Format :
- Opera en langue allemande, en cinq actes.
- Musique : Carl Heinrich Graun.
- Livret : Johann Samuel Müller (1701-1773).
- Langue : allemand.
Création :
1726, foire d’été de Brunswick (Braunschweig).
Polydorus est le tout premier ouvrage lyrique de Carl Heinrich Graun, composé alors qu’il venait d’être engagé comme ténor à la cour de Brunswick, peu avant d’entrer au service du Kapellmeister Georg Caspar Schürmann. L’œuvre rencontra un grand succès et fut reprise en 1735 au Gänsemarkt-Oper de Hambourg. Considérée comme perdue par le musicologue Georg Thouret dans son ouvrage de 1898 consacré à Frédéric le Grand mécène musical, la partition fut redécouverte et donnée en version de concert à Hambourg en mars 2018, avant cet enregistrement.
Livret :
Johann Samuel Müller y adapte librement la légende antique de Polydore, plus jeune fils de Priam, en une tragédie de vengeance et de reconnaissance mêlant substitutions d’identité, monarque cupide, reine assoiffée de vengeance et apparition surnaturelle — un sujet particulièrement adapté au goût baroque pour le pathétique et le coup de théâtre.
Intrigue :
- Acte I : Avant la chute de Troie, le roi Priam confie son plus jeune fils Polydorus à sa fille Ilione, épouse du roi de Thrace Polymnestor, pour le soustraire aux dangers de la guerre. Redoutant que Polymnestor, avide de s’emparer de l’héritage troyen, ne fasse tuer l’enfant, Ilione échange secrètement son identité avec celle de son propre fils Deiphilus.
- Acte II : Troie tombe. L’envoyé grec Pyrrhus se présente à la cour de Thrace pour réclamer la livraison du dernier prince troyen survivant.
- Acte III : Trompé par la substitution, Polymnestor livre sans le savoir son propre fils à Pyrrhus, qui le met à mort en croyant exécuter Polydorus.
- Acte IV : Ilione, dont le stratagème a coûté la vie à son propre fils, se retourne contre son époux et complote sa perte, aidée d’Andromache, elle-même avide de pouvoir.
- Acte V : Le spectre de Deiphilus apparaît. Polydorus, dont la véritable identité est enfin révélée, et Ilione consomment leur vengeance contre Polymnestor.
Enregistrement(s) :

Ira Hochman — 2020
Format : Enregistrement studio, 2 CD (première exécution en temps modernes).
Label : cpo.
Référence : 555266-2.
Année d’enregistrement : 1er-3 septembre 2018, Kirche St. Martin, Raven ; sortie en 2020.
Distribution :
- Ilione : Hanna Zumsande, soprano
- Andromache : Santa Karnīte, soprano
- Polydorus : Alon Harari, alto
- Deiphilus, le Spectre de Deiphilus : Mirko Ludwig, ténor
- Polymnestor : Fabian Kuhnen, basse
- Pyrrhus : Ralf Grobe, basse
- Dares : Andreas Heinemeyer, basse
Direction : Ira Hochman.
Orchestre : barockwerk hamburg.
Langue : allemand.
Particularité :
Cet enregistrement restitue la toute première œuvre lyrique de Graun, tenue pour perdue pendant près d’un siècle avant sa redécouverte et sa création en version de concert à Hambourg en mars 2018. La critique salua une partition « digne d’être découverte, ne serait-ce que pour sa musique irrésistible », tout en regrettant une interprétation par moments plus proche de la retenue oratorienne que de l’engagement théâtral.
Postérité :
Rare exemple d’opéra en langue allemande dans un répertoire lyrique alors largement dominé par l’italien, Polydorus inaugure la carrière du jeune Graun quelques années avant son entrée au service de Frédéric II de Prusse. Sa redécouverte par barockwerk hamburg et Ira Hochman s’inscrit dans l’exploration suivie par l’ensemble des premiers ouvrages du compositeur pour les scènes de Brunswick et de Hambourg, aux côtés de Iphigenia in Aulis et de Cesare e Cleopatra.

Laisser un commentaire