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Händel, Georg Friedrich — Agrippina (1709)

Format :

  • Dramma per musica en 3 actes (HWV 6).
  • Musique : Georg Friedrich Händel (1685-1759).
  • Livret : cardinal Vincenzo Grimani.
  • Langue : italien.

Création :

26 décembre 1709, Venise, Teatro San Giovanni Grisostomo, pour l’ouverture de la saison du carnaval.
Au terme de trois années passées en Italie (Florence, Rome, Naples), Händel, vingt-quatre ans, fait ses débuts vénitiens dans le théâtre le plus prestigieux de la ville, propriété de la famille Grimani. Le succès est triomphal : l’ouvrage est donné vingt-sept soirs d’affilée, chiffre exceptionnel pour l’époque, et Mainwaring rapporte que le public, frappé par « la grandeur et la sublimité du style », saluait le compositeur aux cris de « Viva il caro Sassone ! ». La distribution réunissait Margherita Durastanti (Agrippina), le castrat soprano Valeriano Pellegrini (Nerone), Diamante Maria Scarabelli (Poppea), Francesca Vanini-Boschi (Ottone), son époux la basse Giuseppe Maria Boschi (Pallante), Antonio Francesco Carli (Claudio), le castrat alto Giuliano Albertini (Narciso) et Nicola Pasini (Lesbo). La partition, synthèse brillante de l’expérience italienne, recycle abondamment des pages antérieures (Rodrigo, La Resurrezione, Il trionfo del Tempo e del Disinganno, cantates, et même des emprunts à Keiser et Mattheson). Ce triomphe ouvre à Händel les portes de Hanovre puis de Londres, où plusieurs airs passeront dans Rinaldo (1711).

Livret :

Le livret est l’œuvre du cardinal Vincenzo Grimani (1655-1710), diplomate au service des Habsbourg, vice-roi de Naples et copropriétaire du théâtre de San Giovanni Grisostomo, qui écrivait des livrets à ses heures. S’inspirant librement de Tacite et de Suétone, il met en scène les intrigues d’Agrippine pour assurer le trône à son fils Néron, dans une veine satirique et désabusée héritée de l’opéra vénitien du XVIIe siècle (on pense au Couronnement de Poppée de Monteverdi, qui réunit plusieurs des mêmes personnages). Mêlant le tragique et le comique, le texte est une comédie politique d’une ironie mordante, où l’on a vu des allusions à la cour pontificale de Clément XI, adversaire politique de Grimani. Seul personnage sincère, Ottone y fait figure d’honnête homme perdu au milieu des ambitieux.

Intrigue :

  • Acte I : Rome antique, sous le règne de Claude. Croyant l’empereur mort en mer, l’impératrice Agrippine décide de faire monter sur le trône Néron, son fils d’un premier lit. Elle s’assure le soutien des affranchis Pallante et Narciso, amoureux d’elle, en leur promettant à chacun son amour. Devant le Capitole, elle fait acclamer Néron, mais le valet Lesbo annonce le retour de Claude, sauvé du naufrage par le général Ottone, que l’empereur veut récompenser en le désignant pour sa succession. Ottone confie à Agrippine son amour pour Poppea, que convoitent aussi Claude et Néron. Agrippine fait croire à Poppea qu’Ottone l’a cédée à Claude en échange du trône et lui conseille, pour se venger, d’attiser la jalousie de l’empereur. Poppea dénonce donc Ottone à Claude, qui promet de l’écarter du trône ; elle n’échappe à ses avances que par l’arrivée annoncée d’Agrippine.
  • Acte II : Pallante et Narciso, découvrant qu’Agrippine les a joués tous deux, se rallient à Néron. Claude, accueilli en triomphe après sa victoire en Bretagne, traite Ottone de traître ; repoussé par tous, celui-ci se lamente (« Voi che udite il mio lamento »). Au jardin, Poppea feint de dormir et de dénoncer la trahison d’Ottone ; les amants comprennent alors la machination d’Agrippine et Poppea décide de la retourner contre elle. Agrippine, sentant son plan compromis, ordonne à Pallante de tuer Narciso et Ottone, et à Narciso de tuer Pallante et Ottone ; puis, profitant de l’impatience de Claude à rejoindre Poppea, elle lui arrache la promesse de proclamer Néron César le jour même.
  • Acte III : Poppea cache successivement Ottone, puis Néron dans sa chambre avant de recevoir Claude, à qui elle fait croire que c’est Néron, et non Ottone, qui la poursuit : elle en donne la preuve en faisant sortir le jeune homme de sa cachette, et Claude le chasse. Réconciliée avec Ottone, elle lui jure fidélité. Pallante et Narciso dénoncent à Claude les manœuvres d’Agrippine, mais celle-ci retourne la situation avec aplomb : elle n’aurait fait proclamer Néron que pour protéger le trône durant l’absence présumée de l’empereur. Claude, dépassé, tranche finalement : Néron épousera Poppea et Ottone régnera — ce qui ne satisfait personne. Il inverse alors sa décision : Poppea épouse Ottone, Néron devient César. Junon descend bénir les noces et le bonheur de Rome.

Enregistrement(s) :

Christopher Hogwood — 1983

Format : 3 CD.
Label : Mondo Musica.
Référence : MFOH 10810, parution 2000 (remastérisation 20 bits, ADD).
Année d’enregistrement : 17 septembre 1983, en public, Gran Teatro La Fenice, Venise (mise en scène de Sonja Frisell, décors et costumes de Lauro Crisman).
Distribution :

  • Agrippina : Margarita Zimmermann, mezzo-soprano
  • Nerone : Martine Dupuy, mezzo-soprano
  • Poppea : Carmen Balthrop, soprano
  • Ottone : Bernadette Manca di Nissa, contralto
  • Claudio : Günter von Kannen, basse
  • Pallante : Giorgio Surjan, basse
  • Narciso : Derek Lee Ragin, contre-ténor
  • Lesbo : Orazio Mori, baryton-basse
  • Giunone : Cinzia De Mola, mezzo-soprano

Direction : Christopher Hogwood
Orchestre : Orchestra Giovanile del Veneto « Pedrollo » di Vicenza
Langue : italien

Particularité :

Témoignage historique du retour d’Agrippina dans la ville de sa création, à La Fenice, sous la baguette d’un pionnier du mouvement baroque britannique dirigeant ici un jeune orchestre sur instruments modernes. Hogwood conduit l’œuvre avec vivacité et un sens du théâtre très sûr. La distribution, typique des années 1980 avec ses mezzos travestis dans les rôles de castrats, est dominée par l’Agrippina autoritaire de Margarita Zimmermann, le Néron fougueux de Martine Dupuy et l’Ottone chaleureux de Bernadette Manca di Nissa ; on y remarque aussi un jeune Derek Lee Ragin en Narciso. Prise de son de radio, avec les bruits de scène et l’enthousiasme du public vénitien.

Arnold Östman — 1985

Format : DVD (vidéo).
Label : EuroArts.
Référence : 2053098 (DVD 9).
Année d’enregistrement : 1er-4 mai 1985, en public, Rokokotheater de Schwetzingen (Schwetzinger Festspiele ; production de l’Opéra de Cologne, mise en scène de Michael Hampe, décors de Mauro Pagano, réalisation télévisée de Thomas Olofsson).
Distribution :

  • Agrippina : Barbara Daniels, soprano
  • Nerone : David Kuebler, ténor
  • Poppea : Janice Hall, soprano
  • Ottone : Claudio Nicolai, baryton
  • Claudio : Günter von Kannen, basse
  • Pallante : Ulrich Hielscher, basse
  • Narciso : Eberhard Katz, ténor
  • Lesbo : Carlos Feller, basse

Direction : Arnold Östman
Orchestre : London Baroque Players
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une production célèbre du festival de Schwetzingen, dans l’écrin du petit théâtre rococo, avec les somptueux décors en trompe-l’œil de Mauro Pagano et la direction d’acteurs spirituelle de Michael Hampe. Choix aujourd’hui daté mais cohérent avec les usages de l’époque : les rôles de castrats sont transposés pour voix d’hommes (Nerone et Narciso ténors, Ottone baryton), ce qui modifie sensiblement l’équilibre vocal de l’ouvrage. Östman, familier du répertoire sur instruments anciens (Drottningholm), dirige avec élégance et légèreté ; Barbara Daniels campe une Agrippina altière et Janice Hall une Poppea piquante. Un document précieux sur les premières productions « historiquement informées » de l’opéra händélien.

Nicholas McGegan — 1991

Format : 3 CD.
Label : Harmonia Mundi USA.
Référence : HMU 907063.65, parution 1992.
Année d’enregistrement : 17-20 juin 1991, Stadthalle de Göttingen (production du Festival Händel de Göttingen 1991).
Distribution :

  • Agrippina : Sally Bradshaw, soprano
  • Nerone : Wendy Hill, soprano
  • Poppea : Lisa Saffer, soprano
  • Claudio : Nicholas Isherwood, basse
  • Ottone : Drew Minter, contre-ténor
  • Pallante : Michael Dean, baryton-basse
  • Narciso : Ralf Popken, contre-ténor
  • Lesbo : Béla Szilágyi, basse
  • Giunone : Gloria Banditelli, contralto

Direction : Nicholas McGegan
Orchestre : Capella Savaria
Langue : italien

Particularité :

Première intégrale sur instruments d’époque, issue de la production du Festival de Göttingen, dont McGegan était alors le directeur artistique. Le chef anglais, grand défenseur des opéras de Händel au disque, respecte les tessitures originales (Nerone confié à une soprano) et privilégie la légèreté, l’élan rythmique et l’humour de la partition. L’orchestre hongrois, vif et coloré, soutient une distribution homogène et stylée plutôt que spectaculaire, où se distinguent la Poppea mutine de Lisa Saffer et l’Ottone sensible de Drew Minter. Une version de référence pendant plusieurs années.

John Eliot Gardiner — 1992

Format : 3 CD.
Label : Philips.
Référence : 438 009-2, parution 1997.
Année d’enregistrement : novembre 1991 (St Giles Cripplegate, Londres) et mars 1992 (All Hallows, Londres).
Distribution :

  • Agrippina : Della Jones, mezzo-soprano
  • Claudio : Alastair Miles, basse
  • Nerone : Derek Lee Ragin, contre-ténor
  • Poppea : Donna Brown, soprano
  • Ottone : Michael Chance, contre-ténor
  • Pallante : George Mosley, baryton
  • Narciso : Jonathan Peter Kenny, contre-ténor
  • Lesbo : Julian Clarkson, basse
  • Giunone : Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano

Direction : John Eliot Gardiner
Orchestre : English Baroque Soloists
Langue : italien

Particularité :

Enregistrée en studio en 1991-1992 mais publiée seulement en 1997, la version Gardiner a longtemps fait figure de référence. Direction nerveuse, tranchante, d’une grande précision rythmique, et orchestre d’une virtuosité éblouissante. Della Jones compose une Agrippina de grande classe, manipulatrice et pleine d’esprit ; Donna Brown est une Poppea fraîche et séduisante, Michael Chance un Ottone émouvant, notamment dans « Voi che udite il mio lamento », et Derek Lee Ragin un Néron capricieux et brillant. Luxe supplémentaire : Anne Sofie von Otter dans la brève apparition de Junon.

Jean-Claude Malgoire — 2003

Format : 3 CD (également en DVD).
Label : Dynamic.
Référence : CDS 431 (DVD : 33431), parution 2004.
Année d’enregistrement : 2003, en public, Théâtre municipal de Tourcoing (production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, mise en scène de Frédéric Fisbach).
Distribution :

  • Agrippina : Véronique Gens, soprano
  • Nerone : Philippe Jaroussky, contre-ténor
  • Poppea : Ingrid Perruche, soprano
  • Claudio : Nigel Smith, baryton
  • Ottone : Thierry Grégoire, contre-ténor
  • Pallante : Bernard Deletré, basse
  • Narciso : Fabrice di Falco, sopraniste
  • Lesbo : Alain Buet, baryton-basse

Direction : Jean-Claude Malgoire
Orchestre : La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Langue : italien

Particularité :

Fruit du travail de longue haleine de Jean-Claude Malgoire à l’Atelier Lyrique de Tourcoing, cette version française privilégie le théâtre et la comédie, dans une mise en scène amusante et inventive de Frédéric Fisbach, aux costumes XVIIIe exagérés sur fond de décor minimaliste. Véronique Gens, dans un rôle un peu grave pour elle, compose une Agrippina d’une grande noblesse de ligne et d’un humour pince-sans-rire. Le jeune Philippe Jaroussky, alors en pleine ascension, offre un Néron d’une agilité et d’une fraîcheur remarquables. Direction parfois moins rigoureuse que les références anglaises, mais l’ensemble a le mérite de la vie scénique.

Jan Willem de Vriend — 2006

Format : DVD (vidéo).
Label : Challenge Classics.
Référence : CCDVD 72143, parution 2006.
Année d’enregistrement : 22-23 octobre 2004, en public, Théâtre national slovaque, Bratislava (mise en scène d’Eva Buchmann).
Distribution :

  • Agrippina : Annemarie Kremer, soprano
  • Nerone : Michael Hart-Davis, ténor
  • Poppea : Renate Arends, soprano
  • Claudio : Piotr Micinski, basse
  • Ottone : Quirijn de Lang, baryton
  • Pallante : Robbert Muuse, baryton
  • Narciso : Clint van der Linde, contre-ténor
  • Lesbo : Jan Alofs, basse

Direction : Jan Willem de Vriend
Orchestre : Combattimento Consort Amsterdam
Langue : italien

Particularité :

Production néerlandaise en tournée, captée à Bratislava, dans une mise en scène d’Eva Buchmann qui transpose l’intrigue dans une cour Renaissance aux costumes chamarrés, sur un décor d’échafaudages. Le Combattimento Consort Amsterdam de Jan Willem de Vriend séduit par sa vitalité et ses couleurs. Comme chez Östman, les rôles d’Ottone et de Nerone sont confiés à des voix d’hommes naturelles (baryton et ténor), ce qui déplace l’équilibre des tessitures. Une jeune distribution engagée et bien dirigée scéniquement, au service d’une lecture vivante et accessible.

René Jacobs — 2010

Format : 3 CD.
Label : harmonia mundi.
Référence : HMC 902088.90, parution 2011.
Année d’enregistrement : juillet 2010, Teldex Studio, Berlin.
Distribution :

  • Agrippina : Alexandrina Pendatchanska, soprano
  • Nerone : Jennifer Rivera, mezzo-soprano
  • Poppea : Sunhae Im, soprano
  • Ottone : Bejun Mehta, contre-ténor
  • Claudio : Marcos Fink, baryton-basse
  • Pallante : Neal Davies, baryton-basse
  • Narciso : Dominique Visse, contre-ténor
  • Lesbo : Daniel Schmutzhard, basse

Direction : René Jacobs
Orchestre : Akademie für Alte Musik Berlin
Langue : italien

Particularité :

Préparée à la suite des productions de Bruxelles et de Berlin (mise en scène de Vincent Boussard), cette version se distingue par un choix musicologique audacieux : Jacobs y reconstitue ce qu’il considère comme la conception « originale », rejetée, de l’ouvrage, en rétablissant les numéros biffés dans l’autographe (la cavatine de Claude « Vagheggiar de’ tuoi bei lumi », l’ariette et le duo d’Ottone et Poppea au troisième acte) et en replaçant au début de l’acte III le célèbre « Bel piacere » de Poppea sous son texte initial « Chi ben ama ». Le résultat, plus fluide et plus théâtral, est porté par un continuo foisonnant et une Akademie d’une extraordinaire vivacité. Alexandrina Pendatchanska est une Agrippina fébrile et venimeuse, Sunhae Im une Poppea espiègle, Bejun Mehta un Ottone bouleversant, et Dominique Visse un Narciso savoureux.

Konrad Junghänel — 2012

Format : Blu-ray / DVD (vidéo) ; également en 2 CD.
Label : Intergroove Classics.
Référence : CD : IGC004-2, parution 2012.
Année d’enregistrement : en public, Saarländisches Staatstheater, Sarrebruck (production créée le 24 février 2008, mise en scène de Peter Lund, décors et costumes de Claudia Doderer).
Distribution :

  • Agrippina : Susanne Geb, soprano
  • Claudio : Hiroshi Matsui, baryton-basse
  • Poppea : Elizabeth Wiles, soprano
  • Nerone : Judith Braun, mezzo-soprano
  • Ottone : David Cordier, contre-ténor
  • Pallante : Patrick Simper, basse
  • Narciso : Steve Wächter, contre-ténor
  • Lesbo : Guido Baehr, baryton

Direction : Konrad Junghänel
Orchestre : Saarländisches Staatsorchester
Langue : italien

Particularité :

Captation d’une production de troupe allemande, remarquée pour la mise en scène de Peter Lund, homme de théâtre venu de la comédie musicale, qui fait de l’opéra une comédie de mœurs rythmée et grinçante, sans temps mort. Spécialiste du répertoire baroque (fondateur de Cantus Cölln), Konrad Junghänel obtient d’un orchestre moderne une articulation vive et un style soigné. Susanne Geb, Agrippina flamboyante à la chevelure rousse démesurée, mène une distribution de troupe homogène et très investie scéniquement, avec la Poppea piquante d’Elizabeth Wiles et le Néron capricieux de Judith Braun.

