Note personnelle : ,

Hæffner, Johann Christian Friedrich — Electra (1787)

Format :

  • Opéra en 3 actes.
  • Musique : Johann Christian Friedrich Hæffner
  • Livret : Nicolas-François Guillard (texte français original), adapté en suédois par Adolf Fredrik Ristell
  • Langue : suédois

Création :

22 juillet 1787, théâtre de la cour de Drottningholm (Drottningholmsteatern), à l’occasion de la fête de la reine Sofia Magdalena, à qui l’ouvrage est dédié.
Arrivé en Suède en 1781, Hæffner y occupe d’abord le poste d’organiste de la paroisse allemande de Stockholm avant de devenir altiste et professeur de chant à l’Opéra royal, puis chef substitut de l’orchestre de la cour ; il y côtoie et seconde Joseph Martin Kraus. Il compose Electra un an avant son élection à l’Académie royale de musique de Suède (1788). Le théâtre de Drottningholm, bâti en 1766 pour Gustave III, conserve aujourd’hui encore l’intégralité de sa machinerie scénique du XVIIIe siècle.

Livret :

Le texte suédois est dû à Adolf Fredrik Ristell (1744-1829), traducteur, bibliothécaire et directeur de théâtre au service de Gustave III, également connu pour ses adaptations d’opéras de Gluck et de Piccinni destinées à la scène royale. Ristell y retravaille le livret français de Nicolas-François Guillard, initialement écrit pour Jean-Baptiste Lemoyne, dont l’Électre avait été créée à l’Académie royale de musique de Paris le 2 juillet 1782 sans grand succès — un échec qui aurait conduit Gluck, dont Lemoyne se réclamait, à se désolidariser du jeune compositeur.

Intrigue :

  • Acte I : dans la ville et le palais royal de Mycènes, Electra pleure son père Agamemnon, assassiné par sa propre mère Clytemnestre et l’usurpateur Égisthe, qui règnent désormais en tyrans. Humiliée et réduite en servitude dans le palais de ses ancêtres, elle ne place plus d’espoir que dans le retour de son frère Oreste, qu’elle croit exilé au loin.
  • Acte II : dans un vestibule du palais, Oreste revient secrètement à Mycènes accompagné de son fidèle ami Pylade ; pour approcher les coupables sans éveiller leurs soupçons, il se fait passer pour un messager venu annoncer sa propre mort. Les retrouvailles avec Electra, d’abord accablée par cette fausse nouvelle, se nouent dans la plus grande clandestinité tandis que se prépare la vengeance.
  • Acte III : près du tombeau d’Agamemnon, entouré d’un bois de cyprès, Oreste accomplit le meurtre vengeur de Clytemnestre et d’Égisthe ; les Furies tourmentent un temps le héros matricide avant que l’action ne s’achève sur la libération de Mycènes et la réhabilitation d’Electra et d’Oreste.

Enregistrement(s) :

Thomas Schuback — 1993

Format : 2 CD
Label : Caprice
Référence : CAP22030-1 (code-barres 7391782220308)
Distribution :

  • Electra : Hillevi Martinpelto, soprano
  • Orest : Peter Mattei, baryton
  • Clitemnestra : Helle Hinz, soprano
  • Egist : Mikael Samuelson, baryton
  • Grand Prêtre : Alf Häggström, basse
  • Autres rôles : Christina Högman, Stig Tysklind, Klas Hedlund, Sven-Erik Alexandersson, Lage Wedin

Chœur : Swedish Radio Choir
Direction : Thomas Schuback
Orchestre : Drottningholm Baroque Ensemble, Nils-Erik Sparf (violon solo)
Langue : suédois

Particularité :

Cet enregistrement de 1993, réalisé sur instruments d’époque par le Drottningholm Baroque Ensemble sous la direction de Thomas Schuback — également responsable, en 1991, de la révision de la partition en vue de sa résurrection moderne —, constitue l’une des rares incarnations discographiques du répertoire lyrique gustavien suédois. Il réunit une distribution suédoise de premier plan, dont le baryton Peter Mattei, alors en début de carrière internationale, aux côtés de la soprano Hillevi Martinpelto.

Postérité :

Salué en son temps pour la qualité mélodique de ses airs, duos et trios, Electra n’a cependant pas conquis de place durable au répertoire : son absence de couleur proprement « nationale » suédoise a contribué à son oubli progressif, accéléré par la fermeture de l’Opéra royal en 1806-1808, qui pousse alors Hæffner vers l’université d’Uppsala. Le regain d’intérêt porté, à la fin du XXe siècle, à l’opéra de l’époque gustavienne — porté notamment par le Drottningholmsteatern, resté intact depuis le XVIIIe siècle, et par l’ensemble baroque qui lui est attaché — a permis à cet enregistrement de 1993 de rendre à l’œuvre une existence discographique.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *