 novembre 2010, Villa San Fermo, Lonigo (Vicence) ; parution en 2011.
Distribution :
- Germanico : Sara Mingardo, contralto
- Agrippina : Maria Grazia Schiavo, soprano
- Antonia : Laura Cherici, soprano
- Lucio : Franco Fagioli, contre-ténor
- Celio : Magnus Staveland, ténor
- Cesare : Sergio Foresti, basse
Direction : Ottaviano Tenerani
Orchestre : Il Rossignolo (ensemble instrumental et vocal)
Langue : italien
Particularité :
Premier et unique enregistrement de l’œuvre, réalisé par le découvreur de la partition lui-même à la tête de son ensemble Il Rossignolo, et présenté comme une œuvre de jeunesse de Haendel. Les airs, souvent conçus avec basse continue, sont enrichis d’obbligatos instrumentaux (cordes, hautbois, basson, trompette), et l’on remarque l’air de Germanico aux arpèges de violon éblouissants. Sara Mingardo domine la distribution : son « Acceso dal lampo » martial a été comparé par la critique à l’aplomb d’une Marilyn Horne. Le jeune Franco Fagioli, alors à l’aube de sa carrière internationale, fait valoir dignité et virtuosité, et Magnus Staveland et Sergio Foresti brillent dans les vocalises. BBC Music Magazine lui a décerné cinq étoiles, jugeant l’œuvre « à écouter absolument », qu’elle soit ou non de Haendel.
Postérité :
La question de l’authenticité de Germanico reste ouverte : l’œuvre ne figure pas dans le catalogue HWV établi, et les spécialistes demeurent prudents face à une attribution fondée sur une simple annotation et des arguments stylistiques et contextuels. Qu’elle soit de Haendel ou d’un contemporain, cette sérénade enrichit la connaissance du genre florissant de la serenata dans l’Italie du début du XVIIIe siècle, où le jeune Saxon allait bientôt s’illustrer avec Aci, Galatea e Polifemo (Naples, 1708). La découverte de Tenerani, largement relayée à la sortie du disque, n’a pas été suivie d’autres enregistrements.

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