Laurence Cummings — 2015

Format : 3 CD.
Label : Accent (en coproduction avec NDR Kultur et les Internationale Händel-Festspiele Göttingen).
Référence : ACC 26404.
Année d’enregistrement : 15 et 18 mai 2015, en public, Deutsches Theater de Göttingen (mise en scène de Laurence Dale).
Distribution :

  • Agrippina : Ulrike Schneider, mezzo-soprano
  • Claudio : João Fernandes, basse
  • Ottone : Christopher Ainslie, contre-ténor
  • Nerone : Jake Arditti, contre-ténor
  • Poppea : Ida Falk Winland, soprano
  • Pallante : Ross Ramgobin, baryton
  • Narciso : Owen Willetts, contre-ténor
  • Lesbo : Ronaldo Steiner, baryton

Direction : Laurence Cummings (et clavecin)
Orchestre : FestspielOrchester Göttingen
Langue : italien

Particularité :

Captation en public de la production de 2015 du Festival Händel de Göttingen, dont Laurence Cummings était le directeur artistique, sur le matériel de la Hallische Händel-Ausgabe. Direction vive et théâtrale depuis le clavecin, orchestre du festival souple et coloré. Ulrike Schneider campe une Agrippina de mezzo, sombre et impérieuse, face au Néron juvénile et virtuose de Jake Arditti (qui reprendra le rôle chez Carsen et Hengelbrock) et à la Poppea lumineuse d’Ida Falk Winland ; Christopher Ainslie est un Ottone touchant.

Maxim Emelyanychev — 2020

Format : 3 CD.
Label : Erato.
Référence : 9029533658, parution 2020.
Année d’enregistrement : 20-28 mai 2019, Sala Mahler, Centro Culturale Euregio, Dobbiaco (Toblach).
Distribution :

  • Agrippina : Joyce DiDonato, mezzo-soprano
  • Nerone : Franco Fagioli, contre-ténor
  • Poppea : Elsa Benoit, soprano
  • Claudio : Luca Pisaroni, baryton-basse
  • Ottone : Jakub Józef Orliński, contre-ténor
  • Pallante : Andrea Mastroni, basse
  • Narciso : Carlo Vistoli, contre-ténor
  • Lesbo : Biagio Pizzuti, baryton
  • Giunone : Marie-Nicole Lemieux, contralto

Direction : Maxim Emelyanychev
Orchestre : Il Pomo d’Oro
Langue : italien

Particularité :

Enregistrée en studio à l’issue d’une tournée européenne en concert (Barbican de Londres notamment), cette version réunit une distribution de stars autour de Joyce DiDonato, Agrippina souveraine, drôle et inquiétante, aux vocalises d’une aisance insolente. Franco Fagioli apporte à Néron une virtuosité extravagante, Jakub Józef Orliński prête à Ottone un timbre d’une grande douceur, Elsa Benoit est une Poppea pétillante et Luca Pisaroni un Claudio truculent. Maxim Emelyanychev dirige Il Pomo d’Oro avec une énergie et une inventivité jubilatoires. Couronnée du Gramophone Award 2020 (catégorie opéra) et nommée aux Grammy Awards, elle s’est imposée comme une nouvelle référence.

Postérité :

Après son triomphe vénitien, Agrippina fut reprise à Naples en 1713 et à Hambourg en 1718, mais Händel ne la remonta jamais à Londres et l’ouvrage tomba dans l’oubli. Sa résurrection moderne commence à Halle en 1943 (Richard Kraus), suivie d’une production radiophonique de la RAI en 1953, puis de la création britannique à Abingdon en 1963 et de la première production professionnelle anglaise par le Kent Opera en 1982 ; les années 1980 voient se multiplier les productions (Venise 1983, Schwetzingen 1985, Fort Worth 1985 pour les États-Unis). Considérée aujourd’hui comme le chef-d’œuvre de la période italienne et comme l’un des opéras les plus drôles et les plus modernes de Händel, Agrippina est devenue l’un de ses ouvrages les plus joués : New York City Opera (2002), English National Opera (2007), Theater an der Wien avec Robert Carsen (2016), Royal Opera House avec Barrie Kosky (2019) et Metropolitan Opera avec David McVicar et Joyce DiDonato (2020) en témoignent.

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